Le trafic BitTorrent est essentiellement local, et rentable
Guillaume Champeau -
publié le Vendredi 19 Août 2011 à 11h25 -
posté dans Peer-to-Peer
Même s'il représente une part importante de la bande passante utilisée, le P2P reste une technologie rentable pour les fournisseurs d'accès à Internet. Une étude menée pendant 2 ans sur 500 000 abonnés à travers le monde conclut en effet que les échanges sur BitTorrent restent essentiellement locaux, et quittent rarement la partie du réseau sur lesquels les échanges de données sont gratuites pour l'opérateur de l'abonné.
L'explication est simple, et rejoint ce que nous avions dit en début d'année pour expliquer que le P2P est le meilleur garant de la neutralité du net. Contrairement à ce que l'on peut croire instinctivement, les échanges de données sur le réseau BitTorrent ne sont pas anarchiques et internationaux, mais gérés de manière à rester localisés sur un même réseau, ou sur un ensemble de réseaux sur lesquels figurent des accords de peering. Ces accords s'assurent que les échanges de données entre deux opérateurs soient gratuits, dès lors qu'ils représentent à peu près les mêmes volumes en montée et en descente. Les FAI payent lorsqu'ils doivent envoyer ou recevoir des données à l'extérieur, en achetant du trafic aux fournisseurs de "Tier 1", mais pas lorsque le trafic reste concentré sur leur propre réseau, ou par échange de bons procédés avec d'autres fournisseurs de "Tier 2". Or selon l'étude menée par l'Université de Northwestern et par Telefónica Research, 32 % du trafic BitTorrent ne quitte jamais le pays d'origine, et 41 % supplémentaires ne traverse qu'un seul pays. La majorité du trafic reste au sein du même réseau. De plus en plus, les protocoles P2P privilégient les liens locaux, pour des raisons évidentes de rapidité, qui avantagent aussi les fournisseurs d'accès. En 2009, le fournisseur d'accès israélien Bezeq International avait même poussé le vice jusqu'à éditer les .torrent à la volée pour inciter les logiciels de téléchargement à utiliser ses propres trackers, plus rentables. L'étude a été menée sur un échantillon de 500 000 internautes, répartis dans 169 pays. Elle démontre également que le volume global d'échanges sur BitTorrent a augmenté de 12 % entre 2009 et 2010, et que le volume horaire moyen de téléchargement est passé de 110 Mo/h à 139 Mo/h. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Le trafic BitTorrent est essentiellement local, et rentable»
C'est pas pour défendre Hadopi mais elle a été relativement claire dans sa communication à propos du P2P. La presse a tendance à généraliser technologie et usage. Sur un media généraliste, on pourrait y trouver une excuse (quoique), mais sur un média spécialisé comme vous, c'est étonnant.
La Hadopi n'est pas contre le P2P, la preuve est qu'elle a labellisé http://www.hadopi.fr...abellisees.html qui utilise largement le P2P dans son moteur de download. Le raccourci et le mélange des concepts devrait murir un peu dans l'esprit des journalistes, pour le bienfait des valeurs saines comme l'équilibre et la performance des réseaux. Cet article mériterait une sérieuse révision C'était la bête noire pour des raisons de congestion (trop grande consommation aux mêmes heures), pas pour des raisons de coûts de bande passante.
Ce ne serait pas plutôt :
[...]éditer les .torrent à la volée pour inciter les logiciels de téléchargerment à utiliser ses propres[...] Spyou, le 19/08/2011 - 11:31
Avant l'avènement de youtube & compagnie qui posent des problèmes de concentration des sources de trafic, le P2P était la bête noire des FAI. Il n'y a pas vraiment de raison que ça ai changé entre temps Le haut du tableau des consommations constituerons toujours à la fois une bête noire et un moteur de croissance d'un écosystème qui dépasse les seuls FAI. Autrefois, c'était le P2P, maintenant c'est la vidéo qui a écraser tout. Il y a quelques années le P2P n'était pas aussi performant, il était moins professionnel et pas toujours ISP-friendly (vas-y que je te mets 1000 connexions simu pour aller plus vite !). A l'heure des services comme Spotify, Blizzard ou Skype, le P2P est quelquechose de très sain pour le fournisseur d'accès qui cherche à optimiser les coûts tout en fournissant la meilleure qualité de service à leurs abonnés. Oui, tout à fait, pour la bonne et simple raison que le coût de la bande passante n'est absolument pas un problème, que ce soit pour le streaming ou le peer2peer.
Spyou: à moins qu'on s'appelle France Télécom et qu'on joue au con avec Cogent.
(cf: Youtube, Megaupload et plein d'autres sites transités par Cogent à moins de 30 ko/s) le P2P est le meilleur garant de la neutralité du net. (...) De plus en plus, les protocoles P2P privilégient les liens locaux, pour des raisons évidentes de rapidité, qui avantagent aussi les fournisseurs d'accès
Euh... j'y vois une légère contradiction, non ? (même si je suis d'accord avec le reste) C'est ce qu'on disait lors du débat sur l'article relatif à orange vs megaupload,
le fait de taper sur le p2p pousse les gens à utiliser désormais des services centralisés à l'étranger (sites ou VPN) => augmentation du coût pour les FAI. WickedFaith, le 19/08/2011 - 11:50 le P2P est le meilleur garant de la neutralité du net. (...) De plus en plus, les protocoles P2P privilégient les liens locaux, pour des raisons évidentes de rapidité, qui avantagent aussi les fournisseurs d'accès
Euh... j'y vois une légère contradiction, non ?Je ne crois pas, puisque là l'intelligence est bien dans l'application, pas dans le réseau. Si un autre protocole veut faire autrement pour la même chose, libre à lui. burnhead, le 19/08/2011 - 11:35
C'est pas pour défendre Hadopi mais elle a été relativement claire dans sa communication à propos du P2P. La presse a tendance à généraliser technologie et usage. Sur un media généraliste, on pourrait y trouver une excuse (quoique), mais sur un média spécialisé comme vous, c'est étonnant.Non justement, Numerama ne se limite pas à retranscrire la communication (propagande) de la HADOPI, ce site s'intéresse aussi aux faits. Et là c'est franchement difficile de ne pas voir que la communication de la HADOPI est totalement bidonnée, puisque les PV qu'elle a accepté de TMG ne concernent que le P2P. Toute l'usine répressive se concentre exclusivement sur le P2P. Alors ce que racontent les hadopistes, on s'en tape. Spyou, le 19/08/2011 - 11:42 Oui, tout à fait, pour la bonne et simple raison que le coût de la bande passante n'est absolument pas un problème, que ce soit pour le streaming ou le peer2peer.C'est pas vraiment du "cout" se serait plutôt de "l'investissement" : le re-dimenssionnement profitera à tout les usages et n'aura pas un effet ponctuel. lildadou, le 19/08/2011 - 12:23 Alors c'est quoi qui coute? Le re-dimenssionnement de l'infrastructure (routeur et tuyaux plus gros)? C'est pas vraiment du "cout" se serait plutôt de "l'investissement" : le re-dimenssionnement profitera à tout les usages et n'aura pas un effet ponctuel. Le renouvellement des routeurs, leur hébergement, les optiques qui vont dedans, les équipements WDM dans une seule longueur d'onde sur les fibres ne suffit plus, les équipes humaines, Mais ça il faudra le financer que ça soit pour du P2P ou autre chose (téléchargement direct, streaming...), cet autre chose coûtant par contre plus cher en transit.
"Même s'il représente une part importante de la bande passante utilisée,"
Ben non, justement. Ou du moins, l'utilisation de la bande passante est répartie : - géographiquement - en download et en upload Bref, tout le contraire du minitel 2;0 à la sauce Youtube ou MU et autres... Spyou, le 19/08/2011 - 11:31 Depuis quand le réseau national (ou européen) de l'opérateur ne coûte rien ?Il ne coûte pas rien. Mais il coûte moins cher que d'aller streamer depuis youtube. En gros, ce traffic est moins cher - donc plus rentable car vendu au même prix - que la plupart des autres types de traffic. Le résultat de cette étude est connu de façon informelle depuis longtemps (j'en avait déjà parlé dans le forum). une grande partie du contenu étant localisé, les échanges sont majoritairement locaux. En effet, aux USA, peu de gens s'échangent des films en VF ou VOSTFR et vice versa. De plus, les sources de torrent sont elles aussi localisées. Ce qui fait que même dans le cas ou le contenu ne l'est pas, le phénomène se produit en partie. Toto, le 19/08/2011 - 13:09 "Même s'il représente une part importante de la bande passante utilisée," Ben non, justement. Ou du moins, l'utilisation de la bande passante est répartie : - géographiquement - en download et en upload Bref, tout le contraire du minitel 2;0 à la sauce Youtube ou MU et autres... Et donc un (relatif mais réel) équilibre pour ce qui concerne le peering (cf la mauvaise foi de France Telecon) You Must be Logged in to Download a Document
Je voudrais pas faire mon bougon mais séquestrer les PDF derrière une clôture, ça le fait moyen question web ouvert. Je le comprends s'il n'existe pas d'autre voie d'accès (l'uploader est à blâmer d'avoir choisi ce moyen, pas Nume). Je comprends l'argument du trafic local.
Mais comment on passe de ça à la rentabilité ? Imaginons que les freenautes ne fassent du p2p qu'avec les autres freenautes. Free n'aurait effectivement rien à payer aux autres FAI. Mais un accroissement du trafic p2p obligerait Free à augmenter la taille et la capacité de ses infrastructures. Et s'ils ne changent pas leur tarif, la rentabilité diminue automatiquement (plus de dépenses, autant de recettes).
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Ce n'est pas parce que le trafic passe sur des points de peerings ou des PNI qui ne font pas l'objet d'une facturation à l'usage qu'il ne représente aucun coût.
Avant l'avènement de youtube & compagnie qui posent des problèmes de concentration des sources de trafic, le P2P était la bête noire des FAI. Il n'y a pas vraiment de raison que ça ai changé entre temps