Google va mettre en place ses nouvelles règles de confidentialité et de vie privée le 1er mars. Unifiées et simplifiées, elles suscitent malgré tout quelques inquiétudes bien légitimes. Les CNIL européennes souhaitent pouvoir ausculter dans le calme ces changements et demandent en conséquence "une pause" au géant du net.

Le 1er mars prochain, les nouvelles règles de confidentialité établies par Google entreront en vigueur. L’entreprise américaine, qui a démarré ces derniers jours une communication importante pour prévenir les internautes, compte en effet simplifier grandement sa politique concernant protection de la vie privée. Les différents réglements seront ainsi fusionnés et le document final sera fortement allégé.

Si l’on ne peut que se féliciter des efforts de Google d’aller vers plus de simplicité, cela ne veut pas forcément dire qu’il y aura mécaniquement une extension de la protection que fournit actuellement le géant du net à ses utilisateurs. Cela pourrait même se traduire par l’effet inverse, dans la mesure où Google va pouvoir croiser toutes les informations sur une même personne, via ses différents services.

Les inquiétudes récentes exprimées par les élus américains se retrouvent aussi en Europe. Le groupe de travail Article 29, chargé de coordonner la protection des données personnelles au sein de l’Union européenne, craint aussi les futurs changements que Google prévoit de faire. L’organisme, qui rassemble toutes les autorités de contrôle européennes, a ainsi envoyé un courrier (.pdf) à Larry Page.

« Compte-tenu de la grande variété de services que vous offrez, et au regard de la popularité de ces services, les changements dans votre politique de confidentialité peuvent affecter de nombreux citoyens dans la plupart ou dans la totalité des pays membres de l’Union européenne » écrit le G29.

« Nous souhaitons vérifier les conséquences possibles pour la protection des données personnelles des citoyens au travers une procédure coordonnée. Nous avons donc demandé à l’autorité de contrôle française, la CNIL, de prendre les devants. La CNIL a aimablement accepté cette tâche et sera votre contact pour l’ensemble des autorités de protection des données européennes » poursuit la missive.

« À la lumière de ce qui précède, nous appelons à une pause jusqu’à ce que nous ayons terminé notre analyse, afin de s’assurer qu’il ne peut y avoir aucun malentendu sur les engagements de Google pour le droit à l’information de ses usagers et des citoyens européens« . Reste désormais à savoir si le géant du web acceptera de suspendre provisoirement la mise en place de ses nouvelles règles.

Coïncidence du calendrier, la révision des règles de confidentialité qui déterminent la politique de Google sur ses services survient au moment où l’Union européenne révise le cadre juridique régissant la protection des données personnelles, malgré les réserves appuyées de la CNIL sur le sujet.

Dans les grandes lignes, le nouveau document défendu par la Commission européenne englobe le droit à l’oubli, la portabilité des données d’un service à un autre, le consentement préalable (opt-in) mais aussi des sanctions financières lourdes contre les individus et les entreprises qui contreviendraient aux nouvelles règles de l’Union européenne.

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