Les réticences d'Orange et de SFR sur le recyclage des fréquences 2G n'y changeront rien. L'Arcep et le gouvernement ont l'intention d'autoriser la reconversion de la bande 1800 MHz au profit de la 4G. Néanmoins, ce feu vert sera conditionné au paiement d'une redevance très chère.

Évoqué depuis huit mois, le principe du recyclage des fréquences pour soutenir le déploiement du très haut débit mobile est sur le point d'être approuvé le gouvernement et l'autorité de régulation des télécommunications. D'après BFM TV, les opérateurs pourront très bientôt exploiter la bande de fréquences 1800 MHz, employée actuellement pour la 2G, pour accélérer l'arrivée de la 4G dans l'Hexagone.

Mais le processus de reconversion va coûter cher. Très cher. Un projet de décret préparé par le ministère de l'économie et des finances prévoit en effet de fixer une redevance cinq fois plus élevée. Au lieu de payer 571 euros par an pour une paire de kilohertz utilisée dans le cadre de la 2G, l'opérateur devra débourser 3231 euros par an s'il utilise cette même paire dans le cadre de la 4G.

L'augmentation radicale de la redevance répond à plusieurs objectifs. D'abord, il vise à monétiser le plus efficacement possible les ressources immatérielles de l'État. Le spectre des fréquences étant limité, autant le valoriser. Cet argent servira ensuite au financement d'autres projets, comme la pose de la fibre optique. Il est question d'une manne de 200 millions d'euros par an si toutes les fréquences sont converties.

En établissant une redevance élevée, l'Arcep et le gouvernement cherchent aussi à éviter de léser les opérateurs qui ont dépensé beaucoup d'argent pour acquérir des licences d'exploitation pour les bandes de fréquences 800 et 2600 MHz, sans imaginer un instant que la bande de fréquences 1800 MHz serait finalement envisagée pour le très haut débit mobile.

Dans ce dossier, les opérateurs avancent en ordre dispersé. Bouygues Télécom est très favorable à la reconversion, tandis qu'Orange, SFR et Free Mobile temporisent. Les raisons sont diverses.

Pour Orange et SFR, il n'y a aucune urgence à donner un tel feu vert. Il s'agirait d'un coup de pouce injuste à Bouygues, qui a dépensé globalement moins lors des enchères de l'Arcep pour la 4G. Pour Free Mobile, la priorité est ailleurs. Le groupe de Xavier Niel a déjà fort à faire avec le déploiement de son réseau 3G et le respect du calendrier réglementaire fixé par le régulateur.

En marge du décret préparé par Bercy, l'Arcep a élaboré de son côté un document d'orientation favorable à la levée des restrictions frappant les fréquences 2G. Une date butoir a été fixée au 25 mars 2016. Mais d'ici là, le régulateur se penchera sur toute demande en ce sens. Nul doute que la première à être examinée sera celle de Bouygues Télécom.

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