Le décloisonnement des services militaires et diplomatiques américains suite au 11 septembre a vraisemblablement facilité les activités des lanceurs d'alerte. Pour mettre un terme à ce phénomène, le département de la défense a donné un sévère tour de vis en limitant l'utilisation des supports amovibles.

C’est un gros tour de vis qu’a donné le département de la Défense des États-Unis, suite aux multiples fuites de documents militaires et diplomatiques organisées par Wikileaks. Depuis le 3 décembre, l’armée américaine a considérablement restreint l’utilisation des supports amovibles pour dissuader de nouveaux lanceurs d’alerte de communiquer d’autres documents sensibles.

En vigueur depuis le 3 décembre 2010, le Cyber Executive Order met en garde le personnel américain contre la copie et la diffusion illicites de données confidentielles. Et la hiérarchie militaire ne plaisante pas : toute personne violant le Cyber Executive Order pourra être traduite devant une cour martiale. Les supports concernés vont du CD au DVD, en passant par les disques durs externes ou les clés USB.

« Des transferts non autorisés de données surviennent régulièrement sur les réseaux classifiés, en utilisant des supports amovibles et sont une méthode que la menace intérieure utilise pour exploiter des informations classifiées. Pour atténuer cette pratique, tous les organismes de l’Air Force doivent suspendre immédiatement le transfert de données sur des supports amovibles » est-il écrit dans le Cyber Executive Order, cité par Wired.

La mesure vise essentiellement à protéger les données transitant sur le système cloisonné SIPRNet (Secret Internet Protocol Router Network), qui est utilisé à la fois par le département de la défense et le département d’État (l’équivalent américain du ministère des Affaires étrangères). Selon Wired, des mesures identiques ont été prises dans les autres branches de l’armée américaine.

Pour les services de renseignements comme pour la communauté diplomatique américaine, ce durcissement va évidemment compliquer leur travail, d’autant que SIPRNet est totalement indépendant du réseau Internet. Mais l’armée américaine pouvait-elle faire autrement ? Cette année, 91 100 documents sur la guerre en Afghanistan, 391 000 documents sur la guerre en Irak et 251 000 télégrammes diplomatiques ont fuité sur le net et dans la presse.

L’hémorragie était sérieuse pour la puissance américaine. Reste à savoir si le garrot mis en place sera suffisant.

( photo : CC BY alexcovic )

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