France Télécom et Free ont signé un accord portant sur le co-financement de la fibre optique dans les zones peu denses. Le fournisseur d'accès à Internet pourra n'investir qu'à hauteur des lignes nécessaires pour servir ses abonnés, contrairement aux zones très denses où chaque opérateur doit déployer son propre réseau.

France Télécom et Free ont beau être rivaux dans les télécommunications, cela ne les empêche pas de se retrouver lorsque leurs intérêts convergent. Si la compétition est vive pour déployer le très haut débit dans les zones très denses, les deux opérateurs ont fait le choix de l’efficacité et du pragmatisme pour les régions moins peuplées. France Télécom et Free ont annoncé qu’ils allaient co-investir pour accélérer le déploiement de la fibre.

L’accord signé entre France Télécom et Free porte sur les réseaux FTTH (Fibre to the Home – la fibre jusqu’au foyer). Au total, près de 1 300 communes, regroupées au sein d’une soixantaine d’agglomérations et situées en dehors des zones très denses, sont concernées par cette mutualisation des efforts. Cela représente environ cinq millions de logements.

À la différence des zones très denses, où chaque opérateur doit déployer un réseau jusqu’aux habitations et pour la totalité des lignes, le schéma de co-financement permet à Free de n’investir qu’à hauteur des lignes nécessaires pour servir ses abonnés. Une solution très économique pour l’opérateur, qui lui permet dans un premier temps de se concentrer sur sa clientèle.

« Cet accord permet d’initier les déploiements FTTH en dehors des zones très denses de manière rapide, économiquement raisonnable et avec l’adhésion forte, dès l’origine, des opérateurs co-financeurs Free et France Télécom-Orange« . « Cette mise en commun des moyens permet de déployer un réseau unique et mutualisé entre les répartiteurs optiques et les abonnés, et de desservir ainsi une population plus large » estime (.pdf) Free.

Dans un communiqué, l’Arcep fait part de sa satisfaction de voir les deux opérateurs s’accorder pour la fibre optique en zone peu dense. L’Autorité des télécoms considère que ces « co-financements dans les déploiements FTTH vont contribuer à l’émergence d’un marché de gros dans ces zones, permettant une animation concurrentielle au bénéfice des consommateurs« .

La mutualisation des efforts zone peu dense avait été encouragée très tôt par l’Arcep. L’an dernier, un cadre avait été mis en place pour assurer dans de bonnes conditions le déploiement de la fibre optique dans des régions qui sont moins rentables économiquement pour les opérateurs. Avec ce premier accord, l’Arcep espère que d’autres fournisseurs d’accès à Internet suivront le mouvement.

Le développement du très haut débit en France a fait l’objet récemment d’un rapport très critique. La Commission sénatoriale en charge de l’aménagement du territoire avait pointé du doigt les difficultés croissantes dans la fibre optique et avait préconisé une série de mesures visant à redresser la barre. Hervé Mauray allant jusqu’à prévenir que le retard de la France pouvait être irréversible.

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