Le département des études, de la prospective et des statistiques (DEP) du ministère de la culture a remis les conclusions de son enquête sur le téléchargement sur les réseaux P2P. Elles confirment que les logiciels de partage de fichiers sont avant tout utilisés pour des motifs non financiers...

« Les internautes disent utiliser [les réseaux P2P] principalement pour explorer, échantillonner et pour profiter d’une offre de fichiers dont on peut
penser qu’elle est plus satisfaisante pour eux que d’autres offres disponibles.
L’utilisation de ces réseaux pour télécharger des fichiers se substituant à l’achat de supports physiques en magasin ou en ligne est déclarée comme moins essentielle pour eux.
« .

L’étude (.pdf) signée par Yann Nicolas a de quoi briser la dynamique de propagande dans laquelle s’est installée l’industrie culturelle contre le Peer-to-Peer. Elle révèle ainsi que « le motif financier ( » pour éviter de
payer « ), celui qui stimule prioritairement les  » passagers clandestins  » ou les  » pirates « , n’est pas le motif premier de téléchargement sur les réseaux de pair à pair
« . Le motif premier, c’est celui d’exploration. 60 % des internautes sondés téléchargent des œuvres « pour les découvrir et les tester« . La proportion monte à 75 % chez les 25-35 ans.

Vient ensuite le motif d’offre (« parce que vous trouvez tout ce que vous voulez »), à 45 %. La BD que nous traduisions aujourd’hui montre à quel point cette problématique est importante. Elle est également complexe à résoudre, puisque concurrencer le catalogue quasi-illimité du P2P demande aux professionnels de la culture de revoir à la fois leur modèle économique et une grande partie des contrats qu’ils ont passé avec différents ayants droit.

Pour le ministère de la culture, la pratique du P2P peut « permettre d’accentuer les goûts des internautes pour le cinéma, les jeux vidéo et la musique ainsi que davantage les informer sur l’existence de tel ou tel produit culturel. « Les fonctions d’information sur les biens culturels et de découverte sont bien prépondérantes sur les réseaux de pair à pair« , conclue le DEP.

Finalement, le rapport note l’impact négatif du téléchargement sur les ventes de produits physiques (CD, DVD, jeux-vidéo…), mais il constate parallèlement l’effet positif produit sur tout ce qui ne peut pas être téléchargé : sortie au cinéma, spectacle musical, écoute de radios musicales…

Alors, le P2P est-il le diable de la culture ?

Difficile de répondre à cette question, puisque les poursuites judiciaires lancées par l’industrie ont eu pour effet de totalement brouiller les cartes, à défaut d’avoir le moindre effet sur le P2P. Ainsi le DEP nous met en garde. Leurs résultats « ne peuvent pas être considérés comme une photographie des comportements réels des internautes en question, d’autant que l’interrogation a été faite dans un contexte particulier de campagne politique et commerciale, et d’actions judiciaires à l’égard de la contrefaçon numérique d’œuvres protégées« .

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