Face au mouvement de sympathie envers Richard O'Dwyer, un Britannique ayant administré un site web suspecté d'avoir favorisé la contrefaçon d'œuvres culturelles, la MPAA a élaboré un plan de communication. L'objectif de ce plan vise notamment à recruter des soutiens pour qu'ils justifient sur Internet l'extradition du jeune homme vers les USA.

Depuis deux ans, les États-Unis mènent des actions ciblées contre les sites web accusés de favoriser la contrefaçon d’œuvres de l'esprit et de produits manufacturés. Ces manœuvres se déroulent dans le cadre de l'opération "In Our Sites", qui consiste à neutraliser les noms de domaine de ces sites en passant par les sociétés gérant les domaines de premier niveau les plus utilisés (.com, .net, .info).

De façon générale, l'opération "In Our Sites" a démontré son efficacité même si la portée de son action est limitée dans l'espace et dans le temps. Mais sur le papier, de nombreux domaines ont été saisis, à commencer par TVShack.net. Administré par un Britannique de 23 ans, le site référençait des liens permettant de télécharger des séries TV hébergées sur d'autres plates-formes.

Aujourd'hui, le propriétaire de TVShack.net risque l'extradition vers les États-Unis. Or, cette perspective est très mal perçue outre-Manche. Une pétition initiée par Jimmy Wales – le fondateur de Wikipédia – a récolté près de 240 000 signatures appelant le gouvernement britannique à revoir sa position sur le cas de Richard O'Dwyer. En parallèle, un sondage daté de juillet montre que les Britanniques rejettent massivement cette extradition.

Ce courant de sympathie envers Richard O'Dwyer ne satisfait pas la Motion Picture Association of America (MPAA). Le lobby du cinéma estime que l'opinion publique est faussée parce que les personnes pensent que TVShack était légal au Royaume-Uni. Or, ce n'est pas le cas. Et la MPAA a bien l'intention de contrer ces fausses idées, quitte à recruter des soutiens pour dispenser la bonne parole sur Internet.

C'est ce que révèle une note interne de la MPAA repérée par Torrentfreak. Un "plan de communication" a été élaboré afin de casser la mécanique favorable à Richard O'Dwyer, qui est considérée comme un "challenge" pour la MPAA. Des personnes tierces doivent en particulier écrire à son sujet, via des notes de blog, afin de pointer d'une part ses infractions et de soutenir d'autre part la perspective d'une extradition.

Cette riposte "informationnelle" ne se cantonne pas uniquement aux blogs. L'objectif de ce plan est de pouvoir intervenir à différents niveaux, aussi bien dans les commentaires des sites de presse ou des blogs que dans les médias, sans oublier l'envoi d'informations aux journalistes, avec toujours le même objectif central : marteler la culpabilité de Richard O'Dwyer.

Selon le mémo de la MPAA, dénicher des soutiens en dehors des groupes de pression traditionnels est une tâche plus compliquée qu'il n'y paraît. Mais même dans le cas où aucun allié n'est trouvé, la MPAA se dit prête à répondre aux sollicitations de la presse pour contester les informations relayées par la pétition de Jimmy Wales, la campagne de Demand Progress et n'importe quelle initiative du même tonneau.

Ce n'est pas la première fois que des lobbies tentent un pareil coup. Lorsque l'accord commercial anti-contrefaçon (ACTA) était encore d'actualité en Europe, des groupes de pression ont tenté d'embaucher des étudiants pour qu'ils soutiennent le projet de traité international. La petite annonce proposait de verser 100 euros par étudiant pour deux heures de présence.

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