Oubliez ArcelorMittal. Oubliez Petroplus. C'est Meetic qu'il faut nationaliser, pour aider les Français à retrouver un niveau de vie plus confortable, et limiter les dépenses publiques en période de disette budgétaire. C'est en tout cas la proposition formulée par un expert des questions sociales.

Avouons que l'idée est originale. Elle paraît même saugrenue. Elle est pourtant défendue avec le plus grand sérieux par Julien Damon, professeur associé à Sciences Po spécialiste des questions sociales, et (entre autres) ancien président de l'Observatoire National de la Pauvreté et de l'Exclusion Sociale, ancien chef du département "questions sociales" du Centre d'analyse stratégique, et ancien rapporteur général du Grenelle de l'insertion. Dans un entretien accordé à Mediapart, où il défend l'idée de supprimer le quotient familial au profit d'un crédit d'impôt forfaitaire, l'auteur d'un "Que sais-je" sur Les Familles Recomposées propose de nationaliser Meetic pour aider la lutte contre la pauvreté en France.

Julien Damon constate en effet que l'un des facteurs de pauvreté dans le pays est le nombre des familles monoparentales, où un seul parent doit assumer seul le prix du loyer, l'ameublement du foyer, le véhicule, l'alimentation, l'électricité, l'eau, les télécoms, et toutes les charges diverses et variées inhérentes à la vie quotidienne, avec ou sans enfants.

"Il faut éviter qu'il y ait trop de familles monoparentales (…) Cyniquement, en termes de finances publiques, un couple qui divorce, c’est un besoin de deux logements contre un auparavant. C'est très coûteux. D’autant qu’avec la garde alternée, ce sont aujourd’hui deux logements de même taille qui sont nécessaires. Se séparer, c’est un des meilleurs moyens de tomber dans la pauvreté", constate-t-il. 

Or, "on oublie que dans les sources de la pauvreté, il n’y a pas que la dégradation de l’emploi, il y a la situation familiale", dues aux séparations. "Plus les gens se rencontreront, plus ils auront la possibilité de se remettre en couples, et mieux ce sera".

"Du point de vue d’une collectivité, mieux vaut dépenser pour permettre aux gens de se rencontrer que de verser des prestations supplémentaires. Si on veut transformer la politique familiale en politique sociale, pourquoi ne pas nationaliser Meetic si on est de gauche ? Ou si on est libéral, pourquoi ne pas donner des chèques qui donneraient droit à deux heures de Meetic par jour ? Ce serait plus intéressant que des patrouilles de travailleurs sociaux".

Il faudra proposer l'idée à Jean-Luc Mélenchon.

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