Hadopi : la Chancellerie demande aux parquets d'éviter les enquêtes

Guillaume Champeau - publié le Vendredi 03 Septembre 2010 à 17h42 - posté dans Société 2.0

Les parquets qui recevront des dossiers de l'Hadopi pour sanctionner les internautes suspectés de contrefaçon et/ou de négligence caractérisée dans la sécurisation de leur accès à Internet sont invités par la Chancellerie à ne pas diligenter d'enquête, pour privilégier la sanction automatique.

Comme le signale le blog C-Logeek, le ministère de la Justice a publié le 31 août au Bulletin Officiel une circulaire à destination des parquets pour leur donner les instructions de mise en oeuvre de la riposte graduée, lorsque l'Hadopi transmettra des dossiers aux tribunaux. Après deux avertissements restés inefficaces, l'Hadopi a en effet la possibilité de saisir le juge pour qu'il ordonne une amende, et l'éventuelle suspension de l'accès à Internet de l'abonné qui n'a pas sécurisé son accès, et fait ainsi preuve de négligence caractérisée.

Après un vif débat au Parlement, puis grâce à la censure du Conseil constitutionnel, le recours au juge avait été imposé pour éviter le caractère automatique des sanctions, et mieux protéger les droits fondamentaux des citoyens. Notamment le droit à une défense équitable.

Or en page 5 de la circulaire (.pdf), les procureurs sont appelés à ne pas vérifier la réelle culpabilité de l'abonné par une enquête approfondie. Les éléments collectés par les ayants droits par écrans interposés devront par principe faire foi. "Dans le double objectif d'assurer la rapidité de la réponse pénale et de veiller à ce que le nouveau dispositif ne conduise à un engorgement des services de police et de gendarmerie, il conviendra d'éviter, sauf cas particulier, qu'une seconde enquête soit diligentée par ces services lorsque les éléments fournis par la HADOPI sont suffisants pour caractériser la contravention de négligence caractérisée à l'égard du titulaire de la ligne et pour assurer le caractère contradictoire de la procédure", écrit ainsi la Chancellerie.

"Les procès-verbaux dressés en application de l'article L.331-21-1 du CPI font foi jusqu'à preuve contraire", ajoute la circulaire. Ainsi c'est bien à l'abonné d'apporter la preuve qu'il n'a pas été négligent dans la sécurisation de son accès à Internet, quand bien même le relevé de l'infraction n'a été établi que par l'intermédiaire d'un réseau, sans preuve matérielle. Et quand bien même cette preuve d'innocence est, concrètement, très difficile à apporter.

On s'étonne à cet égard de lire en page 6 que le décret du 25 juin 2010 a "défini de façon précise les éléments constitutifs" de la négligence caractérisée, alors que ledit décret était au contraire très flou, et même d'une "étonnante subtilité" selon l'Hadopi.

Contravention ou prison ? Une question de volume et de fréquence

La loi permettant de sanctionner soit la négligence caractérisée par le biais d'une contravention, soit l'acte de piratage lui-même par une peine de 3 ans de prison et 300 000 euros d'amende, la circulaire demande aux parquets de privilégier la voie contraventionnelle "pour les primo-délinquants ou pour les téléchargements d'ampleur limitée". Sans définir de seuil.

"A l'inverse, le délit de contrefaçon devra être recherché et poursuivi en cas de réitération des faits ou de téléchargements habituels et massifs via Internet en violation des dispositions relatives au droit d'auteur ou aux droits voisins".

Le texte précise enfin que "la procédure de l'ordonnance pénale devra être privilégiée dans le cadre de la poursuite de la contravention de négligence caractérisée du titulaire d'un accès à Internet". Mais à aucun moment la circulaire ne donne de piste aux juges pour déterminer si le moyen de sécurisation utilisé par l'abonné peut suffire, ou comment déterminer s'il a été négligent dans sa mise en oeuvre.

"Il convient de distinguer l'absence de mise en place d'un moyen de sécurisation de l'accès à Internet d'une part, et l'absence de diligence dans la mise en oeuvre de ce moyen d'autre part : la deuxième hypothèse concerne ainsi par exemple la personne qui a mis en place un code d'accès, mais qui a laissé ce code à la libre disposition de tiers", se contente ainsi d'écrire le ministère.

Le gouvernement demande aux parquets de transmettre à la Chancellerie un bilan de l'application des procédures avant le 15 avril 2011. Ce qui paraît extrêmement rapide alors que les premiers e-mails n'ont pas encore été envoyés, et qu'il faut au moins trois infractions constatées successivement pour qu'une première plainte soit transmise aux tribunaux.

Publié par Guillaume Champeau, le 3 Septembre 2010 à 17h42
 
 
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Commentaires à propos de «Hadopi : la Chancellerie demande aux parquets d'éviter les enquêtes»
 

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c'est vrai que l'on râle mais personne ne fait rien.moi j'ai 50ans ;je suis père de trois enfants et je pense que je vais créer mon propre parti politique sans étiquette,sans écouter les autres partis mais en écoutants le peuple.
Depuis quand un innocent doit faire la preuve de son innocence ?
Depuis le règne de sarko 1er !
On voit bien par quels incompétents ces dossiers sont traités.
Les piratages de PC par des logiciels espions, backdoors, trojans et autres sont légion depuis l'avènement du web.
On demande à "Mme Michu" d'avoir les compétences d'un ingénieur en sécurité informatique ! Excellent moyen de flinguer le seul espace démocratique de ce pays !
"En outre, en vertu de l'article 409 du code de procédure pénale,
les procès-verbaux dressés en application de l'article L.331-21-1 du CPI font foi jusqu'à preuve contraire." (page 5 de la circulaire)

"Au jour indiqué pour la comparution à l'audience, le prévenu en état de détention y est conduit par la force publique." (article 409 du CPP).

Bref, on comprend pourquoi il veulent inscrire la lecture dans le socle commune de connaissance ! Donc grosso modo, du côté du ministère de la justice, on prend ses rêves pour des réalités. Il n'y a (pour l'instant) aucune présomption de valeur probante des PV.

Et si (j'ai presque envie de dire quand) ils ont envie de la mettre en place, ils se heurteront à une série de dispositions conventionnelles (en particulier à l'article 6 de la CEDH, n'acceptant qu'à la marge un tel renversement de présomptions)et constitutionnelles (droit à un procès équitables, présomption d'innocence toussa).

Pour plus d'informations sur l'infraction de négligence caractérisée, je vous renvoie à l'excellent article d'Eolas : http://www.maitre-eo...-à-gaz-continue
de toute façon la plupart des internautes installleront un logiciel de sécurisation donc ....
VIDEOCLUB, le 05/09/2010 - 14:38
de toute façon la plupart des internautes installleront un logiciel de sécurisation donc ....


Mais non!

Mais par contre, les internautes continueront de louer leurs DVD sur Glowria en ligne, ils se les feront livrer à domicile sans se déplacer et ils ne fréquenteront pas pour autant les VIDEOCLUB(S), dont la mort est annoncée depuis des années.

Ce n'est pas Hadopi qui sauvera ton "petit commerce" qui n'intéresse plus personne et surtout pas les internautes ...


C'est dur la vie d'un vidéoclub en 2010, je sais !



:shifty2:
Tiens c'est marrant ça. J'attends le premier procès.

"Dans le double objectif d'assurer la rapidité de la réponse pénale et de veiller à ce que le nouveau dispositif ne conduise à un engorgement des services de police et de gendarmerie, il conviendra d'éviter, sauf cas particulier, qu'une seconde enquête soit diligentée par ces services lorsque les éléments fournis par la HADOPI sont suffisants pour caractériser la contravention de négligence caractérisée à l'égard du titulaire de la ligne et pour assurer le caractère contradictoire de la procédure"


On y ajoute une violation systématique de l'article 40 du code de la procédure Pénal et on obtient un bon vice de procédure et aucune condamnation. Bravo les gars \o/
A voila les interprétations douteuses cette foi je pique un carton rouge a numeram.

Monsieur numerama il appartiendra a la haute autorité, comme au parquet de FAIRE LA PREUVE!!!!! On est dans du pénal la loi est la loi.

Si cette logique est DEMONTRE et non INTERPRETEE par vos soit madame la CPD risque des poursuites pour atteinte a la présomption d'innocence! Je voie mal une commission qui a comme présidente une magistrate de la cours de cassation se livrer a ce type d'exercice.

Un peut de carieux et moins de saltations SVP merci! Merci aussi de ne plus écrire des petits bout de texte sortis du contexte général du document original dont il est tiré, c'est une méthode peut en viable a votre réputation, car lorsque vous le voulez vous arrivez a pondre de bon article VRAIMENT argumentés, voir avec de vrai COUP (CF le document HADOPI sur les soft de sécurisations par exemple).

Les interprétations a la mort moi le pneu pour un titre qui a un licencié en droit intellectuel cela fait tache, mais licencié en droit intellectuel n'est pas licencié en droit pénal, tout comme moi qui ne suit ni expert, et encore moins avocat.

Fin du pétage de plomb.

Pour en revenir au sujet le parquet a le chois, il peut poursuivre ou classer sans suite, une circulaire n'est pas un ordre militaire, le juge peut rejeter les dossiers pour preuve non reportées quant au contradictoire sur la base de l'arbitraire d'une corporation de droit privé je lesse l'auteur de ces mots conclure son argumentation.
Etat facho ... il faut se barrer ou faire tourner la guillotine !
jbsorba, le 06/09/2010 - 14:46
A voila les interprétations douteuses cette foi je pique un carton rouge a numeram.

Monsieur numerama il appartiendra a la haute autorité, comme au parquet de FAIRE LA PREUVE!!!!! On est dans du pénal la loi est la loi.

Si cette logique est DEMONTRE et non INTERPRETEE par vos soit madame la CPD risque des poursuites pour atteinte a la présomption d'innocence! Je voie mal une commission qui a comme présidente une magistrate de la cours de cassation se livrer a ce type d'exercice.

Un peut de carieux et moins de saltations SVP merci! Merci aussi de ne plus écrire des petits bout de texte sortis du contexte général du document original dont il est tiré, c'est une méthode peut en viable a votre réputation, car lorsque vous le voulez vous arrivez a pondre de bon article VRAIMENT argumentés, voir avec de vrai COUP (CF le document HADOPI sur les soft de sécurisations par exemple).

Les interprétations a la mort moi le pneu pour un titre qui a un licencié en droit intellectuel cela fait tache, mais licencié en droit intellectuel n'est pas licencié en droit pénal, tout comme moi qui ne suit ni expert, et encore moins avocat.

Fin du pétage de plomb.

Pour en revenir au sujet le parquet a le chois, il peut poursuivre ou classer sans suite, une circulaire n'est pas un ordre militaire, le juge peut rejeter les dossiers pour preuve non reportées quant au contradictoire sur la base de l'arbitraire d'une corporation de droit privé je lesse l'auteur de ces mots conclure son argumentation.


p'tin ...t'est un vrai peerates, toi ! :biggrinthumb:
gaffe un peu ou on va finir par t'ignorer, toi aussi ... ^^
aaahhh. La guillotine. C'étais le bon temps ça. On savait vivre à cette époque. On se faisait pas emmerder par des petites merdes frustrées

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