Alors que le projet de fusion historique entre Paramount et Warner Bros Discovery semblait sur une voie royale après le feu vert des États-Unis, un obstacle inattendu surgit de l’autre côté de l’Atlantique. Le gouvernement britannique menace d’intervenir et de geler l’opération, mettant en péril un deal global à 110 milliards de dollars.

Le vent tourne pour les géants d’Hollywood, comme on peut le découvrir dans EconomicTimes ce 1er juillet 2026. La ministre britannique de la Culture et des Médias, Lisa Nandy, a officiellement sifflé la fin de la récréation en annonçant être « encline à intervenir » dans le projet de fusion entre Paramount Skydance et Warner Bros Discovery.

Londres a fixé un ultimatum ultra-serré au 6 juillet 2026 pour que les deux studios répondent aux inquiétudes de l’exécutif, sous peine de voir l’accord bloqué par une enquête approfondie. Si la transaction à 110 milliards a déjà été validée par la division antitrust du ministère de la Justice américain (DOJ) et se trouve en excellente voie à Bruxelles, la position stricte du Royaume-Uni fait planer le spectre d’un coup d’arrêt majeur.

Cette prise de position rappelle l’intercession spectaculaire de l’autorité antitrust britannique (la CMA) en 2023, qui avait temporairement paralysé le rachat d’Activision Blizzard par Microsoft, forçant le géant de la tech à restructurer entièrement son offre mondiale.

Le pluralisme de l’information et le streaming dans le collimateur pour le rachat Paramount/Warner

L’argument principal de Londres repose sur l’impact potentiel de cette fusion Paramount/Warner sur le paysage audiovisuel local. Bien que l’accord soit de nature globale, ses ramifications nationales au Royaume-Uni sont immenses :

  • Télévision et Information : Paramount est propriétaire de Channel 5, l’une des grandes chaînes généralistes gratuites britanniques dotée de ses propres JT, tandis que Warner contrôle la puissante chaîne d’information CNN International.
  • Divertissement et Jeunesse : le mastodonte réunirait sous la même bannière des marques ultra-populaires comme TNT Sports, Cartoon Network et Nickelodeon.
  • Guerre des plateformes : L’entité fusionnée pèserait lourd en rassemblant les services Paramount+ et Max.

La ministre a souligné que la législation actuelle, principalement pensée pour les chaînes de télévision traditionnelles (linéaires), devait être modernisée pour mieux encadrer la vidéo à la demande et le contrôle des géants du streaming sur l’opinion publique.

Paramount+ et HBO Max vont-ils fusionner ? // Source : Numerama / Paramount / Hbo Max
Paramount+ et HBO Max vont-ils fusionner ? // Source : Numerama / Paramount / HBO Max

650 millions de dollars de pénalités par trimestre de retard

Sentant le vent du boulet réglementaire arriver, Paramount a tenté d’anticiper le coup. Pour rassurer les actionnaires de Warner Bros Discovery et afficher sa confiance, le studio a mis en place une pénalité financière de retard (ticking fee). Si l’accord ne se clôture pas comme prévu d’ici au 30 septembre 2026, Paramount s’engagera à verser 25 cents par action et par trimestre aux actionnaires de Warner, soit une facture salée d’environ 650 millions de dollars en cash chaque trimestre de retard.

De son côté, Paramount-Skydance se veut rassurant, affirmant que le deal ne pose aucun problème quant à la pluralité des médias, et se dit confiant quant au respect de son calendrier initial (qui vise une clôture définitive au troisième trimestre 2026).

La suite se jouera après la date butoir du 6 juillet. Si la ministre de la Culture britannique juge les réponses insuffisantes, elle déclenchera une enquête formelle de l’Ofcom (le régulateur des médias) et de la CMA. La CMA a d’ailleurs déjà anticipé en ouvrant une première phase d’analyse dont les conclusions sont attendues pour début août, ouvrant la voie à une potentielle enquête approfondie de plusieurs mois, sauf si les deux studios acceptent de vendre certains de leurs précieux actifs britanniques.

Comparatif svod // Source : Montage Numerama

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