L'internet iranien, qui est déjà l'un des plus censurés au monde, s'apprête à subir une nouvelle amputation de poids. Le gouvernement a annoncé que Google et Gmail seront bientôt bloqués, officiellement pour empêcher les liens menant à la vidéo du film L'Innocence des Musulmans.

Il suffisait sans doute d'un prétexte. Le gouvernement de Téhéran a annoncé ce week-end que Google et sa messagerie Gmail allaient être bientôt bloqués pour tous les internautes iraniens, en réaction à la diffusion du film anti-islam. "Google et Gmail seront filtrés à travers tout le pays jusqu'à nouvel ordre", a ainsi annoncé Abdolsamad Khoramabadi, membre de l'organe iranien chargé de mettre en oeuvre la censure sur Internet.

Depuis que L'Innocence des Musulmans a été diffusé sur YouTube, plusieurs pays comme l'Afghanistan, l'Arabie Saoudite ou le Pakistan ont déjà décidé de bloquer YouTube pour éviter que le film anti-islam soit vu par leurs habitants. Alors que le gouvernement américain lui avait suggéré de retirer le film, ce qui crée un précédent unique aux Etats-Unis, Google a refusé de désactiver la vidéo.

Mais c'est la première fois qu'un gouvernement décide de bloquer le moteur de recherche et le service de courriels de la maison-mère Google, qui n'ont qu'un lien indirect avec la vidéo. 

En Iran, comme le montre le graphique ci-dessous, YouTube est déjà bloqué depuis 2009, suite aux élections qui avaient provoqué un soulèvement populaire et la censure de différents médias. La décision d'étendre la mesure à Google et Gmail aurait donc en réalité pour objectif, selon Khoramabadi, de répondre aux attentes des Iraniens qui demandent que les services en cause soient nettoyés des liens menant à la vidéo anti-islam.

Mais si l'Iran veut nettoyer tous les liens menant à une vidéo disponible sur Internet, ce n'est pas Google ou Gmail qu'il faut censurer. C'est tout l'internet. 

Or c'est précisément ce que prévoirait Téhéran. Selon des rumeurs persistantes, l'Iran projetterait de créer son propre internet, nettoyé des contenus occidentaux. Déjà plus de cinq millions de sites internet sont filtrés dans le pays, dont les réseaux sociaux Facebook et Twitter, et certains sites de grands médias comme CNN ou la BBC.

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