Alors que des rumeurs attribuent à Apple la volonté de quitter Intel pour unifier ses produits autour de l'architecture ARM, le président du concepteur de microprocesseurs basse-consommation assure que sa technologie est parfaitement adaptée pour délivrer de hautes performances sur les ordinateurs de bureau.

ARM se frotte les mains. La société britannique qui conçoit des architectures de micro-processeurs à basse consommation s'est non seulement imposée comme le leader sur le marché des appareils mobiles, mais pourrait bientôt faire son grand retour sur le marché des ordinateurs de bureau, au détriment d'Intel et AMD.

En début de semaine, la presse américaine rapportait en effet qu'Apple songeait déjà à abandonner Intel et ses processeurs x86, pour installer l'architecture ARM à travers toute sa gamme de produits, depuis les iPod jusqu'aux iMac, en passant par les iPhone, iPad et autres Macbook ou Apple TV. Ce faisant, la firme de Cupertino pourrait proposer la même collection de logiciels quel que soit l'écran utilisé, et unifier ses systèmes d'exploitation Mac OS et iOS. Ce qui paraît inéluctable.

Mais outre les difficultés induites par l'absence de rétrocompatibilité (sauf à proposer une émulation logicielle comme Rosetta), Apple aurait encore quelques hésitations dues à ses doutes sur la capacité d'ARM à proposer à court, moyen et long terme des processeurs aussi rapides que ceux d'Intel. C'est pour ne pas souffrir d'un retard sur la rapidité de ses ordinateurs qu'Apple avait fait le choix en 2004 de basculer tous ses ordinateurs sous processeurs Intel, en abandonnant son architecture Power PC.

Or le président d'ARM, Warren East, a profité d'une interview dans MIT Technology Review pour rassurer Apple et surtout manifester ses ambitions d'investir le marché des ordinateurs personnels, duquel il est aujourd'hui totalement absent. "Pour moi, un PC n'est vraiment qu'un smartphone sous une autre forme", explique East. "Nous fournissons des microprocesseurs qui vous permettent de tout faire, depuis des petits capteurs jusqu'aux superordinateurs. Apple opère à différents endroits de ce spectre. Apple peut se faire sa propre opinion sur ce qu'il veut faire".

Prétendre que les processeurs ARM ne peuvent pas rivaliser en performances avec ceux d'Intel, c'est "une absurdité", assure-t-il. "Il n'y a rien d'intrinsèque à l'architecture (ARM) qui vous empêche d'être au haut-de-gamme de performances".

Warren East file une métaphore pour expliquer la philosophie de la société, qu'il oppose implicitement à celle d'Intel et AMD. "Nous avons toujours privilégié l'efficacité, le nombre de kilomètres par litre plutôt que la vitesse maximale. C'est ce qui compte en réalité", explique le président d'ARM. "Traditionnellement, ARM a trouvé beaucoup d'opportunités dans des choses comme les téléphones mobiles, où vous ne voulez pas avoir quelque chose de super ultra-performant, parce que ça consomme plus d'énergie. Mais si vous prenez un autre angle de design, comme un ordinateur, la batterie va être beaucoup plus grosse, donc vous pouvez utiliser plus d'énergie. C'est comme avoir une voiture avec un réservoir plus gros (…). Si quelqu'un veut construire une Ferrari et avoir un réservoir d'essence plus gros, alors très bien, vous pourrez faire faire davantage au moteur".

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