La police japonaise a demandé aux webmasters de bloquer les internautes qui "abusent" du réseau Tor pour publier des contenus anonymement, et commettre ainsi des infractions qu'il est difficile de tracer.

Le journal japonais Mainichi rapporte que l'Agence Nationale de Police (ANP) a proposé dans un rapport d'experts remis le 18 avril dernier que les fournisseurs de services sur internet acceptent de "bloquer volontairement" (sic) l'utilisation du réseau Tor, lorsqu'il en est fait abus.

En pratique, Tor permet de dissimuler l'origine d'une communication grâce à un "routage en oignon", qui fait circuler les données d'une adresse IP à l'autre, jusqu'à sa destination finale, de façon chiffrée. Très utile pour assurer la liberté d'expression des opposants dans les régimes autoritaires, au point qu'il avait été décoré pour son rôle d'intérêt social" par la FSF, le réseau est néanmoins utilisé, aussi, par les délinquants qui cherchent à se cacher de la police.

L'initiative de l'ANP viendrait des agissements d'un hacker japonais, Demon Killer, qui avait publié de multiples menaces de mort sur les forums, et pris le contrôle de certains systèmes à distance, sans que les autorités policières n'arrivent dans un premier temps à l'identifier. La police avait même arrêté quatre suspects en se basant sur leur adresse IP, et avait dû s'excuser après qu'il est apparu évident que les "aveux" extirpés chez l'un d'entre eux étaient mensongers, puisque les menaces de mort avaient continué. Le hacker avait finalement été arrêté, ce qui avait permis aux autorités de découvrir qu'il utilisait massivement Tor pour rendre ses communications anonymes.

La police japonaise espère donc convaincre les éditeurs de bloquer TOR lorsqu'un internaute paraît en "abuser", ce qui reste sujet à interprétation. Les éditeurs de sites web devraient bloquer les visiteurs qui publient des messages en utilisant un tel système d'anonymisation, en se basant sur une liste publique d'adresses IP associées à des noeuds du réseau TOR.

Selon l'ANP, Tor a été utilisé ces dernières années pour commettre différents types de délits, du détournement d'argent au viol d'enfant (par la prise de contact avec des enfants sur des sites web), en passant par la publication d'informations sensibles internes des forces de police.

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