Et si le recours de FDN faisait plus que retarder l'Hadopi ?
Guillaume Champeau -
publié le Jeudi 09 Septembre 2010 à 15h48 -
posté dans Télécoms
![]() FDN ne s'est pas contenté d'attaquer les décrets d'application de la loi Hadopi pour vice de procédure, après l'absence d'avis de l'Arcep sur les textes touchant aux opérateurs de télécommunication. Le FAI associatif a aussi soulevé des motifs de fond contre la riposte graduée, dans l'espoir de faire constater son irrespect de la présomption d'innocence. Même s'il est improbable, le scénario n'est pas impossible. En déposant un recours au Conseil d'Etat sur le fondement initial d'un vice de procédure, le fournisseur d'accès associatif FDN s'est aussi donné la possibilité de faire juger la légalité-même des procédures pénales prévues dans la riposte graduée. Ainsi, alors que l'on attend au mieux que le Conseil d'Etat décide le 15 septembre de geler l'Hadopi en attendant que l'Arcep soit consultée sur les décrets attaqués, l'avis des magistrats pourrait être beaucoup plus grave de conséquences. Dans le billet qu'il publiait après l'audience, Spyou révélait mercredi soir qu'à ses premiers arguments de forme contre le décret, "FDN a ajouté un second mémoire portant sur le renversement de la charge de la preuve, préparé dans la nuit et faxé ce matin même (mercredi matin, ndlr), auquel le ministère de la justice a répondu aux alentours de 15h45". Plutôt que de concentrer ses arguments sur le vice de procédure qui avait d'abord été soulevé, FDN a fait devant le Conseil d'Etat le procès de la riposte graduée, en s'appuyant sur le coup de coude adressé par le le Conseil constitutionnel aux juges administratifs. On se souvient en effet que dans le commentaire officiel de sa décision, le Conseil constitutionnel s'était montré très réservé sur la légalité du délit de négligence caractérisée, qu'il imaginait peut-être contraire au principe de la présomption d'innocence. Il expliquait alors que puisque le délit allait être défini par décret, et non par la loi, ça serait au Conseil d'Etat de juger de sa conformité avec la Constitution : "Les conditions dans lesquelles seront constatées et jugées ces contraventions soulèvent la question de l'éventuelle inversion de la charge de la preuve à l'encontre du titulaire d'accès à internet lorsque cet accès fait l'objet d'une utilisation portant atteinte aux droits d'auteurs", disait ainsi le Conseil, qui prévenait qu'il a "écarté ces griefs non pour des motifs de fond, mais pour des motifs de compétence". "La possibilité de poursuivre de telles contraventions est conditionnée à l'adoption du décret qui en définira les éléments constitutifs", et "c'est notamment sur la question de la définition du lien entre, d'une part, le constat de ce qu'un accès à internet est utilisé à des fins attentatoires aux droits d'auteurs et, d'autre part, l'engagement de la responsabilité pénale du titulaire du contrat d'abonnement (lien plus ou moins automatique selon la rédaction qui sera retenue par le projet de décret), que se concentre la question du respect ou de la méconnaissance de la présomption d'innocence". Mercredi, FDN s'est donc attaché à démontrer que la présomption d'innocence n'était pas respectée par les textes. Le président de l'association, Benjamin Bayart, a expliqué qu'il était techniquement impossible ou très difficile d'apporter la preuve qu'un téléchargement allégué n'a pas eu lieu, et qu'un relevé d'adresse IP erroné transmis à l'Hadopi resterait donc une "preuve" irréfragable. Or l'envoi de l'e-mail d'avertissement fait partie intégrante des éléments constitutifs de la contravention de négligence caractérisée. FDN a aussi rappelé que la négligence caractérisée était juridiquement vérifiée par le constat de téléchargements illégaux successifs détectés avec une adresse IP, alors que de tels constats ne prouvent en rien l'absence d'installation d'un moyen de sécurisation, qui peut avoir été installé de bonne foi mais s'être révélé inefficace. Or là aussi la preuve contraire est très difficile à apporter, et le problème est d'autant plus présent que la Chancellerie invite les parquets à ne pas enquêter, pour sanctionner automatiquement. Il n'est pas sûr, néanmoins, que le Conseil d'Etat puisse examiner ces arguments, bien que deux recours au fond doivent être déposés. En effet le décret sur la négligence caractérisée ne visant pas directement les FAI, il n'a pas pu être attaqué par FDN qui exerce son recours contre le décret qui crée le fichier Hadopi, et contre celui sur la procédure suivie devant la Haute Autorité. Mais le Conseil pourrait reprendre les arguments pour annuler les décrets attaqués, non plus uniquement sur un motif de forme, mais aussi sur un motif de fond. Même s'il est improbable, le scénario n'est pas impossible. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Et si le recours de FDN faisait plus que retarder l'Hadopi ?»
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malaga
le 09/09/2010 à 15:51
Et FDN n'a rien dit sur Woerth ? Parce que t'en qu'à tout mélanger, fallait pas hésiter non plus...
C'est vrai qu'entre Hadopi et Hadopi, le sujet est aussi éloigné qu'entre Hadopi et l'affaire Woerth.
Et qu'est ce qui se passe pour les box qui changent d'adresses IP tous le temps ? Est que Hadopi demandera systématiquement aux FAI le nom de l'abonné associé (ca va couter cher) ou Hadopi utilisera t'elle sa base de données d'IP, parce que dans de cas là il y aura des erreurs.
FDN aurait peut-être dû prendre un avocat pour plaider, j'ai moi aussi l'impression qu'ils ont brassé beaucoup de vent face au juge, que ça l'a amusé, mais que ça ne joue pas en leur faveur.
Le Ministère de la Culture et le Ministère de la Justice se sont bien défendus (sic), en recentrant régulièrement le débat sur la question initiale. Enfin bon, il fallait tenter le coup, et on ne peut que féliciter FDN et la Quadrature pour cette action. malaga, le 09/09/2010 - 15:51 Et FDN n'a rien dit sur Woerth ? Parce que t'en qu'à tout mélanger, fallait pas hésiter non plus...moi aussi, j'ai rien d'intelligent a dire, alors je l'ecris. @kmanber : le 13 juillet entre 12h12 et 14h14 le fichier suivant "Taxi8_DVD-RIP-XVID.avi" a été téléchargé et partagé depuis telle adresse IP. Nous avons pu télécharger l'intégralité de l'oeuvre depuis cette adresse avec BitTorrentMule. Qui était le responsable légal de cette adresse IP à cette date et à cette heure ? La réponse est sans ambiguité. Et le responsable légal, c'est l'abonné, même s'il se fait pirater son WiFi. Pratique !
malaga, le 09/09/2010 - 15:51
Et FDN n'a rien dit sur Woerth ? Parce que t'en qu'à tout mélanger, fallait pas hésiter non plus... Malaga=Zabre=Enter, serais-tu à court d'arguments au sujet de ces recours au Conseil d'Etat, pour que tu nous parles dans ce topic de(s) l'affaire(s) Woerth ? malaga, le 09/09/2010 - 15:51 Et FDN n'a rien dit sur Woerth ? Parce que t'en qu'à tout mélanger, fallait pas hésiter non plus...Même s'il est improbable, le scénario n'est pas impossible.
Il reste à le faire comprendre aux magistrats... On s'y colle ? le conseil d'état ne va pas dire que la loi est illégale maintenant alors que la loi est passée deux fois entre les mains du CC et avant au Conseil d'Etat et après toujours CE à la parution des décrets.
ce serait se desavouer, en effet cher ami c'est très peu probable voir impossible C'est pas improbable, c'est impossible, n'oublions pas comme àchaque fois, que ces gens là sont sans foi ni loi et surtout, contre nous, du côté des plus riches.
Une chose que j'ai du mal a comprendre. Comment l'hadopi va prouver que quelqu'un télécharge la musique de chantal Goyat ? en voyant qu'un fichier a été téléchargé depuis l'ip du client qui s'appelle chantal-goyat.mp3 ? meme si ce fichier fait 1ko ou 2 go ? comment prouver que ce fichier contient bien de la musique et non pas du texte !
Pour moi le seul moyen c'est d'aller sur le PC du client... et essayer de lire le contenu de ce fichier non ? Il y a quelque chose qui m'echappe... JC VIDEOCLUB, le 09/09/2010 - 16:20 le conseil d'état ne va pas dire que la loi est illégale maintenant alors que la loi est passée deux fois entre les mains du CC et avant au Conseil d'Etat et après toujours CE à la parution des décrets. ce serait se desavouer, en effet cher ami c'est très peu probable voir impossible VIDEOCLUB, le 09/09/2010 - 16:20
le conseil d'état ne va pas dire que la loi est illégale maintenant alors que la loi est passée deux fois entre les mains du CC et avant au Conseil d'Etat et après toujours CE à la parution des décrets. ce serait se desavouer, en effet cher ami c'est très peu probable voir impossible Serais-tu en train de nous refaire le " Pari de Pascal ", là ? [Edit Typo] le conseil d'état ne va pas dire que la loi est illégale maintenant alors que la loi est passée deux fois entre les mains du CC et avant au Conseil d'Etat et après toujours CE à la parution des décrets.
ce serait se desavouer, en effet cher ami c'est très peu probable voir impossible Et quand bien même ca serais le cas: On sais bien que le gouvernement n'hésiterais pas une seconde a faire une HADOPI-3 , qui reprendra l'intégralité du contenu formulé différemment, et rebelote. De toute façon, lui il s'en fout, tout les mecs qui bossent là-dessus, c'est nos impôts qui les payent. Le gouvernement, il est payé pour faire des lois, alors il fait des lois. Point. Tant que les Shadocks continuent à pomper, tout va bien. Nan abcd !
Le gouvernement est là pour diriger la politque de la nation, pas pour pondre des lois (inutiles à mon avis). Il me semble qu'un tribunal, une cours ou toute autre juridiction est tenu de répondre à toutes les questions qui lui sont posées par écrit, notamment dans le mémoire. Ce qui fait que le Conseil d'Etat serait obligé de répondre à la question portant sur le renversement de la charge de la preuve. (Mes cours de droit datent un peu, si quelqu'un peut confirme ou infirmer...) Sacefe, le 09/09/2010 - 16:41 A l'impossible nul n'est soumis... Les gens, je vois la lumière, si si je la vois je vous dis!!!Et comme la sécurisation à 100% est impossible en informatique... JC000, le 09/09/2010 - 16:28 Une chose que j'ai du mal a comprendre. Comment l'hadopi va prouver que quelqu'un télécharge la musique de chantal Goyat ? en voyant qu'un fichier a été téléchargé depuis l'ip du client qui s'appelle chantal-goyat.mp3 ? meme si ce fichier fait 1ko ou 2 go ? comment prouver que ce fichier contient bien de la musique et non pas du texte ! Pour moi le seul moyen c'est d'aller sur le PC du client... et essayer de lire le contenu de ce fichier non ? Il y a quelque chose qui m'echappe... JC Natasha, le 09/09/2010 - 16:37 VIDEOCLUB, le 09/09/2010 - 16:20
le conseil d'état ne va pas dire que la loi est illégale maintenant alors que la loi est passée deux fois entre les mains du CC et avant au Conseil d'Etat et après toujours CE à la parution des décrets. ce serait se desavouer, en effet cher ami c'est très peu probable voir impossible Serais-tu en train de nous refaire le " Pari de Pascal ", là ? [Edit Typo]
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