Pour le président de Private Media Group, le piratage est un excellent moyen pour promouvoir des contenus et se faire de la publicité facilement. Les échanges illicites sur peer-to-peer ne peuvent pas être vaincus ; selon lui, il es essentiel que les industries s'adaptent en explorant de nouvelles voies et en élaborant de nouveaux modèles économiques.

D’ordinaire, les industries culturelles sont farouchement opposées au piratage des contenus. Elles considèrent que les échanges gratuits de fichiers multimédias sur les réseaux peer-to-peer sont à l’origine de leurs difficultés. Pour s’en sortir, il est donc capital de lutter contre le piratage pour ne plus subir d’importantes pertes, selon l’axiome désormais bien connu qu’un fichier téléchargé est une vente perdue dans le commerce.

Cependant, cette opinion n’est pas partagée par l’ensemble de l’industrie de contenu. Des voix discordantes s’élèvent pour tenir un autre discours, à contre-courant de la tendance générale. Si la grande partie de ces « trublions » est issue de l’industrie culturelle traditionnelle, d’autres viennent d’industries de contenu moins attendues.

C’est le cas du directeur exécutif de Private Media Group, un groupe spécialisé dans les contenus pour adultes. Selon Berth Milton, le piratage sur Internet est une bonne occasion de promouvoir des contenus et de se faire une publicité à moindre frais.

« Nous serons très contents de voir de plus en plus de personnes pirater nos contenus et de plus en plus d’entre eux les apprécier » a déclaré Berth Milton dans un entretien accordé à NewTeeVee. Une position qui détonne à l’heure où les industries pornographiques se dressent également contre le piratage.

« Je pense que c’est une bataille perdue d’avance. Je regarde mes propres enfants, parce que c’est le meilleur moyen de savoir comment le marché évolue. Ça ne sert à rien si je leur dit que c’est illégal de télécharger. Dès qu’ils ferment la porte de leur chambre, ils téléchargent« .

Avant d’ajouter « qu’ils ne sont pas effrayés si quelqu’un piste leur adresse IP. Ils s’en moquent tout simplement. C’est un nouveau monde et nous devons l’accepter » a-t-il conclu. Pour le président de Private Media Group, il est donc essentiel que l’industrie du divertissement explore de nouvelles voies, élabore de nouveaux modèles économiques, puisque cette bataille du piratage ne peut pas être remportée.

Les propos de Private Media Group ne sont cependant pas si surprenants au regard de l’historique de la société. En 2002, le groupe avait essayé de se rapprocher de Napster, l’un des tous premiers services peer-to-peer à être massivement adopté par les internautes. À l’époque, le groupe aurait proposé un million d’actions à 2,41 dollars l’action pour acquérir le logiciel.

La position de Berth Milton tranche donc avec la politique en vigueur dans l’industrie pornographique. Cette année, une campagne vidéo mettant en scène différentes célébrités du monde du X cherchait à prévenir les internautes des risques du téléchargement illicite. Le message était alors limpide : téléchargements illégaux = vol ».

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