Loppsi au Sénat : les 3 articles clés qui touchent au numérique (MAJ)

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 08 Septembre 2010 à 18h20 - posté dans Société 2.0

Le Sénat débute ce mardi l'examen du projet de loi Loppsi, adopté en février dernier par l'Assemblée Nationale. Numerama fait le point sur les articles qui touchent au numérique : usurpation d'identité, filtrage des sites pédopornographiques, et installation de mouchards sur les ordinateurs.

Mise à jour 18h23 : le délit d'usurpation d'identité a été adopté sans amendement. La discussion s'enchaîne sur l'article 4 relatif au blocage des sites pédopornographiques.

Article du 7 septembre 2010 - C'est aujourd'hui mardi 7 septembre que le Sénat entame l'examen du projet de loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi), plus de six mois après son adoption par les députés de l'Assemblée Nationale. Les débats s'ouvriront à 16 heures avec la traditionnelle discussion générale, avant l'examen des 40 articles qui composent le texte, et des 406 amendements déposés par les sénateurs.

Dans le texte issu de la commission des lois, qualifié à juste titre d' "hétéroclite fourre-tout législatif" par Le Monde, trois dispositions intéressent particulièrement la société numérique :

  • Le délit d'usurpation d'identité : L'article 2 du projet de loi condamne d'une peine maximale d'un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende "le fait d'usurper l'identité d'un tiers ou une ou plusieurs données de toute nature permettant de l'identifier en vue de troubler sa tranquillité ou celle d'autrui, ou de porter atteinte à son honneur ou à sa considération". La rédaction retenue en commission est ici plus rassurante que celle de l'Assemblée, qui avait visé le simple "usage" de données plutôt que leur usurpation. Cette disposition doit empêcher notamment qu'un individu se fasse passer pour un tiers sur les réseaux sociaux, d'une manière qui lui cause un préjudice. Il reste cependant le risque qu'une telle disposition puisse viser également les caricatures et les faux profils "humoristiques", créés sans véritable intention de nuire, mais qui peuvent "porter atteinte à son honneur ou à sa considération". Le curseur entre la protection de l'honneur et la protection de la liberté d'expression risque d'être difficile à placer.
  • Le filtrage des sites pédopornographiques : L'article 4 est, en ce qui concerne Internet, la disposition la plus controversée de la Loppsi, qui fait l'objet de plusieurs amendements. La plupart pour rétablir l'obligation de passer par un juge avant que l'administration puisse transmettre aux FAI une liste de sites pédopornographiques à bloquer. Voulue par une Assemblée Nationale pressée dans cette voie par le Conseil constitutionnel, la précaution juridictionnelle a été supprimée en commission au Sénat. Elle devrait être rétablie en plénière pour éviter que le texte ne subisse une censure des sages. Inefficace techniquement à l'encontre des pédocriminels qui ne passent pas par les méthodes traditionnelles d'accès au web, la mesure du filtrage est censée .protéger l'internaute contre lui-même. Mais la mesure est surtout un cheval de Troie législatif qui permettra d'étendre ensuite le dispositif à d'autres types de contenus, moins sujets à cette émotion populaire qui empêche de s'opposer au filtrage des sites pédophiles. C'est exactement le chemin qu'avait suivi le FNAEG, le fichier des empreintes ADN, d'abord réservé aux crimes sexuels, puis régulièrement étendu au point de contenir aujourd'hui les empreintes de plus d'1,5 millions de Français.
  • L'installation de mouchards : Présentée comme l'adaptation moderne des écoutes téléphoniques, l'installation de dispositifs d'enregistrement de l'activité d'ordinateurs, prévue à l'article 23, devrait venir compléter l'attirail de la police judiciaire. La mise en oeuvre de ces écoutes informatiques sera encadrée par le juge d'instruction, et réservée à certains types de crimes et délits, parmi lesquels figurent le "délit de solidarité" ou la "non-justification de ressources correspondant au train de vie". Mais alors que les écoutes téléphoniques sont autorisées par le juge pour une durée d'un mois, le texte prévoit ici que les écoutes informatiques sont autorisées pour quatre mois. Par ailleurs, s'il vise en priorité les installations de dispositifs matériels, telles que des clés USB, le texte envisage la possibilité d'une "transmission par un réseau de communications électroniques", et donc le piratage à distance de l'ordinateur. Dans une exception contraire au droit commun, la Loppsi prévoit aussi que dans le cas où les captations donnent connaissance d'autres délits que celui pour lequel la captation a été autorisée, les procédures judiciaires pourront exploiter les enregistrements sans risquer de nullité de la preuve.
Publié par Guillaume Champeau, le 8 Septembre 2010 à 18h20
 
 
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Commentaires à propos de «Loppsi au Sénat : les 3 articles clés qui touchent au numérique (MAJ)»
 

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ça s'appelle remplacer par-ci par-là la présomption d'innocence par la présomption de culpabilité.

Le ministre raciste de l'Intérieur ne l'a-t-il pas clairement affirmé ? Il est bien, ce Hortefeux, il est cash. Avec lui, on a l'affirmation claire que les réformes ont un soubassement raciste et liberticide - pour ceux, égarés, qui en douteraient encore.
Question : Si je signe dans un comm "Raymond de Knysna" alors que je ne m'appelle pas Raymond et que je n'ai jamais mis les pieds à Knysna, je peux être attaqué pour usurpation d'identité par un M. Raymond habitant Knysna ?

Et Raymond D. (pour ne pas le citer) pourrait-il utiliser cette loi pour m'attaquer en cas d'utilisation du pseudo "Raymond de Knysna" ?
malaga, le 07/09/2010 - 12:10
Sites de partage de fichiers, insultes au président, sites gênants (WikiLeaks, ou plus largement tous ceux qui traitent des nombreux scandales (et le mot est parfois faible) que les autorités essaient toujours d'étouffer, souvent avec succès), la liste potentielle est très longue...


Je vais te dire un truc : si un jour un président de la République voulait s'amuser à bailloner la liberté d'expression, est-ce que tu penses que ce serait nécessaire qu'il s'amuse à traiter d'abord de la pédophilie ? Soyons sérieux ! Tu as déjà vu un dictateur s'amuser à essayer de passer en douce ? Non, c'est du brutal.



L'éditeur de Cécilia a été invité a rencontré Sarkozi, alors ministre de l'intérieur, afin d'interdire la publication du livre de celle-ci.... Un autre précédent est l'interdiction du débat Royale et Bayrou sur l'antenne de canal + pour BFM (pote de Sarko). Jamais Sarkozi ne s'est embête avec la loi (pourtant c'est un juriste de formation à mettre en parallèle avec sa dérive de New York). Avoir des grands principes c'est bien, avoir de la mémoire en démocratie c'est mieux, d'autant plus qu'une loi doit être promu et c'est ensuite la jurisprudence qui la définit.
"Certains" journaux sont "plutôt" "assez" libres, nuance...
Non.
Tous les journaux sont libres.
Y compris libres d'être complaisant envers le gouvernement et l'UMP.

Si tu étudies un peu quelques cas dans l'histoire (Bonaparte, Mussolini, Hitler, Trotsky, Staline, Pétain, etc...) tu t'apercevras qu'il ont toujours essayer de "légitimer" leurs actions et leurs prises de pouvoir par des moyens constitutionnels...
Complètement faux. Ils avancent un peu masqués au début, mais ensuite ils dégagent tout le monde. En créant une constitution sur mesure.

Mais cela ne répond absolument pas à ma question : est-ce que tu penses sérieusement que si Sarkozy voulait interdire les sites d'opposition, il aurait besoin de s'appuyer sur une législation anti-pédophile ? Et tu penses sérieusement que tout le monde se laisserait faire sans s'en apercevoir ?
S'il veut le faire, il n'aura pas besoin de ça. Ne prends pas les gens pour des cons. C'est, je le redis encore une fois, une attitude digne des théories conspirationnistes qui font des films comme les aiment tant les américains.
C'est exactement le chemin qu'avait suivi le FNAEG, le fichier des empreintes ADN, d'abord réservé aux crimes sexuels, puis régulièrement étendu au point de contenir aujourd'hui les empreintes de plus d'1,5 millions de Français.

Oui. Et alors ? Et toutes les autres lois qui répriment tel ou tel délit et qui ne dérivent pas, pourquoi tu ne les prends pas en compte ?
C'est bien joli de parler des trains qui arrivent en retard, mais il ne faut pas oublier ceux qui arrivent à l'heure.

Alors, non , malaga, les dictatures ne se font pas du jour au lendemain, et l'on ne se réveille pas le matin privé de la liberté d'expression: En 1936, au départ on avait le droit de contester. Petit à petit, sans que ce "droit" ne soit remis en question, les gens qui en usaient "disparaissaient". Un jour, plus personne n'en a usé.
En 1936, c'était le front populaire en France. ce n'était pas une dictature.

Sinon, concernant l'Allemagne, je te conseille de lire des livres tels que "Les bourreaux volontaires d'Hitler" pour te rendre compte que la contestation à Hitler a toujours existé explicitement en Allemagne et que les nazis ont été parfois obligé d'en tenir compte : contestation des églises face à la politique d'eugénisme, contestation des soldats face à la façon dont la guerre était menée, contestation de la grande bourgeoisie face à la politique économique des nazis, contestation des généraux prussiens face à la conduite de la guerre, ...

Et pour te contredire, si, un jour, on se réveille en dictature : le jour où le dictateur se fait attribuer les pleins pouvoirs. Que ce soit Napoléon III, Hitler ou Pétain. Il y a eu à chaque fois un acte fondateur de la dictature.
L'éditeur de Cécilia a été invité a rencontré Sarkozi, alors ministre de l'intérieur, afin d'interdire la publication du livre de celle-ci.... Un autre précédent est l'interdiction du débat Royale et Bayrou sur l'antenne de canal + pour BFM (pote de Sarko). Jamais Sarkozi ne s'est embête avec la loi (pourtant c'est un juriste de formation à mettre en parallèle avec sa dérive de New York).

Oui, il a été invité à... Et alors ? L'éditeur a accepté de retirer son bouquin. C'est sa décision. S'il avait eu un peu plus de couilles, il ne se serait pas dégonflé. Tu imagines Sarkozy demander à un journaliste du Canard Enchaîné de ne pas sortir un livre ?

Cela n'a rien à voir avec la loi. Cela a à voir avec l'influence d'une personne et à l'acceptation (ou pas) de cette influence par ses interlocuteurs. Ne confondons pas tout !

Ca ne t'es jamais arrivé de demander à quelqu'un de faire ou de ne pas faire quelque chose qui te déplaisait ? Et ces personnes ont obéi ou non. Est-ce que tu te considères comme un dictateur pour cela ?

L'éditeur du bouquin sur la femme de Sarkozy avait tout à fait la possibilité :
1) de décliner l'invitation du ministre de l'intérieur de se rendre place beauvau.
2) de dire gentiment au ministre d'aller se faire foutre car c'est lui le patron de sa maison d'édition.

Il ne l'a pas fait, c'est son choix.
Numerama va être bloqué... Comme bon nombre de sites en austalie qui étaient opposants à une loi similaire..
malaga, le 08/09/2010 - 19:00
Oui, il a été invité à... Et alors ? L'éditeur a accepté de retirer son bouquin. C'est sa décision. S'il avait eu un peu plus de couilles, il ne se serait pas dégonflé. Tu imagines Sarkozy demander à un journaliste du Canard Enchaîné de ne pas sortir un livre ?

Cela n'a rien à voir avec la loi. Cela a à voir avec l'influence d'une personne et à l'acceptation (ou pas) de cette influence par ses interlocuteurs. Ne confondons pas tout !

Ca ne t'es jamais arrivé de demander à quelqu'un de faire ou de ne pas faire quelque chose qui te déplaisait ? Et ces personnes ont obéi ou non. Est-ce que tu te considères comme un dictateur pour cela ?

L'éditeur du bouquin sur la femme de Sarkozy avait tout à fait la possibilité :
1) de décliner l'invitation du ministre de l'intérieur de se rendre place beauvau.
2) de dire gentiment au ministre d'aller se faire foutre car c'est lui le patron de sa maison d'édition.

Il ne l'a pas fait, c'est son choix.

.....
Le probleme intervient quand il y a des rapports subordonnants/subordonnes. Dans ces cas la, les personnes n'ont pas forcement l'indépendance nécessaire pour choisir comme elles le veulent, mais peuvent se sentir obligees d'accepter les "demandes" de leur subordonnant.


Ex: les patrons de France Television nommes par le president. il y a clairement une relation chef/personnequiestredevable.
Ou pour les journaux, quand les journaux sont diriges par des personnes ou groupes proches du pouvoir (le Figaro par exemple)


En gros, c'est bien gentil de dire "il le fait si il veut", les relations chefs/pas chef peuvent etre suffisamment obscures pour gener ce genre d'independance decisionnaire.


Et pour l'exemple de la maison d'edition, l'editeur a peut etre ete gentiment menace de perdre des contrats avec des "amis/groupes" proches de Nicolas Sarkozy, ou de perdre des subventions distribuées par le ministere de la culture.
malaga, le 08/09/2010 - 18:45
Si tu étudies un peu quelques cas dans l'histoire (Bonaparte, Mussolini, Hitler, Trotsky, Staline, Pétain, etc...) tu t'apercevras qu'il ont toujours essayer de "légitimer" leurs actions et leurs prises de pouvoir par des moyens constitutionnels...

Complètement faux. Ils avancent un peu masqués au début, mais ensuite ils dégagent tout le monde. En créant une constitution sur mesure.

Malaga, en plus d'être "ignare" tu es peut être "révisionniste" ?
Rien de plus normal l'un ne va pas sans l'autre ... "complétement vrai" !

:D
àa y'est les amis !!!
C'est passé !
Et tous les amendements qui garantissaient plus ou moins la "bonne foi" de l'état concernant les listes de sites à bloquer ont tous été rejetés !!

Sérieusement, ce gouvernement me dégoute au plus haut point.
Il faut lire toute la loi. Que penser de ça

- Élargir l'accès à la réserve civile et poursuivre sa montée en puissance

La réserve civile de la police nationale répond aujourd'hui aux objectifs qui lui ont été fixés depuis 2003. Elle apporte un appui essentiel aux fonctionnaires en activité dans l'exercice de leurs missions. Aussi, pour ajuster la capacité opérationnelle des services de police, voire la renforcer en cas de crise grave, il est prévu de doubler, au moins, son potentiel d'ici la fin de la LOPPSI.

L'harmonisation des réserves de la police et de la gendarmerie sera renforcée par l'ouverture de la réserve civile de la police à d'autres publics que les retraités des corps actifs.

Cette orientation développera le lien police-population et l'adhésion aux enjeux de sécurité. Une telle diversification du recrutement prolongera les dispositions déjà prises par la gendarmerie.

La future réserve de la police aura donc vocation à accueillir aussi bien des jeunes intéressés par une expérience valorisante que des spécialistes sur des fonctions correspondant à leurs compétences dont la police serait déficitaire.

Les réservistes disposeront d'une formation pour des missions d'un format comparable à celles confiées aux réservistes de la gendarmerie. La définition de ces missions prendra en compte les spécificités de leur environnement et l'organisation des services. Enfin, la formation des réservistes leur permettra d'acquérir la qualification d'agent de police judiciaire adjoint.

http://www.assemblee...jets/pl1697.asp

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