Coup de balai inattendu dans Google Play. La firme américaine a décidé d'éjecter les bloqueurs de publicités de sa boutique en ligne, au motif que ces applications enfreignent le contrat du service. Il faudra désormais passer par des boutiques alternatives pour les installer. S'il s'en défend, la mesure prise par Google semble d'abord prise au nom de ses intérêts financiers, dans la mesure où ses revenus proviennent surtout de la publicité.

Ce n'est une surprise pour personne, l'origine des revenus de Google provient essentiellement de la publicité et des liens commerciaux. L'entreprise américaine a mis en place divers programmes (AdSense, AdWords) en conséquence. Avec succès. Sur les trois dernières années, l'argent gagné par Google via la publicité a fortement progressé, passant de 28,2 milliards de dollars en 2010 à 43,6 milliards en 2012.

La publicité revêt un caractère stratégique, tout comme sa politique d'évasion fiscale. La firme de Mountain View s'intéresse donc de très près aux mécanismes qui peuvent, d'une façon ou d'une autre, affecter ses finances. C'est le cas par exemple des applications capables de détecter et bloquer les contenus publicitaires sur une page web, comme le très connu Adblock Plus.

Or, Adblock Plus a été éjecté sans avertissement de Google Play. Dans un billet de blog publié ce jeudi, l'un des concepteurs du logiciel explique que la société californienne a justifié sa décision en citant la section 4.4 du contrat relatif à la distribution sur l'Android Market pour les développeurs. Ce passage traite des usages interdits sur l'Android Market.

Il est écrit que l'auteur d'une application ne doit exercer "aucune activité via l'Android Market (y compris le développement ou la distribution de Produits) qui entrave, interrompt, endommage ou implique un accès non autorisé à des appareils, serveurs, réseaux ou autres propriétés appartenant à un tiers, y compris, sans s'y limiter, les utilisateurs d'Android, de Google ou de tout opérateur de réseau mobile".

Déjà fin février, Google avait pris des mesures contre Adblock Plus. À l'époque il s'agissait officiellement de neutraliser certaines fonctionnalités de l'application au nom de la sécurité des usagers. Mais cette fois, la mesure ne se limite pas au seul Adblock Plus. Lifehacker signale que d'autres bloqueurs de publicités très réputés, comme AdAway et AdFree, sont également éjectés au nom de la section 4.4.

Le blocage de la publicité peut-il être considéré comme une entrave d'un service appartenant à un tiers ? Lors de l'affaire Free, on se souvient que le blocage de la publicité avait été commenté sous l'angle de la neutralité du net. Pour l'Arcep, la mesure engagée par l'opérateur était une infraction au principe. Une observation contestée par le patron du FAI FDN, très engagé sur ce sujet.

Reste que la mise à l'écart d'Adblock Plus, AdAway, AdFree et d'autres programmes du même acabit oblige leurs développeurs à s'adapter. Du côté d'Adblock Plus, l'un des participants au projet explique que ceux ayant déjà l'application installée sur leur terminal Android ne souffriront pas du changement. Il n'est pas non plus prévu que Google les désinstalle à distance.

En revanche, le programme ne pourra plus être mis à jour via Google Play. Il faudra passer par le site officiel d'Adblock Plus ou un site de confiance pour mettre à jour ou installer le logiciel. Adblock Plus compte diffuser autant possible son programme vers les autres boutiques en ligne afin que les usagers puissent toujours y accéder sans difficulté.

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