Télécharger Google Art Project : un script PHP

Guillaume Champeau - publié le Mardi 08 Février 2011 à 14h16 - posté dans Société 2.0

Google va-t-il tenter d'en empêcher l'utilisation, ou même attaquer en Justice ceux qui l'utilisent pour partager les oeuvres du domaine public ? Alors que l'interface en Flash l'interdit en principe, un script PHP permet à qui le souhaite de télécharger les versions haute résolution des tableaux numérisés dans Google Art Project.

Il ne faut jamais sous-estimer la capacité d'adaptation des internautes qui défendent le libre partage des oeuvres, qui plus est lorsqu'il s'agit d'oeuvres du domaine public. Ce matin, nous racontions grâce à nos amis d'Ecrans comment Google Art Project avait été piraté, d'une manière très artisanale. Puisque l'interface en Flash de l'application ne permet pas de télécharger les oeuvres pour les consulter hors ligne, et surtout pour les exploiter en dehors de l'interface propriétaire de Google, un passionné avait décidé de copier-coller minutieusement chaque partie d'une oeuvre pour la reconstituer au prix de milliers de clics. Ce matin, 15 oeuvres étaient ainsi numérisées, sur les quelques 1061 proposées en haute-définition par la firme américaine.

Quelques heures plus tard, la solution vient de Bohwaz. Le blogueur a mis au point un guide très simple d'emploi (sous Linux) pour automatiser le téléchargement et la reconstitution des oeuvres haute résolution de Google Arts Project. Il se base sur un script PHP mis dans le domaine public il y a déjà une semaine :

  • Sous Linux avec PHP, il faut installer ImageMagick (apt-get install php5-cli imagemagick) ;
  • Puis télécharger ce script, et le copier dans un fichier "gap_download.php" ;
  • Lancer cette ligne de commande avec l'URL de l'oeuvre voulue (par ex. http://www.googleartproject.com/museums/rijks/night-watch) :
    $ php gap_download.php http://www.googleartproject.com/museums/rijks/night-watch

L'image sera alors téléchargée morceau après morceau, et reconstituée pour générer une oeuvre au complet. Reste à voir cependant la légalité d'une telle procédure. Outre la question des droits sur les images haute résolution d'oeuvres du domaine public (qui n'est pas franchement tranchée par la jurisprudence), se pose celle du contournement des mesures techniques de protection et de l'amendement Vivendi. Peut-on considérer que le script constitue, au sens de l'amendement Vivendi, "un dispositif manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisée d'oeuvres ou d'objets protégés" ?

Publié par Guillaume Champeau, le 8 Février 2011 à 14h16
 
 
37
Commentaires à propos de «Télécharger Google Art Project : un script PHP»
 

1
2
Pour info le script ne vient pas d'anonymous du tout, c'est juste super simple de s'interfacer avec les données de Google Art. Et il n'y a aucune protection du contenu, les fichiers sources indiquant le nombre de "morceaux" (tiles) et leur géométrie sont disponibles simplement. Au final ce script ne fait rien de plus que ce que fait leur interface en flash, et donc votre navigateur. A mon sens la question ne se pose même pas, ces images sont de toutes façons téléchargées par votre navigateur lors de la consultation du site, donc les récupérer avec ce script n'est pas différent du tout.
Bah vu que tout ce qui est numérique est piratable, je propose d'arrêter d'empêcher d'accéder à tout contenu numérique.

Peut être une nouvelle ligne à mettre dans la charte des droits de l'homme non?
bohwaz, le 08/02/2011 - 14:27
Pour info le script ne vient pas d'anonymous du tout

"Paste #765: Google Art Project downloader script by Anonymous"

Tellement l'habitude maintenant que je me suis pas posé la question si c'était quelqu'un de non loggé tout simplement :D je corrige, désolé.
Les premiers responsables sont les musées, qui semblent ajouter des droits d'auteurs sur des oeuvres du domaine public. Car il est évident que si Google avait proposé sa galerie en utilisant des technos ouvertes (HTML, Ajax etc...), ces musées n'auraient jamais accepté le projet.

Maintenant, avec ce nouveau contournement, on risque bien de voir disparaître la galerie Google et, pour le coup, c'est bien tout le monde qui risque d'être privé de cette belle initiative. Les scripts kiddies sont un peu cons quelque fois :/
Voyons un peu se que fait notre butineur quand on consulte Google Art :
http://lh6.ggpht.com...rG0r-n=x1-y1-z1

La première partie de la requête identifie l'image, x1-y1 les coordonnées, et z1 la "profondeur" ou plutôt le niveau de détail. Nul besoin de "Imprime Ecran" à répétition :)
C'est marrant, je suis pas le seul type au monde à faire des scripts php à exécuter dans un terminal xD
c'est n'est pas l'oeuvre qui est téléchargée, mais sa reproduction.
Un photographe qui photographie un tableau ne devient pas propriétaire de l'oeuvre ; il est néanmoins sans conteste propriétaire de sa photographie. Il en va de même pour les musées auxquels un tel travail de numérisation haute définition coûte des sommes considérables. Les droits sur les clichés numérisés leur appartiennent, quand bien même les oeuvres sont dans le domaine public. Il en va tout autrement lorsque quelqu'un décide de céder à Wikimedia et en Creative Commons une photo qu'il a prise dans un musée, car c'est de son plein droit d'auteur qu'il décide de céder gratuitement son image et aux conditions qu'il a choisies.
roselan, le 08/02/2011 - 14:37
c'est n'est pas l'oeuvre qui est téléchargée, mais sa reproduction.
Toute reproduction nécessite une autorisation de l'auteur à l'exception de celles qui sont réalisées dans le cadre privé, ceci entre autres parce que l'on acquitte une redevance sur les supports destinés à cet usage, censée valoir rémunération des ayants droit pour l'acte de reproduction. En l'occurrence c'est l'auteur de la numérisation et non l'auteur de l'oeuvre qui est dans le domaine public qui est titulaire des droits de reproduction.
Makhno, le 08/02/2011 - 15:04
Un photographe qui photographie un tableau ne devient pas propriétaire de l'oeuvre ; il est néanmoins sans conteste propriétaire de sa photographie. Il en va de même pour les musées auxquels un tel travail de numérisation haute définition coûte des sommes considérables. Les droits sur les clichés numérisés leur appartiennent, quand bien même les oeuvres sont dans le domaine public. Il en va tout autrement lorsque quelqu'un décide de céder à Wikimedia et en Creative Commons une photo qu'il a prise dans un musée, car c'est de son plein droit d'auteur qu'il décide de céder gratuitement son image et aux conditions qu'il a choisies.
Donc, la photo d'une oeuvre du domaine publique n'est pas (forcement) du domaine publique. Et pourtant, je ne pense pas que l'on ait le droit de se pointer dans un musée pour prendre en photo une oeuvre... donc... le domaine publique ne sert à rien?
Makhno, le 08/02/2011 - 15:04
Un photographe qui photographie un tableau ne devient pas propriétaire de l'oeuvre ; il est néanmoins sans conteste propriétaire de sa photographie. Il en va de même pour les musées auxquels un tel travail de numérisation haute définition coûte des sommes considérables. Les droits sur les clichés numérisés leur appartiennent, quand bien même les oeuvres sont dans le domaine public. Il en va tout autrement lorsque quelqu'un décide de céder à Wikimedia et en Creative Commons une photo qu'il a prise dans un musée, car c'est de son plein droit d'auteur qu'il décide de céder gratuitement son image et aux conditions qu'il a choisies.
Le droit français précise que l'oeuvre doit être originale et refléter dans une certaine mesure la personnalité de son auteur. Or, la photo d'un tableau n'est finalement qu'un travail de technicien, avec le même niveau d'inspiration artistique qu'un type effectuant des photocopies ou qu'un peintre en bâtiment... :rolleyes:

Un restaurateur de tableau est finalement bien plus artiste, en plus d'effectuer un travail incomparablement plus lourd d'un coût exorbitant. Et pourtant, il ne conserve pas pour autant des droits sur le tableau, non ?

Le copyright sur les numérisations de tableaux n'est rien d'autre qu'un verrou artificiel visant à restreindre un peu plus l'accès au patrimoine de l'humanité aux personnes ne pouvant se déplacer dans les musées. On vit vraiment une époque formidable ! :rolleyes:

lildadou, le 08/02/2011 - 15:36
Donc, la photo d'une oeuvre du domaine publique n'est pas (forcement) du domaine publique. Et pourtant, je ne pense pas que l'on ait le droit de se pointer dans un musée pour prendre en photo une oeuvre... donc... le domaine publique ne sert à rien?
Si tu peux, tant que tu n'utilises pas de procédé altérant l'oeuvre comme un flash (comme peuvent malheureusement le faire nombre d'abrutis). Toute indication interdisant la prise de photos sans flash est clairement abusive.
lildadou, le 08/02/2011 - 15:36
Makhno, le 08/02/2011 - 15:04
Un photographe qui photographie un tableau ne devient pas propriétaire de l'oeuvre ; il est néanmoins sans conteste propriétaire de sa photographie. Il en va de même pour les musées auxquels un tel travail de numérisation haute définition coûte des sommes considérables. Les droits sur les clichés numérisés leur appartiennent, quand bien même les oeuvres sont dans le domaine public. Il en va tout autrement lorsque quelqu'un décide de céder à Wikimedia et en Creative Commons une photo qu'il a prise dans un musée, car c'est de son plein droit d'auteur qu'il décide de céder gratuitement son image et aux conditions qu'il a choisies.
Donc, la photo d'une oeuvre du domaine publique n'est pas (forcement) du domaine publique. Et pourtant, je ne pense pas que l'on ait le droit de se pointer dans un musée pour prendre en photo une oeuvre... donc... le domaine publique ne sert à rien?
A priori si. On peut prendre des photos dans les musées à condition de ne photographier que des oeuvres du domaine public. Ce qui peut-être parfois difficile à organiser pour les structures qui présentent toutes les époques. Il se peut aussi que par exemple La Joconde soit interdite de photographie pour éviter que la lumière trop forte des flashs ne l'endommage. Certains tableaux sont sensibles à la lumière. En fait je n'en sais rien mais en ce cas ça n'est pas une interdiction relevant de la propriété intellectuelle.
Makhno, le 08/02/2011 - 15:12
roselan, le 08/02/2011 - 14:37
c'est n'est pas l'oeuvre qui est téléchargée, mais sa reproduction.
Toute reproduction nécessite une autorisation de l'auteur à l'exception de celles qui sont réalisées dans le cadre privé, ceci entre autres parce que l'on acquitte une redevance sur les supports destinés à cet usage, censée valoir rémunération des ayants droit pour l'acte de reproduction. En l'occurrence c'est l'auteur de la numérisation et non l'auteur de l'oeuvre qui est dans le domaine public qui est titulaire des droits de reproduction.

Et bien s'ils ne veulent pas qu'on la reproduise, ils n'ont qu'a pas la diffuser au grand public. C'est quand même incroyable de toujours se plaindre du piratage ou de reproduction non autorisée, mais toutes ces grosses boites ont inventé et "démocratisé" les outils qui permettent à tout un chacun ayant un peu de compétence technique de copier ce qui est diffusé.
On peut prendre pour exemple sony, major de la musique et en même temps "inventeur" de la musique numérisée, donc de la technologie CD, donc du graveur de CD, donc du CD copié sur ordi. Et maintenant ils n'arrêtent pas de venir pleurer qu'on leur copie leurs ?uvres : et bien, ils n'avaient qu'à en rester au vinyle (donc la qualité sonore est bien meilleure, soit dit en passant). Certes on pouvait les copier avec des K7 audio, mais c'était lent, la qualité diminuait très sensiblement à chaque sous-copie, et ils se faisaient un pognon monstre (c'était l'âge d'or paraît-il).
Alors ils nous inventent des "progrès" (le CD à la durée de vie éternelle - mon cul), tout le monde achète et en profite (surtout les dividendes des actionnaires), bien entendu cela va bien au delà du "prévu" - le revers de la médaille - et après, ils ne sont pas content malgré les tombereaux de pognon qu'ils se sont mis dans la poche.
CounterFragger, le 08/02/2011 - 15:48
Makhno, le 08/02/2011 - 15:04
Un photographe qui photographie un tableau ne devient pas propriétaire de l'oeuvre ; il est néanmoins sans conteste propriétaire de sa photographie. Il en va de même pour les musées auxquels un tel travail de numérisation haute définition coûte des sommes considérables. Les droits sur les clichés numérisés leur appartiennent, quand bien même les oeuvres sont dans le domaine public. Il en va tout autrement lorsque quelqu'un décide de céder à Wikimedia et en Creative Commons une photo qu'il a prise dans un musée, car c'est de son plein droit d'auteur qu'il décide de céder gratuitement son image et aux conditions qu'il a choisies.
Le droit français précise que l'oeuvre doit être originale et refléter dans une certaine mesure la personnalité de son auteur. Or, la photo d'un tableau n'est finalement qu'un travail de technicien, avec le même niveau d'inspiration artistique qu'un type effectuant des photocopies ou qu'un peintre en bâtiment... :rolleyes:

Un restaurateur de tableau est finalement bien plus artiste, en plus d'effectuer un travail incomparablement plus lourd d'un coût exorbitant. Et pourtant, il ne conserve pas pour autant des droits sur le tableau, non ?

Le copyright sur les numérisations de tableaux n'est rien d'autre qu'un verrou artificiel visant à restreindre un peu plus l'accès au patrimoine de l'humanité aux personnes ne pouvant se déplacer dans les musées. On vit vraiment une époque formidable ! :rolleyes:
Tu décide à priori de la qualité artistique et de l'originalité des photographies et peut-être même de celle des technologies utilisées, ce qui a à voir avec le droit de propriété des clichés. C'est au moins à un juge de trancher ce type de situation. Et le Copyright n'a pas cours en France et en Europe à l'exception des trois pays de tradition anglo-saxones, Grande-Bretagne, Irlande et Malte. Enfin je ne vois pas en quoi l'accès aux oeuvres serait verrouillé. Bien au contraire il est libre sur Google Art Project et dans les musées qui participent à l'opération. Il s'agit plutôt du détournement du travail d'autrui voir de son exploitation mercantile qu'il s'agit d'éviter.
un, le 08/02/2011 - 16:02
Makhno, le 08/02/2011 - 15:12
roselan, le 08/02/2011 - 14:37
c'est n'est pas l'oeuvre qui est téléchargée, mais sa reproduction.
Toute reproduction nécessite une autorisation de l'auteur à l'exception de celles qui sont réalisées dans le cadre privé, ceci entre autres parce que l'on acquitte une redevance sur les supports destinés à cet usage, censée valoir rémunération des ayants droit pour l'acte de reproduction. En l'occurrence c'est l'auteur de la numérisation et non l'auteur de l'oeuvre qui est dans le domaine public qui est titulaire des droits de reproduction.

Et bien s'ils ne veulent pas qu'on la reproduise, ils n'ont qu'a pas la diffuser au grand public. C'est quand même incroyable de toujours se plaindre du piratage ou de reproduction non autorisée, mais toutes ces grosses boites ont inventé et "démocratisé" les outils qui permettent à tout un chacun ayant un peu de compétence technique de copier ce qui est diffusé.
On peut prendre pour exemple sony, major de la musique et en même temps "inventeur" de la musique numérisée, donc de la technologie CD, donc du graveur de CD, donc du CD copié sur ordi. Et maintenant ils n'arrêtent pas de venir pleurer qu'on leur copie leurs ?uvres : et bien, ils n'avaient qu'à en rester au vinyle (donc la qualité sonore est bien meilleure, soit dit en passant). Certes on pouvait les copier avec des K7 audio, mais c'était lent, la qualité diminuait très sensiblement à chaque sous-copie, et ils se faisaient un pognon monstre (c'était l'âge d'or paraît-il).
Alors ils nous inventent des "progrès" (le CD à la durée de vie éternelle - mon cul), tout le monde achète et en profite (surtout les dividendes des actionnaires), bien entendu cela va bien au delà du "prévu" - le revers de la médaille - et après, ils ne sont pas content malgré les tombereaux de pognon qu'ils se sont mis dans la poche.
Ce serait obscurantiste d'interdire le progrès technique pour si peu. Il y a des lois pour faire respecter le droit d'auteur.
Faire une reproduction d'une oeuvre d'art ce n'est pas créer une nouvelle oeuvre d'art !
C'est juste faire une reproduction.

Du coup :
"un dispositif manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisée d'oeuvres ou d'objets protégés"
N'a pas sa place ici, puisque :
- les oeuvres sont dans le domaine publique
- elles sont déjà à la disposition du publique (sur le site de google)
Va falloir faire juriste pour admirer un tableau...
La question en termes de droit est pertinente dans notre société actuelle mais qu'en est-il du point de vue de la culture/partage/humanité ?

Est-ce que cela fera moins aller dans les musée ?
Est-ce que cela permettra à des personnes qui ne vont pas dans les musées (par manque de moyen ou de curiosité) de se cultiver ?
Est-ce que cela tueras des peintres et des petits chatons ?
j'en suis à me demander si je dois payer des droits d'auteur aux parents de ma copine quand je la regarde...
enfin la jurispondance française est constante sur le sujet. La photo d'une oeuvre est une nouvelle oeuvre à part entiere. Les photos de google peuvent donc ne pas être dans le domaine public.

1
2
Télécharger
aTuner
Optimisation - Optimiser sa carte ATI ou nVidia
 
Tunatic
Lecteur audio et vidéo - Trouver le nom d'une chanson
 
BitDefender Internet Security
Antivirus - Protection intégrée contre toutes les formes de menaces sur Internet
 
Bart's PE Builder
OS - Créez un live CD Windows 2000, XP ou 2003 !
 
eMule 0.46c [LSD]
eMule (et mods eMule) - Mod eMule très populaire
 
Février 2011
 
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
31 1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
Matoumba
EntrepreNantes
Numerama est un site du réseau PressTIC