Des opposants à Nicolas Sarkozy ont mis en ligne un nouveau site internet, UnGrandPresident.fr, qui veut dresser un bilan satirique du quinquennat du président de la République. Mais malgré les moyens déployés qui laissent penser à un financement politique, ils le font sans livrer leur identité. Problématique.

Mise à jour : il nous avait échappé que le site conduit vers une boutique. Celle-ci indique que les dessins sont réalisés par l’illustrateur Jérémie Guneau et que les bénéfices sont reversés aux Restos du Coeur.

Ces derniers jours a été mis en ligne un nouveau site internet, UnGrandPresident.fr, qui nous présente « le bilan d’un grand président ». Satirique, le site veut raviver la défiance des électeurs envers le président sortant, en leur rappelant que « avant d’aller voter, il est bon de se souvenir et de faire le bilan du Sarkozisme« . Pour ce faire, le site présente 12 vidéos d’animation qui reviennent sur certains des points les plus contestés de la présidence de Nicolas Sarkozy : bouclier fiscal, réduction des effectifs dans les hôpitaux, réintégration de la France dans l’OTAN, augmentation du chômage, affaire du Mediator, perte du triple A…

Le site est très simple dans sa conception et va à l’essentiel, mais a clairement exigé d’importants moyens pour la réalisation des animations. Or on n’en connaît pas les auteurs. Il est signé par « Les Artistes Anonymes », ce qui est un nom souvent repris qui ne permet évidemment pas d’identifier les auteurs ou ceux qui les ont financés, à des fins électorales. Les artistes sont désignés par leur prénom ou leur pseudonyme, sans qu’il soit possible de faire des rapprochements.

De même, le Whois du nom de domaine nous apprend que le propriétaire du site UnGrandPresident.fr a souhaité protéger son anonymat auprès de son registrar, OVH. On sait simplement que le nom a été réservé le 8 février 2012 :

Or il n’est pas certain que la campagne électorale gagne en qualité si ceux qui y participent aussi activement se réfugient derrière l’anonymat pour porter leurs piques. Le débat démocratique officiel se doit d’être à visage découvert, particulièrement lorsque les frais de campagne sont remboursés avec l’argent du contribuable.

Comme nous le disions hier à propos d’une (très bonne) vidéo du Parti Socialiste, la campagne s’ouvre sur une nouvelle période d’égalité des temps de parole à la télévision et à la radio, qui incite les partis politiques à concentrer les moyens de leurs communications sur Internet. Mais il ne faudrait pas que cette exploitation d’Internet se fasse au détriment du respect de l’éthique républicaine.

Ce serait le meilleur service rendu au CSA qui rêve de réguler Internet comme il régule la radio et la télévision.

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