Google va-t-il tenter d'en empêcher l'utilisation, ou même attaquer en Justice ceux qui l'utilisent pour partager les oeuvres du domaine public ? Alors que l'interface en Flash l'interdit en principe, un script PHP permet à qui le souhaite de télécharger les versions haute résolution des tableaux numérisés dans Google Art Project.

Il ne faut jamais sous-estimer la capacité d’adaptation des internautes qui défendent le libre partage des œuvres, qui plus est lorsqu’il s’agit d’œuvres du domaine public. Ce matin, nous racontions grâce à nos amis d’Ecrans comment Google Art Project avait été piraté, d’une manière très artisanale. Puisque l’interface en Flash de l’application ne permet pas de télécharger les œuvres pour les consulter hors ligne, et surtout pour les exploiter en dehors de l’interface propriétaire de Google, un passionné avait décidé de copier-coller minutieusement chaque partie d’une œuvre pour la reconstituer au prix de milliers de clics. Ce matin, 15 œuvres étaient ainsi numérisées, sur les quelques 1061 proposées en haute-définition par la firme américaine.

Quelques heures plus tard, la solution vient de Bohwaz. Le blogueur a mis au point un guide très simple d’emploi (sous Linux) pour automatiser le téléchargement et la reconstitution des œuvres haute résolution de Google Arts Project. Il se base sur un script PHP mis dans le domaine public il y a déjà une semaine :

  • Sous Linux avec PHP, il faut installer ImageMagick (apt-get install php5-cli imagemagick) ;
  • Puis télécharger ce script, et le copier dans un fichier « gap_download.php » ;
  • Lancer cette ligne de commande avec l’URL de l’œuvre voulue (par ex. http://www.googleartproject.com/museums/rijks/night-watch) :
    $ php gap_download.php http://www.googleartproject.com/museums/rijks/night-watch

L’image sera alors téléchargée morceau après morceau, et reconstituée pour générer une œuvre au complet. Reste à voir cependant la légalité d’une telle procédure. Outre la question des droits sur les images haute résolution d’œuvres du domaine public (qui n’est pas franchement tranchée par la jurisprudence), se pose celle du contournement des mesures techniques de protection et de l’amendement Vivendi. Peut-on considérer que le script constitue, au sens de l’amendement Vivendi, « un dispositif manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisée d’œuvres ou d’objets protégés » ?

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