Alors que le marché français de la musique numérique n'a pas progressé en un an, le SNEP demande que la riposte graduée continue, et que les outils de lutte contre le piratage soient encore accentués.

Quoi qu'en dise le Syndicat National de l'Edition Phonographique (SNEP), les résultats de l'industrie musicale française en 2013 continuent d'être catastrophiques. La très légère reprise du marché global a bien du mal à cacher la très inquiétante stagnation du marché numérique, qui ne représente toujours que moins de 20,8 % du chiffre d'affaires des maisons de disques, contre 35 % à l'échelle internationale, et déjà plus de 50 % aux Etats-Unis. 

Alors que la France se promettait de faire des envieux avec sa loi Hadopi qui devait servir d'exemple pour le monde entier, le marché numérique stagne à un niveau très bas dans l'hexagone alors qu'il progresse de 9 % dans le reste du monde.

Malgré les 2,5 millions d'avertissements envoyés aux abonnés pirates et une forte intensification des menaces reçues par les Français en 2013, l'industrie musicale française n'arrive pas à convaincre les internautes de s'abonner massivement aux services d'écoute payants de musique en ligne, ou se retrouve à subir le manque de recettes des services de streaming financés par la publicité.

On ne change pas une équipe qui perd

Mais ce constat d'échec n'empêche pas le SNEP de demander à ce que la riposte graduée continue, et à plaider pour de nouveaux outils de lutte contre le piratage. 

Lors de sa présentation au MIDEM ce lundi matin, le SNEP a ainsi rappelé que selon ses constatations, la fréquentation des sites de liens P2P avait baissé de 30 % entre la mise en route de l'Hadopi en 2010 et la fin de l'année 2013 (ce qui est une tendance mondiale due à la préférence donnée au streaming et au téléchargement direct par les internautes).

Il demande donc que la riposte graduée puisse continuer, pour éviter une remontée du piratage, et l'accentation de nouvelles méthodes de lutte contre le téléchargement illégal. Le SNEP attend ainsi avec impatience la remise du rapport de Mireille Imbert-Quaretta, la vice-présidente de la commission de protection des droits de l'Hadopi, qui devrait proposer au ministère de la Culture de mettre en place des outils de filtrage par chantage.

Le SNEP s'est aussi félicité de ce que 100 millions de demandes de retraits de liens ont été envoyées par les maisons de disques du monde entier à Google, y voyant là un moyen efficace d'éviter que les internautes trouvent des liens illicites, et qu'ils voient plutôt les liens vers les plateformes légales.

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