La santé financière de Wikileaks se dégrade. Sous blocus financier, le site ne perçoit désormais qu'une infime partie des dons qu'il recevait auparavant. Faute de moyens, Wikileaks doit geler ses activités temporairement.

Cela fait maintenant plusieurs mois que Wikileaks n’a pas publié de nouvelles révélations d’envergure, et la situation devrait perdurer encore pendant plusieurs mois. Sur sa page d’accueil, le site de Julian Assange annonce que la diffusion de documents confidentiels est suspendue jusqu’à nouvel ordre. Wikileaks traverse en effet une mauvaise passe, étant la cible d’un blocus financier depuis près de dix mois.

« Nous sommes forcés de suspendre temporairement les publications, le temps d’assurer notre survie financière. Pendant presque 1 an nous avons combattu un blocage financier illégal. On ne peut pas autoriser de grandes entreprises financières américaines décider comment le monde entier utilise son porte-monnaie. Notre combat est couteux » peut-on lire sur le site.

Face aux difficultés financières croissantes du site, Julian Assange s’est résolu à publier une vidéo dans laquelle il explique que 95 % des dons que recevait habituellement Wikileaks sont désormais entravés par les principaux opérateurs financiers du monde. Seuls 5 % des versements, qui passent par des services financiers alternatifs, arrivent effectivement sur le compte de l’organisation.

Les responsables de cette situation sont connus. Il s’agit de Visa, MasterCard, PayPal, Western Union et la Bank of America. Pour Julian Assange, il n’y a aucune base légale qui justifie le comportement de ces cinq grands opérateurs. D’ailleurs, Wikileaks a engagé avec l’entreprise islandaise DataCell, chargée de collecter les dons destinés au site web, des procédures judiciaires pour obtenir la levée du blocus.

D’aucuns estiment que le blocage financier instauré autour de Wikileaks a été piloté par les autorités américaines, agacées par les révélations gênantes de l’organisation. Ces dernières années, le site a en effet publié des milliers de télégrammes diplomatiques issus du département d’Etat mais aussi une multitude de documents militaires concernant les guerres d’Irak et d’Afghanistan.

En attendant, le financement du site doit se poursuivre coûte que coûte, puisqu’il faut 2,5 millions d’euros (3,5 millions de dollars) pour tenir jusqu’en 2013. Julian Assange appelle une nouvelle fois les internautes à se mobiliser autour de Wikileaks. Une page destinée aux dons fait le point sur les services financiers permettant de verser de l’argent, à l’image de Bitcoin, Flattr, BoxPay ou encore MoneyGram.

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