Alors qu'il est numéro 1 au box office en France et aux USA, Iron Man 3 est diffusé en entier et gratuitement sur YouTube. Légalement ? Certainement pas. Mais l'internaute n'est pas supposé le savoir.

Voilà qui ne devrait pas calmer la colère des ayants droits contre Google, accusé de ne pas faire suffisamment la police sur ses propres services, et de jouer double jeu face aux ayants droit. Alors que le moteur de recherche a décidé de sanctionner le référencement des sites de streaming et de téléchargement direct régulièrement accusés par les ayants droit, YouTube est lui-même devenu une plateforme de prédilection pour la diffusion de films entiers, sans risquer la même sanction. Or depuis trois jours, la version intégrale du film Iron Man 3 est diffusée par ses serveurs, sans avoir fait l'objet d'un retrait.

Peut-être les ayants droit ne l'ont pas encore signalée comme vidéo pirate, ce qui est la procédure à suivre pour supprimer une vidéo de YouTube. En principe, les robots de Google sont toutefois censés reconnaître d'office les contenus piratés des grands éditeurs, grâce au système ContentID, pour les supprimer automatiquement.

L'affaire est d'autant plus gênante qu'en Belgique, dans une décision récente qui repose sur des principes juridiques applicables y compris en France, la justice a estimé que les internautes ne pouvaient pas être responsables de l'utilisation de vidéos YouTube piratées, puisqu'elles sont réputées être diffusées en toute légalité. C'est à Google de s'assurer que les contenus sont légaux, et pas à ceux qui les regardent ou même qui les rediffusent grâce à la fonctionnalité "embed" fournie par le site d'hébergement de vidéos. 

A l'heure où nous publions ces lignes, la vidéo d'Iron Man 3 a été vu gratuitement par près de 100 000 internautes, qui s'étonnent dans les commentaires de ne pas la voir supprimée rapidement. La qualité est toutefois loin de pouvoir satisfaire les cinéphiles, avec une résolution de seulement 320p, et une bande sonore qui fait insulte au travail des ingénieurs son.

"Nous avons constaté une amplification du phénomène cet été et nous sommes très inquiets", avait indiqué l'an dernier le Syndicat de l'édition vidéo numérique (SEVN), face à l'augmentation du nombre de films entiers diffusés sur YouTube, sans toutefois porter plainte. De son côté, la Hadopi a comparé YouTube et Dailymotion, et constaté que des films entiers étaient disponibles sur YouTube, mais pas sur la plateforme française.

Selon les statistiques publiées par YouTube, la vidéo s'est d'abord fait connaître grâce au propre moteur de recherche de YouTube, puis grâce à un lien publié sur Facebook. Dimanche, elle est apparue sur la chaîne "Films" de YouTube, générée automatiquement :

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