Le Washington Post et l'édition américaine du Guardian ont reçu lundi le Prix Pulitzer pour leur traitement des programmes de surveillance électronique mis en place par les USA, révélés grâce à Edward Snowden. Mais si le travail journalistique est récompensé, celui qui est à l'origine de toute cette affaire fait l'objet d'une pression judiciaire très forte.

C'est une distinction exceptionnelle qui vient récompenser un long travail d'enquête. Ce lundi, le Prix Pulitzer – l'une des distinctions les plus prestigieuses en matière de journalisme – a été remis aux journaux The Washington Post et The Guardian US pour leur excellent traitement des informations collectées par Edward Snowden sur les programmes de surveillance électronique mis en place par les USA.

Le Prix Pulitzer

Sur la page consacrée aux lauréats 2014, le jury relève que les articles des deux quotidiens "ont aidé le public à comprendre la façon dont les divulgations s'inscrivent dans le cadre plus large de la sécurité nationale" et favorisé "un débat sur la relation entre le gouvernement et le public sur les questions de sécurité et de confidentialité".

À travers le Washington Post et l'édition américaine du Guardian, ce sont les journalistes Barton Gellman et Glenn Greenwald (ex-Guardian, qui travaille désormais sur The Intercept) qui sont célébrés. Le premier, qui avait stoppé sa carrière dans le journalisme, est en effet revenu spécialement travailler sur l'affaire Snowden tandis que le second a été l'un des premiers contacts du lanceur d'alerte dans la presse.

Les premières révélations sur les programmes de la NSA sont apparues le 6 juin. Par la suite, de nouvelles divulgations sont arrivées chaque semaine ou presque, sur les activités de l'agence de sécurité nationale américaine mais aussi sur celles d'autres services de renseignements, en particulier britanniques, français et allemands. Et la source première des informations est encore loin d'être tarie.

Quant à Edward Snowden…

Si les contacts journalistiques d'Edward Snowden sont récompensés pour avoir exposé à la lumière médiatique les secrets de la NSA, permettant par la même occasion d'engager un débat sur l'équilibre entre la sécurité des nations et la liberté des individus, ainsi que de la nécessité, l'efficacité et la moralité de telles pratiques, celui à l'origine de cette affaire demeure en difficulté pour avoir exposé des secrets d'État.

L'affaire de la surveillance de masse mise en place par la NSA, outre la nécessaire discussion qu'elle a suscitée aux USA et dans le monde, a eu des effets politiques et posé la question de la protection des lanceurs d'alerte, dans la mesure où leur action est à la fois désintéressée et tournée vers l'intérêt général. Ce sujet se retrouve notamment en Europe, où un cadre plus protecteur pourrait voir le jour.

Réfugié en Russie depuis l'été dernier, après de nombreuses demandes d’asile politique en Europe, en Asie et en Amérique du Sud, Edward Snowden est poursuivi aux États-Unis pour espionnage, vol et utilisation illégale de biens gouvernementaux. Rappelons que l'asile accordé par la Russie à Edward Snowden est temporaire : il doit prendre fin le 31 juillet 2014.

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