La volonté de Nicolas Sarkozy d'aller plus en avant avec l'Hadopi a fait réagir l'opposition. Le député socialiste Patrick Bloche, très impliqué lors des débats parlementaires sur la riposte graduée, a déploré le manque de vision du président de la République sur la rémunération de la création à l'ère numérique.

Vendredi, Nicolas Sarkozy s’est rendu au Forum d’Avignon où se sont tenues les rencontres internationales de la culture, de l’économie et des médias. À cette occasion, il s’est félicité de l’action de la majorité présidentielle face au piratage, affirmant que la loi Hadopi avait permis de faire reculer ce phénomène de 35 %. Le chef de l’État a alors affirmé être prêt à soutenir une loi Hadopi 3 pour s’attaquer au streaming.

Les projets du président de la République à l’égard du streaming ont suscité de multiples réactions, dont celle de Patrick Bloche. Le député socialiste, qui s’était fortement impliqué en 2009 lors de l’examen du projet de loi Hadopi au parlement, s’est fendu d’un communiqué dans lequel il déplore un retour « dans le passé » avec un possible troisième acte de la riposte graduée.

« Il ressort du discours de Nicolas Sarkozy qu’il vient de découvrir le streaming… qui serait basé, selon lui, sur « l’idéologie de l’argent : je vole d’un côté et je vends de l’autre ». C’est un peu court » a-t-il annoncé. Les plates-formes spécialisées comme Dailymotion ou YouTube, les services télévisés sur box ou les sites de télévision de rattrapage apprécieront le regard porté sur eux : idéologie de l’argent et vol.

Déplorant que Nicolas Sarkozy « a, une nouvelle fois, manqué l’occasion de faire un grand discours sur la culture et le numérique« , le vice-président du Parti socialiste en charge de la culture a rappelé que son parti politique avait « longuement indiqué au gouvernement que se focaliser sur le P2P sans voir le développement du streaming était ridicule« . Une situation que le gouvernement cherche désormais à patcher avec Hadopi 3.

« En refusant de faire évoluer les modalités de la rémunération des auteurs et des ayants droit en fonction des usages de nos concitoyens, l’exécutif multiplie les annonces et les lois de retardement qui non seulement sont inutiles et inefficaces mais, de surcroît ne rapportent pas un euro à la création » ajoute-t-il, espérant qu’une nouvelle majorité se forme en 2012 pour aborder l’enjeu de la rémunération de la création à l’ère numérique.

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