Faudra-t-il réguler les imprimantes 3D comme les armes à feu ? Aux USA, un élu propose de conditionner l'acquisition d'une imprimante 3D. L'usager devra être titulaire d'une licence et accepter une enquête de moralité pour vérifier son passé. Selon l'élu, il faut en passer par là pour éviter qu'une telle technologie ne tombe entre les mains de personnes mal intentionnées.

La semaine dernière, nous rapportions qu'un étudiant avait réussi à tirer un coup de feu avec une arme conçue par une imprimante 3D. Le pistolet, fait de plastique, doit en théorie inclure une pièce en métal afin que celui-ci puisse être repéré par les détecteurs de métaux (loi américaine de 1988 sur les armes à feu indétectables). Or, la présence de cet élément n'est pas garantie.

Celui qui cherche à créer une arme fonctionnelle en plastique peut très bien ne pas être au courant de la législation ou ne pas vouloir la respecter. Même à supposer que la pièce de métal s'avère indispensable au bon fonctionnement de l'arme, il est probable que des alternatives en plastique se fassent jour. L'arme sera alors indétectable, ce qui pourrait poser de gros problèmes de sécurité publique.

Cette perspective inquiète manifestement le gouvernement américain, à tel point que les plans pour imprimer le pistolet ont été retirés suite aux pressions de la direction des contrôles commerciaux en matière de défense. Officiellement, le gouvernement souhaite évaluer la conformité de ces plans avec la loi ITAR (International Traffic in Arms Regulations), qui vise à lutter contre le trafic d'armes au niveau international.

Depuis, les réseaux P2P ont pris le relais. Les plans du pistolet sont désormais massivement diffusés, anéantissant les efforts de l'exécutif américain. Toutefois, cette affaire pourrait conduire le législateur à prendre le taureau par les cornes. Leland Yee, sénateur démocrate de Californie, propose de fixer dans la loi un contrôle des imprimantes 3D, à l'image  du contrôle des armes à feu.

CBS explique que l'élu veut réguler le marché des imprimantes 3D en soumettant l'achat d'une machine à autorisation. Le client devrait par exemple être titulaire d'une licence tandis qu'une enquête sur son passé pourrait être diligentée afin de s'assurer qu'une telle technologie ne tombe pas entre les mains de personnes mal intentionnées. Et le parlementaire de citer les terroristes pour montrer tout l'enjeu de sa régulation.

À première vue, la proposition de Leland Yee n'est pas sans rappeler le principe de l'autorisation ou de la déclaration préfectorale en fonction de l'arme concernée. Dans un cas comme dans l'autre, le détenteur doit satisfaire un certain nombre de conditions pour avoir le droit d'acquérir, détenir et utiliser certaines armes. Et selon Leland Yee, il y a urgence à agir car le prix des imprimantes 3D baisse régulièrement.

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