Le nombre total d'internautes enfreignant le droit d'auteur est très difficile à évaluer. C'est pourtant le travail que s'est assigné NetNames, pour le compte de NBC Universal. Résultat, il y en aurait 432 millions dans le monde (janvier 2013). Cependant, l'étude souffre de certaines imprécisions, du fait notamment de l'exclusion de certains fichiers du champ de l'étude.

Évaluer le nombre de pirates dans le monde. C'est à cet exercice très délicat que s'est livré NetNames, afin de produire un compte-rendu pour NBC Universal. Car s'il est clair que des millions d'internautes s'échangent effectivement des fichiers protégés par le droit d'auteur, il n'est guère aisé de les comptabiliser avec précision. Car tout dépend de ce que l'on veut bien considérer.

Que dit l'étude de NetNames (.pdf) qui s'est concentrée sur janvier 2013 ? Qu'il y aurait eu 432 millions d'internautes ayant enfreint le droit d'auteur. Les trois quarts d'entre eux (327 millions) sont situés en Amérique du Nord, en Europe ou en Asie-Pacifique. Surprenant ? Pas vraiment : les deux premiers continents disposent de solides infrastructures dans les télécoms et le dernier ensemble est le plus peuplé.

Pour arriver à ce nombre, NetNames s'est concentré sur six écosystèmes : BitTorrent, streaming vidéo, hébergeurs spécialisés dans le téléchargement direct, eDonkey, Ares et Usenet. NetNames indique avoir étudié 186 portails de liens BitTorrent, 122 sites de liens en streaming, 54 hébergeurs de vidéos en streaming, 141 sites de liens de téléchargement direct et 55 hébergeurs spécialisés.

NetNames a ensuite mixé à la fois la popularité des différents sites et écosystèmes considérés, la probabilité qu'un internaute porte effectivement atteinte à un contenu protégé par le droit d'auteur (sur The Pirate Bay, la probabilité est de 99,57 %, d'après le site) et le taux de contenus contrefaits sur chaque plateforme (en général deux fichiers sur trois, selon les constations de NetNames).

NetNames précise toutefois que l'évaluation du piratage ne prend pas en compte les contenus pour adultes , alors que ces derniers bénéficient eux aussi de la protection du droit d'auteur. "La principale raison pour cela est qu'il est beaucoup plus difficile de rendre compte de la nature illicite d'un film pornographique", écrit le rapport. Autrement dit, seuls les contenus culturels "grand public" sont pris en compte.

De façon générale, NetNames conclut son travail en notant que le téléchargement illicite progresse malgré les politiques toujours plus dures mises en place pour y mettre un coup d'arrêt. Et d'ajouter que la quantité de contenus culturels téléchargés par chaque internaute a augmenté de façon substantielle. Les échanges des internautes se concentrent sur trois écosystèmes : BitTorrent, DDL et streaming.

Cependant, les calculs établis par NetNames ne délivrent qu'un ordre de grandeur, du fait de l'imprécision naturelle de l'évaluation, des arrondis et du choix d'exclure certains échanges de l'étude (comme la pornographie ou les photos). Et surtout, l'étude – mais ce n'était pas son rôle – ne répond pas à la question-clé du rôle du piratage sur la carrière commerciale d'une œuvre : est-il positif, négatif ou inexistant ?

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