Orange généralise son outil de surveillance à des fins publicitaires. L'opérateur a décidé d'activer par défaut son système permettant de connaître plus en profondeur les activités en ligne de ses clients. Ces derniers pourront toujours s'en désinscrire, mais la procédure permettant de le faire n'est pas des plus pratiques. Il faut en effet un courrier par la poste là où une simple page web dans le compte client aurait suffi.

Mise à jour – La réaction d’Orange n’aura pas tardé. Selon les informations recueillies par le magazine ZDNet, l’opérateur dément les informations rapportées par Reflets.

L’article des CGV en question n’est pas nouveau : il daterait en réalité de 2008. Par ailleurs, les données collectées par l’opérateur ne concerne « en rien » la navigation de l’internaute.

Il s’agit plutôt de données techniques liées au trafic permettant de fournir des offres commerciales « mieux adaptées au client« , en fonction de paramètres divers (consommation mobile par exemple). Les informations recueillies dans ce cadre sont réservées à un usage interne de l’entreprise.

Elles ne sont ni cédées ni vendues et ne sont pas utilisées dans le cadre de campagnes publicitaires ciblées. Cependant, Orange reconnaît que la formulation de l’article en question gagnerait en clarté et en précision pour éviter des interprétations faussées. Sur le changement de l’opt-in vers l’opt-out, Orange reste toutefois silencieux.

Sujet – Si Orange comptait activer par défaut son outil de surveillance à des fins publicitaires en toute discrétion, c’est raté. En effet, un changement dans les nouvelles conditions générales de vente a été repéré par le site Reflets, révélant une nouvelle approche du fournisseur d’accès à Internet en matière d’espionnage. Désormais, le consentement préalable de l’abonné (opt-in) ne sera plus demandé.

Le passage en question dans les nouvelles conditions générales de vente est le suivant : « par l’acceptation de cette offre, vous autorisez France Télécom à utiliser les données relatives à votre trafic afin de pouvoir vous proposer les produits ou services de France Télécom pouvant répondre à vos besoins, et ce pour une durée de douze (12) mois à compter de leur émission« .

En généralisant son outil à l’ensemble de ses abonnés, cela va représenter pour Orange un volume d’informations très important à traiter. L’opérateur compte en effet près de 9,3 millions d’abonnés haut débit dans l’Hexagone, selon des données datées du printemps 2011. Cependant, les abonnés ne souhaitant pas participer à ce mécanisme pourront demander à l’opérateur d’en être exclus.

Mais au lieu de proposer une bête page web, tout simple et accessible facilement depuis son compte client, Orange a visiblement choisi la complication. C’est en effet la voie postale qui est privilégiée. « Vous pouvez vous opposer à cette utilisation à tout moment en contactant l’Orange Service Clients – Gestion des données personnelles – 33734 Bordeaux cedex 9 » peut-on lire dans les CGV.

C’est à se demander si Orange ne cherche pas à dissuader ses abonnés de se désengager de son outil de surveillance. Car non content d’activer ce mécanisme d’espionnage par défaut, l’opérateur ne rend pas la désinscription accessible. Et de plus, combien d’abonnés Orange seront-ils vraiment attentifs à cette mise à jour des CGV ? Combien liront avec attention le mail envoyé par l’opérateur ?

C’est un glissement important de la part du premier FAI de France, car le mécanisme qu’il met en œuvre repose ni plus ni moins sur une architecture conçue pour inspecter en profondeur les paquets (DPI) échangés sur Internet. Cela permet ainsi à Orange de scruter avec attention tout ce que fait l’abonné depuis son accès à Internet, de voir quels sites il visite et quelles pages il regarde.

L’objectif n’est pas pas tant de fliquer l’abonné et de restreindre ses activités en ligne que d’en tirer profit. Avec une connaissance plus précise des centres d’intérêt de chacun de ses clients, l’opérateur pourra par exemple diffuser des publicités personnalisées sur son portail ou, pourquoi pas, sur les services dans lesquels il a une participation (Dailymotion et Deezer).

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