Les auteurs du site PornVisit.com, qui proposait des contenus pornographiques en streaming et en téléchargement, ont été condamnés à verser 4 millions de dommages et intérêts à l'un des producteurs dont les films étaient diffusés sans autorisation.

C’est l’un des jugements les plus sévères en matière de lutte contre le piratage, et certainement le plus lourd s’agissant de l’industrie pornographique. USA Today rapporte que le couple de Californiens responsable de l’édition du site PornVisit.com a été condamné à payer 4 millions de dollars de dommages et intérêts au producteur FraserSide, filiale du groupe Private Media.

Ce dernier, il y a encore deux ans, expliquait que le piratage était une excellente publicité pour ses contenus érotiques. Mais il parlait alors du partage gratuit en P2P, et non des sites qui exploitent des contenus pour les revendre sans autorisation, et donc sans rémunérer le producteur.

FraserSide, qui détient les droits de 75 films pour adultes aux Etats-Unis et ceux de différents contenus distribués dans 45 pays, reprochait à PornVisit.com de diffuser illégalement 19 de ces films. Selon le jugement, 2 à 3 % des visiteurs du site pornographique achetaient des abonnements dont le montant variait entre 3,95 $ pour deux jours d’accès et 100 $ pour six mois. Par ailleurs, le site aurait réalisé 720 000 dollars de chiffre d’affaires annuel en recettes publicitaires.

« Les pirates des temps modernes en cause dans ce procès ne portent pas de tricornes et n’extraient pas leurs butins mal acquis à coups de coutelas, mais avec une souris et Internet« , a écrit le juge qui a accordé les dommages et intérêts maximaux autorisés par la loi, de 150 000 dollars par film contrefait. « Néanmoins, leur vol de propriété est tout aussi lucratif que celui de leurs aînés à l’âge d’or de la piraterie« .

En plus des 2,85 millions de dommages et intérêts pour l’ensemble des 19 films pornographiques piratés, le juge a accordé 1,14 million de dollars pour violation de la marque FraserSide.

Selon l’avocat du plaignant, le couple qui opérait PornVisit.com a fermé ce site-là, mais continue sur le même modèle avec PornVisitHD.com.

En 2010, une grande réunion des pontes de l’industrie pornographique avait eu lieu à huis clos à Tucson, en Arizona. Les producteurs s’étaient donnés pour objectif de parvenir à une réduction « significative du piratage numérique des contenus pour adulte et s’attaquer vraiment à ceux qui se livrent au piratage de ces contenus d’ici janvier 2012« .

En France, l’industrie pornographique n’a pas accès aux services de l’Hadopi pour défendre ses droits.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés