Depuis mai, l'application hubiC pour iOS n'a pas reçu la moindre mise à jour. Son concepteur, l'hébergeur français OVH, estime qu'Apple veut empêcher son offre de se développer en l'obligeant à verser une commission de 30 % sur chaque transaction effectuée. En l'état, il apparaît que le conflit entre OVH et Apple soit avant tout une affaire de gros sous.

L'affaire dure depuis des mois. En début d'année, l'hébergeur français OVH a lancé son offre de stockage dans les nuages sous le nom de hubiC. Composée de trois formules, cette offre vient directement concurrencer les solutions des géants américains DropBox, Google Drive, iCloud (Apple) ou Skydrive (Microsoft). Et pour que chacun puisse accéder à son compte depuis n'importe où, OVh a aussi développé un accès mobile.

Les utilisateurs d'un smartphone sous iOS ou Android peuvent ainsi récupérer l'application dédiée sur l'App Store ou Google Play. Or si la version Android de l'application est régulièrement mise à jour (la dernière version datant du 16 octobre), celle conçue pour iOS n'a pas évolué depuis le 2 mai. Pourquoi une telle différence de traitement ? OVH se désengagerait-il de la boutique d'applications d'Apple ?

Pas du tout. Mais jusqu'à vendredi, aucune explication particulière n'avait été délivrée par OVH. Sur les forums de l'hébergeur, son directeur, Octave Klaba, est néanmoins sorti de son silence et a livré sa version des faits. Il accuse Apple d'empêcher hubiC de fournir les prestations attendues par ses utilisateurs pour des considérations économiques et politiques.

"Le problème qu'Apple évoque est que comme hubiC est une offre stockage Cloud et qu'on commercialise les offres payantes, ces offres payantes doivent obligatoirement être proposées via iTunes". Or si OVH accepte de suivre les directives d'Apple, l'hébergeur sera contraint de verser une commission de 30 % sur chaque achat ou sur chaque abonnement effectué via l'application hubiC pour iOS.

Mais ce n'est pas tout, à lire Octave Klaba. D'après lui, les autres concurrents (américains) ne subissent pas un tel traitement. Or comme le signale MacGénération, Octave Klaba s'avance énormément. Les applications DropBox et Google Drive pour iOS respectent manifestement les conditions d'achat in-app, c'est-à-dire que Google et DropBox versent 30 % des transactions réalisées via leur application à Apple.

Pour Skydrive de Microsoft, c'est une autre approche. L'éditeur américain a choisi de ne pas présenter la moindre formule d'abonnement dans l'application pour iOS. Pour en prendre une, l'utilisateur doit passer par son navigateur web et s'y abonner depuis le site. L'application Skydrive évite même de renvoyer le client directement sur la page d'achat, pour ne pas enfreindre les règles d'Apple.

En l'état, les informations fournies par OVH pour expliquer l'absence de mise à jour de l'application hubiC pour iOS tendent à laisser penser qu'il s'agit avant tout d'une histoire de gros sous. Des parades existent néanmoins, à l'image du choix de Microsoft de ne pas intégrer des offres dans l'application Skydrive pour iOS. Cela devrait permettre à l'hébergeur français de mettre à jour hubiC pour iOS.

Si elle fait l'objet de critiques, la politique d'Apple dans ce domaine n'est pas nouvelle ni surprenante. L'an dernier, la firme de Cupertino a fait savoir à certains développeurs d'applications pour iPhone et iPad qu'ils ne pourraient plus proposer de contenus à la vente dans leurs applications, ou même donner l'accès à des contenus achetés ailleurs que sur l'App Store.

Objectif ? Obliger les éditeurs de presse à passer exclusivement par sa place de marché pour vendre les contenus qui seront lus sur un appareil iOS, et de prélever une commission sur chaque transaction.

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