Steve Jobs a toujours fustigé Android, estimant qu'il s'agissait d'un produit conçu dans les laboratoires d'Apple. Le chef d'entreprise a même promis une guerre totale à Google pour lui faire payer. Mais pour Le PDG de la firme de Mountain View, Larry Page, le courroux de Steve Jobs avait d'abord pour objet de fédérer ses troupes autour d'un adversaire clairement identifié.

De son vivant, Steve Jobs n’a jamais supporté l’idée de se retrouver en concurrence directe avec Google sur le terrain des smartphones. Le fondateur d’Apple, décédé en octobre dernier, avait cru qu’un accord tacite était en vigueur entre les deux entreprises. La firme de Cupertino laissait à Google le secteur de la recherche en ligne, tandis que le géant de Mountain View se tenait éloigner du marché des mobiles.

L’apparition d’Android a été vécue comme une véritable trahison par l’ancien PDG d’Apple. On se souvient de la mise au point très claire de Steve Jobs, quelques temps après la présentation de la première génération d’iPad. « Nous ne sommes pas aller sur le marché de la recherche. Ils sont venus sur le marché de la téléphonie. Soyez assurés qu’ils veulent tuer l’iPhone. Nous n’allons pas les laisser faire« .

Face au succès grandissant d’Android, le discours s’est petit à petit militarisé. Selon son biographie, Walter Isaacson, Steve Jobs avait promis une « guerre thermonucléaire » à Google, estimant qu’Android « est un produit volé« . « Je consacrerai jusqu’à mon dernier souffle si nécessaire, je dépenserai chaque centime des 40 milliards de dollars qu’Apple a en banque pour corriger cette erreur« .

Six mois après la disparition de Steve Jobs, Larry Page a apporté un éclairage quelque peu différent sur les relations tumultueuses entre Google et Apple. Dans un entretien accordé mercredi à Business Week, le patron du géant californien de la recherche en ligne a tempéré l’image vindicative que laissait diffuser Steve Jobs à l’encontre d’Android.

D’après Larry Page, la colère de Steve Jobs n’était pas totalement authentique pour la simple et bonne raison qu’il est plus facile pour une entreprise de combattre lorsque l’adversaire est clairement identifié. Et dans l’univers des smartphones, le rival tout désigné d’Apple est Google et son O.S. maison. Il s’agissait donc pour Steve Jobs de mobiliser ses troupes, quitte à faire un peu de « spectacle« .

« Pour de nombreuses sociétés, il est pratique d’avoir un compétiteur bien identifié et vis-à-vis duquel vous pouvez vous rassembler. Je pense personnellement qu’il est préférable de viser plus haut. Vous ne voulez pas rechercher vos concurrents« , a-t-il analysé. L’hostilité du fondateur d’Apple avait donc, selon Larry Page, d’abord des visées de management.

Reste que les entreprises se livrent aujourd’hui une rude bataille sur de nombreux fronts. Si Steve Jobs a peut-être forcé le trait contre Google, il n’en demeure pas moins que l’époque où les relations des deux sociétés étaient au beau fixe est révolue.

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