Un document des autorités britanniques montre que la Grande-Bretagne a donné instruction à ses forces de police d'arrêter Julian Assange dans le cas où le fondateur de Wikileaks tenterait de rejoindre l'Equateur en étant transporté au sein d'un véhicule diplomatique ou d'un conteneur quelconque.

Voilà un officier de police britannique qui ne sera pas promu de sitôt. L'agence Press Association a publié un cliché pris par un de ses photographes devant l'ambassade de l'Equateur à Londres, où Julian Assange est réfugié depuis plus de deux mois. On y voit un agent tenir un presse-papiers sur lequel est attachée une feuille de notes manuscrites, révélant les instructions des autorités britanniques. La photo a été prise le 16 août dernier, lorsque l'Equateur a accordé l'asile diplomatique au fondateur de Wikileaks.

"Assange doit être arrêté en toutes circonstances", dit le mémo rédigé lors de la réunion de briefing des forces de police, le lendemain de l'envoi par la Grande-Bretagne d'une lettre menaçant l'Equateur de retirer le statut diplomatique de l'ambassade.

Le briefing ne donne pas instructions aux policiers de pénétrer à l'intérieur de l'ambassade pour arrêter Julian Assange, mais il prévoit des scénarios de tentative de fuite. En particulier, les autorités britanniques ont prévu d'intervenir et d'arrêter Julian Assange dans le cas où l'Equateur tentait de le faire partir dans une voiture diplomatique, ou à l'intérieur d'une "valise diplomatique". Preuve que la possibilité d'une fuite spectaculaire était prise au sérieux.

Théoriquement, une valise diplomatique peut avoir n'importe quelle taille (l'Union Soviétique avait libellé tel quel des camions de transport de marchandise), et est en principe inviolable, comme l'est un véhicule. Elles ne peuvent être ni ouvertes, ni retenues, ni soumises à des contrôles électroniques ou par rayons X, rappelle le ministère des affaires étrangères. Mais la convention de Vienne prévoit une exception "si les autorités compétentes de l’État de résidence ont de sérieux motifs de croire que la valise consulaire contient d’autres objets que la correspondance, les documents et les objets visés".

Finalement, Julian Assange n'a pas (encore ?) tenté de fuir de l'ambassade, où il reste enfermé pour éviter toute arrestation qui le conduirait droit en Suède, en attendant une éventuelle extradition vers les Etats-Unis. Mais la police britannique reste postée en permanence devant toutes les issues. C'est à qui craquera le premier.

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