En meeting avec Nicolas Sarkozy samedi, porte de Versailles, le ministre de la culture Frédéric Mitterrand a défendu Hadopi en affirmant qu'elle avait "protégé" la jeunesse.

Samedi, Nicolas Sarkozy tenait un discours de campagne devant les Jeunes UMP, pour les mobiliser dans la dernière ligne droite du premier tour de l’élection présidentielle. A cette occasion, raconte Le Parisien (via PCInpact), Frédéric Mitterrand a lui aussi donné de son verbe en montant pour la première fois à la tribune d’un meeting du président sortant.

« Acclamé par une partie des jeunes de l’UMP« , raconte le quotidien, il a assuré qu’il n’y a « pas de dépression culturelle en France grâce à Nicolas Sarkozy et le gouvernement« . Puis il a défendu Hadopi. « Avec ce texte, accusé de mettre en cause les libertés sur Internet, « nous vous avons protégé », assure Mitterrand à la jeunesse« .

Le Parisien, qui ne fait que résumer le meeting, ne précise pas en quoi selon Frédéric Mitterrand la riposte graduée et l’action de l’Hadopi auraient permis de « protéger » la jeunesse. Sans doute utilise-t-il le terme avec la même idée que celle qui veut que le blocage des sites internet « protège » ceux qui n’y vont pas, ou que la vidéo-surveillance s’appelle désormais vidéo-protection, pour faire oublier sa destination première.

Benjamin Lancar, le président des Jeunes Populaires et secrétaire national de l’UMP en charge de la Nouvelle Economie, avait lui-même assuré en 2010 que la loi Hadopi visait à protéger la liberté d’expression, puisqu’elle aurait « protégé la liberté d’expression des artistes« .

On se souvient toutefois que les Jeunes UMP s’étaient montré massivement hostiles à l’Hadopi, et qu’ils avaient publié un billet au vitriol intitulé « Que penser d’Hadopi« . Ils prévenaient que la suspension de l’accès à Internet risquait d’être censurée par le Conseil constitutionnel, que la possibilité d’usurpation d’adresse IP faisait peser un risque sur la condamnation d’innocents, et surtout que la riposte graduée cachait la responsabilité première des ayants droit, incapables de dynamiser l’offre légale.

Fâchée, la maison-mère UMP avait obligé ses Jeunes à relayer la communication officielle pro-Hadopi pour enterrer le hiatus.

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