Face à la hausse globale des températures, le marché des ventilateurs de poche bas de gamme qui se contentent de brasser de l’air chaud est en train de mourir. Cet été, la tendance est au premium. Lancé à 129 €, le Shark ChillPill se positionne frontalement face au tout nouveau HushJet Mini Cool de Dyson (119 €).
Pendant une semaine de forte chaleur, j’ai poussé l’appareil dans ses retranchements : au bureau, en balade, dans le métro et même durant la nuit. Voici mon verdict sur un appareil au design audacieux qui souffle le chaud et (surtout) le très froid.
Points forts
- Une polyvalence inégalée (3-en-1)
- L’efficacité bluffante de la plaque InstaChill
- La brume « Dry-Touch »
- Une excellente autonomie en ventilation
- Un design intelligent et robuste
- Le look et les finitions
Points faibles
- Un tarif très élevé
- Le coût exorbitant des accessoires
- Le bruit à pleine puissance
Un design « jumelles » ultra-polyvalent pour le Shark ChillPill
Visuellement, le Shark ChillPill surprend. Il se compose de deux cylindres reliés par une charnière centrale robuste, rappelant la forme de petites jumelles de voyage ou de théâtre.
- Le petit cylindre sert de poignée : il abrite la batterie, les commandes physiques, un interrupteur de verrouillage (indispensable pour éviter qu’il ne s’allume seul dans un sac) et un petit écran LED circulaire très lisible.
- Le grand cylindre accueille le moteur sans pale et reçoit les trois accessoires interchangeables qui se clipsent d’un simple quart de tour.
Grâce à sa charnière, le ChillPill est d’une polyvalence rare. Pliez-le à 90 degrés, et il se transforme en un parfait ventilateur de bureau ultra-stable, orientant le flux d’air précisément vers votre visage pendant que vous travaillez. Avec ses 350 grammes, il est un peu trop corpulent pour une poche de jean, mais il se glissera sans problème dans n’importe quel sac ou dans un pantalon de ville. Notez qu’il se décline en 8 coloris bicolores très réussis : les modèles Matcha et Marron Glacé ont particulièrement retenu mon attention.

Performance : Trois technologies pour terrasser le chaud
Le grand point fort du ChillPill réside dans ses trois modes de refroidissement, bien plus avancés que ceux de la concurrence.
1. Le ventilateur 10 vitesses
Le flux d’air atteint jusqu’à 27 km/h au niveau 10. C’est moins que le souffle de tempête du Dyson HushJet Mini (qui monte à 88 km/h en mode Boost), mais à l’usage, les niveaux 4 et 5 sont largement suffisants pour rafraîchir sans agresser les yeux.
Côté bruit, l’appareil affiche 43,4 dBA au niveau 1 et 70,5 dBA au niveau 10 (l’équivalent d’un aspirateur à pleine puissance). Le niveau maximal est donc à réserver pour l’extérieur ; en intérieur partagé, le niveau 5 reste supportable et génère un bruit blanc plutôt relaxant pour dormir. Dans le métro, on peut monter à 8 sans problème et sans gêner les gens.
2. La plaque InstaChill
Inspirée de la cryothérapie, cette plaque métallique remplace le ventilateur. C’est mon coup de cœur absolu. Une fois activée, elle devient glaciale en quelques secondes, simulant l’effet d’un pack de glace sorti du congélateur. Appliquée sur les points de pression (l’arrière du cou ou les poignets), elle procure un effet rafraîchissant immédiat. C’est l’arme absolue pour stopper un début de migraine ou calmer une bouffée de chaleur.
3. Le brumisateur « Dry-Touch »
Oubliez les sprays en plastique des kermesses de notre enfance. Le pod de brumisation utilise une technologie par évaporation. La brume est si fine qu’elle rafraîchit instantanément la peau sans jamais mouiller vos vêtements ni vos cheveux. Le réservoir de 14 ml offre 5 minutes de brume continue (et jusqu’à 10 minutes en mode alterné). Attention toutefois à garder une bouteille d’eau à portée de main pour recharger la micro-cuve en déplacement.

Autonomie, une excellente surprise
Le ChillPill encaisse de longues heures d’utilisation grâce à sa gestion d’énergie maîtrisée :
- En mode ventilateur seul (vitesse 5) : l’appareil a tenu 8 heures et 10 minutes en continu lors de mes tests (la marque promet jusqu’à 11 heures à la vitesse minimale). C’est bien supérieur aux 6 heures d’autonomie maximale du modèle Dyson.
- En mode plaque InstaChill : le refroidissement pousse la batterie dans ses retranchements, réduisant l’autonomie à 1 heure et 40 minutes. Cela peut sembler court, mais comme l’utilisation de la plaque se fait par sessions de 30 secondes sur la peau, cette autonomie s’avère amplement suffisante au quotidien.
- Recharge : comptez 3,5 heures via son port USB-C pour une recharge complète. Bonus appréciable : le ventilateur reste fonctionnel pendant la charge (ce qui n’est pas le cas de la plaque cryo).

Les quelques ombres au tableau
Le Shark ChillPill frôle le sans-faute, mais deux défauts viennent ternir le tableau. Tout d’abord, l’écran tactile/bouton d’allumage s’est montré parfois capricieux lors de mes tests, exigeant que l’on s’y reprenne à plusieurs reprises pour valider une action ou changer de mode.
Ensuite, et c’est le point noir majeur, la politique d’accessoires de Shark. Pour un produit vendu au prix premium de 129 €, la boîte n’inclut aucune sangle de transport. La pochette de transport fournie permet de ranger deux embouts, mais pas le ventilateur lui-même. Si vous désirez une dragonne, une bandoulière pour l’avoir sur vous en vacances, ou la pince de fixation (très pratique pour l’accrocher à un garde-corps de balcon, un vélo d’appartement ou une poussette), il faudra repasser à la caisse. Comptez entre 10 € et 40 € par accessoire propriétaire. La facture globale peut donc rapidement s’envoler vers les 200 €. C’est énorme pour un ventilateur portable de ce type.
Le verdict

Ninja Shark Chillpill
Voir la ficheOn a aimé
- Une polyvalence inégalée (3-en-1)
- L’efficacité bluffante de la plaque InstaChill
- La brume « Dry-Touch »
- Une excellente autonomie en ventilation
- Un design intelligent et robuste
- Le look et les finitions
On a moins aimé
- Un tarif très élevé
- Le coût exorbitant des accessoires
- Le bruit à pleine puissance
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