Qwant, qui est pour l'instant basé essentiellement sur les API de Bing, utilisera progressivement, et dès la semaine prochaine, ses propres technologies d'indexation des sites et de tri des résultats. L'utilisation de Bing ne serait-ce qu'une transition stratégique permettant à Qwant de mieux cibler ses priorités.

Moteur de recherche à part entière, ou simple interface ? Mardi dernier, après notre premier article qui présentait Qwant comme une alternative intéressante à Google, dotée de véritables atouts dans les possibilités offertes de tri des résultats, nous avions souligné qu'en fait, Qwant n'était qu'une simple interface exploitant différentes API, et en particulier celle de Bing.

Depuis, nous avons pu parler à Eric Léandri, l'un des co-fondateurs et architectes techniques de Qwant, qui nous a assuré que le projet était bel et bien financé par "plusieurs millions d'euros" d'investissement, mais surtout que Qwant avait bien sa propre technologie d'indexation du web et son propre algorithme de classement des résultats.

Pour le moment, dans une phase d'amorçage, Qwant utilise l'API de Bing pour afficher les résultats les plus satisfaisants possibles aux utilisateurs, pour qu'ils utilisent le moteur de recherche. Mais cette phase d'amorçage permettrait en réalité à Qwant de capter des données sur les recherches les plus fréquentes faites par les utilisateurs, et sur les sites internet les plus visités grâce à ces recherches, pour concentrer ses efforts d'indexation sur ces recherches et sites-là. Ainsi progressivement, et dès la semaine prochaine, Qwant compte substituer à Bing ses propres algorithmes d'indexation et de tri, pour parvenir à une autonomie totale. 

Cette stratégie lui permettrait d'assurer un niveau de qualité optimum dès son lancement, alors que tous les moteurs de recherche qui ont tenté de concurrencer Google ces dernières années se sont heurtés à une qualité d'indexation et de tri nécessairement inférieure à Google, en partant d'une page blanche.

Un moteur déjà déployé pour la partie "sociale"

Par ailleurs, et contrairement à ce qu'écrivait le blogueur qui avait remarqué l'utilisation de Bing, Qwant n'utiliserait pas du tout les services de Kurrently pour délivrer les résultats "sociaux" de son moteur de recherche. Le service est déjà basé sur ses propres algorithmes, avec notamment plus de 1,2 milliards de profils indexés, et sur les API de chacun des réseaux sociaux indexés (Facebook, Google+, Twitter, Foursquare…). De même pour la partie "shopping", qui repose sur ses propres algorithmes.

"Qwant n'est pas une boite à lettre utilisant juste un ensemble d'API. Nous stockons aussi de l'information, et nous en stockons beaucoup et nous faisons beaucoup de calculs dessus", assure l'équipe du moteur de recherche. Celui-ci est basé en grande partie sur la technologie d'indexation sémantique de Pertimm, qui est utilisé notamment par Meetic et PagesJaunes.

"Notre communication a été orientée « grand public » et de ce point de vue la fréquentation obtenue est un vrai succès, plus rapide que prévue, et nous n’avons tout simplement pas eu le temps de mettre en place une communication appropriée aux observateurs professionnels", expliquent les fondateurs de Qwant, pour justifier que l'utilisation des API de Bing n'ait pas été confessée spontanément, dès le lancement. "Ce serait tout simplement ridicule de notre part de penser un instant tromper qui que ce soit quand  nous savons que tout observateur compétent le verrait".

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