L'hommage à Alain Corneau et le droit d'auteur sont-ils compatibles ?

Guillaume Champeau - publié le Lundi 30 Août 2010 à 17h24 - posté dans Société 2.0

Peut-on rendre hommage au réalisateur Alain Corneau sur Internet sans violer les droits d'auteur dont il était l'un des plus ardents défenseurs ?

C'est une question que nous avons posée un peu brutalement sur Twitter en apprenant la mort du réalisateur Alain Corneau : "Est-ce de mauvais goût de rappeler qu'Alain Corneau était un lobbyiste pro-Hadopi et qu'on ne peut pirater ses films pour honorer sa mémoire ?". Les réponses furent parfois violentes. Au delà de l'apparente provocation dans un temps qui doit être tout entier réservé au deuil et à l'éviction de toute polémique, cette question pose un véritable problème de fond. Peut-on en effet, malgré le droit d'auteur, honorer la mémoire des artistes défunts d'une manière compatible avec les pratiques culturelles de l'ère numérique ?

Les chaînes de télévision et les magazines le savent depuis longtemps, lorsqu'une personnalité décède, il naît de la part du public le désir de découvrir ou redécouvrir leurs oeuvres. Les couvertures de presse sont nombreuses, les programmes de télévision sont chamboulés pour diffuser en prime time des films qui auraient fait un flop d'audience en temps ordinaire, les maisons de disques vendent des best-of en grand nombre... mais avec Internet, le public s'auto-alimente d'images et de souvenirs, sans demander la permission.

Plus question d'attendre les rediffusions sur France 3, ou les hagiographies dans L'Express. Les internautes relisent et complètent la biographie d'Alain Corneau sur Wikipedia, diffusent eux-mêmes des vidéos d'hommage sur Dailymotion, et piratent massivement ses films sur BitTorrent ou eMule. C'est, en 2010, la manifestation d'une pratique moderne du deuil collectif. Mais une pratique illicite, pour ce qui concerne le téléchargement et le partage des oeuvres.

Pour se souvenir de ses oeuvres, les internautes doivent suivre la programmation des chaînes, ou payer pour les quelques films disponibles sur les plateformes de VOD (Le choix des armes, Nocturne Indien, Le Cousin, Stupeur et Tremblements...).

Pour revoir Tous les matins du monde, primé en 1992 du César du meilleur film et de celui du meilleur réalisateur, il faut en revanche le trouver en DVD, ou s'en remettre au piratage. Le seul long métrage de la discrographie d'Alain Corneau à être ainsi primé n'est pas disponible sur les plateformes légales, alors qu'on le trouve sans difficulté sur les réseaux P2P, ou sur des sites de streaming illégaux.

Or le réalisateur, qui avait récemment cédé à Christophe Barratier à sa place de président d'un groupement de défense de la taxe pour copie privée, fût l'un des grands auteurs français favorables à la loi Hadopi. Christine Albanel l'a souvent cité comme caution morale dans l'hémicycle.

Il ne s'agit pas pour nous de le dénoncer, mais de le remarquer. Car il est remarquable que le droit d'auteur défendu avec vigueur par Alain Corneau, à tort ou à raison, soit aujourd'hui un obstacle au désir de mémoire dont s'emparent, sans doute, beaucoup d'internautes, à son égard.

Publié par Guillaume Champeau, le 30 Août 2010 à 17h24
 
 
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Commentaires à propos de «L'hommage à Alain Corneau et le droit d'auteur sont-ils compatibles ?»
 

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Un article intéressant sur un propos d'Alain Corneau " il y a une conception d'Internet quasi mystique, qui en fait un objet tout le temps en mouvement, impossible à contrôler "
http://denyscorel.ov...e-29849065.html
generalalcazar, le 01/09/2010 - 02:14
Un article intéressant sur un propos d'Alain Corneau " il y a une conception d'Internet quasi mystique, qui en fait un objet tout le temps en mouvement, impossible à contrôler "
http://denyscorel.ov...e-29849065.html

Long, mais intéressant, en effet , merci.
Quand à Alain Corneau, je respecterais sa mémoire en ne regardant pas ses films qui m'avaient échappé, c.a.dire en l'oubliant . Je ne suis pas sur que de là ou il est, il en soit satisfait, mais c'est comme cela ! En effet, l'argent nécessaire à la visualisation de l'ensemble de son oeuvre, je ne l'ai pas, et c'est la gratuité qui permet de consacrer 2 heures de sa vie à donner sa chance à un film, que l'on aurait JAMAIS acheté.
J'avais découvert à l'époque de la mort de Jacques Villeret, des purs chefs d'oeuvre totalement méconnu de cet acteur, grâce à la mobilisation d'internautes sur Usenet, qui avaient tenté de diffuser la filmographie la plus complête possible, mobilisation d'ailleurs qui était un témoignage d'estime bien plus grand que les rares rediffs faite à la tv.
malheureusement, les choix des distributeurs et des producteurs ne suivent que les gouts de la majorité du public, ou de ce qu'ils pensent être "bankable"
c'est ainsi que la Contrebasse, pourtant immense succés en théatre, plus de trois ans de représentation, n'a jamais été capté.
On peut aussi constater que, même sur une page d'hommage, Studio Canal fait retirer des EXTRAITS de film, privant ainsi le public de la possibilité de découvrir cet acteur, tuant un peu plus sa mémoire, et accessoirement se privant d'une publicité gratuite pour la vente des dvds, les sombres abruptis !
voir là http://www.myspace.com/jacquesvilleret
Alors, Mr Corneau, désolé, mais Hadopi et les positions actuelles sur les droits d'auteurs de ceux qui s'en intitulent les "défenseurs " tuent la mémoire de la culture, et font disparaitre encore plus dans l'oubli des films jugés non commerciaux ou sur lesquels les distributeurs n'avaient pas misé un fifrelin.
C'était juste pour réagir au discours le partage de la culture par Internet, c'est pas légal mais c'est trop bien alors que la médiathèque ça pue.

Quel partage de la culture par Internet ? Si je décide de diffuser mes musiques sur Internet, oui c'est du partage.

Mais si je décide de numériser le dernier disque de Johnny Halliday (déjà numérisé par 453 autres internautes) et que je le diffuse par p2p, tu peux me dire où se trouve le partage ?

Le partage, cela nécessite une implication, cela nécessite que tu possèdes ce que tu veuilles partager. Cela n'a rien à voir avec piquer les oeuvres d'un artiste, sans lui demander son autorisation pour les foutre à disposition d'une bande d'inconnus.
Seul l'auteur peut revendiquer le terme de partage. Les autres sont uniquement des pilleurs qui vivent à ses crochets.
malaga, le 01/09/2010 - 13:57
Le partage, cela nécessite une implication, cela nécessite que tu possèdes ce que tu veuilles partager. Cela n'a rien à voir avec piquer les oeuvres d'un artiste, sans lui demander son autorisation pour les foutre à disposition d'une bande d'inconnus.
Seul l'auteur peut revendiquer le terme de partage. Les autres sont uniquement des pilleurs qui vivent à ses crochets.
Faux , dans le cas d'une médiathèque par exemple, elle ne demande pas à l'auteur s'il veut partager, et elle met l'oeuvre à la disposition d'une bande d'inconnus..

Hors tu as le droit de faire une copie de ce que tu as emprunté à cette médiathèque, à condition que cela soit réservé pour ton propre usage.
Une médiathèque qui mettrait les oeuvres dont elle dispose sur internet serait une "pirate", alors qu'elle ne l'est pas si les gens se déplacent et font la copie eux-même .
C'est toute l'ambiguité de la loi, qui a 2 poids et deux mesures, alors que le résultat est le même. Sans compter qu'elle oublie que l'on a crée les bibliothèques puis médiathèques pour permettre un accés à la culture à tous ceux qui le voulaient, sans faire une ségrégation par le revenu.
Hors, on a désormais la possibilité technique de le faire à l'échelon mondial, seulement , désormais , la culture n'est plus considérée que COMME un Bien de Consommation, un produit commercial.
malaga, le 01/09/2010 - 13:57
C'était juste pour réagir au discours le partage de la culture par Internet, c'est pas légal mais c'est trop bien alors que la médiathèque ça pue.

Quel partage de la culture par Internet ? Si je décide de diffuser mes musiques sur Internet, oui c'est du partage.

Mais si je décide de numériser le dernier disque de Johnny Halliday (déjà numérisé par 453 autres internautes) et que je le diffuse par p2p, tu peux me dire où se trouve le partage ?

Le partage, cela nécessite une implication, cela nécessite que tu possèdes ce que tu veuilles partager. Cela n'a rien à voir avec piquer les oeuvres d'un artiste, sans lui demander son autorisation pour les foutre à disposition d'une bande d'inconnus.
Seul l'auteur peut revendiquer le terme de partage. Les autres sont uniquement des pilleurs qui vivent à ses crochets.
T'es mignon parce que je n'ai pas dit l'inverse (en fait je m'en branle un peu), par contre, toi t'as l'air de dégainer ta tirade de façon quasi automatique et de répondre non pas à ce que je dis mais à ce que tu veux lire. :p
moudatski, le 30/08/2010 - 21:47
CounterFragger, le 30/08/2010 - 21:04
1) C'est quoi la "qualité d'un film de médiathèque" ?
T'as jamais vu de film téléchargé et de film d'un dvd ? Un film téléchargé, le son est pourri, l'image est pourrie, c'est en VF. On appelle ça "diffuser la culture", c'est l'ère du numérique, c'est hype. Si t'es un vrai warézien dans le vent geek, tu mates ça avec un laptop ou même ton iphone, histoire de bien finir de massacrer le son avec tes enceintes. :p

Tu vas à la médiathèque, t'as une image et un son à peu près potables (sauf si c'est rayé, évidemment) et tu peux sélectionner la VO, ou la VOST.
moudatski, le 30/08/2010 - 21:47
CounterFragger, le 30/08/2010 - 21:04
1) C'est quoi la "qualité d'un film de médiathèque" ?
T'as jamais vu de film téléchargé et de film d'un dvd ? Un film téléchargé, le son est pourri, l'image est pourrie, c'est en VF. On appelle ça "diffuser la culture", c'est l'ère du numérique, c'est hype. Si t'es un vrai warézien dans le vent geek, tu mates ça avec un laptop ou même ton iphone, histoire de bien finir de massacrer le son avec tes enceintes. :p

Tu vas à la médiathèque, t'as une image et un son à peu près potables (sauf si c'est rayé, évidemment) et tu peux sélectionner la VO, ou la VOST.
C'est marrant, mais tous les défauts que tu attribues aux "films téléchargés", pour moi c'est au contraire ce qu'on nous "propose" à la télé et sur les plateformes "légales" (en plus du fait que c'est généralement dans le désordre lorsqu'il s'agit de séries) : VF, sous-titres écrits par une vache espagnole analphabète quand par hasard on a droit à la VO, une bande son dégradé, et bien souvent l'image aussi sur les plateformes "légales". D'un autre côté, avec les "films téléchargés" sans chercher bien loin, on a des films bien encodés, quasiment systématiquement avec à la fois la bande son VF (rien à foutre) et la bande son VO, et des sous-titres qui, bien qu'assez souvent assez mauvais, restent de meilleure qualité que celles des versions dites "légales" (qui semblent en général avoir en fait piraté les sous-titres faits par la communauté dans leur première version publiée, avant un certain nombre de correctifs appliqués) : en gros, des sous-titres faits par des vaches espagnoles, mais cette fois pas analphabètes.

Mais après forcément si quand tu cherches des films à télécharger, tu cherches spécifiquement des versions "compactes" (donc encodées avec une qualité moisie) full VF, c'est certain que tu vas avoir la VF uniquement, et un son et une image moisie, parce qu'en plus mal encodé (oui forcément, quand on accepte d'encoder dans une qualité moisie, le plus souvent c'est qu'on est pas foutu d'encoder proprement en plus). Un petit conseil, pour trouver des films en VO/ST, cherches les avec "VOST", "EN.FR", ce genre de trucs, et non juste avec "VF" (forcément, si on te dis "VF", c'est que c'est "VF", pas "VF+VOST"), c'est comme le porc salut, c'est écrit dessus.
Chais pas, je n'ai pas la télé, ni les sous pour les plateformes légales. Donc je compare juste les vrais DVD (médiathèques) à l'offre "illégale".

Les séries, souvent c'est en vost parce que c'est sous-titré par des gens, avant la sortie en France, à la télé, je suppose. Par contre, les films, c'est plus tendu à trouver, même en cherchant comme tu dis.

En fait, je trouve qu'il y a pas mal de beaux discours, genre "on partage, tout ça, l'ère du numérique c'est génial", et finalement, dans la pratique, ce partage culturel, c'est un peu de la culture "en conserve", il y a une grosse perte de qualité. Je suis surtout sensible à la qualité du son, le CD est déjà nul par rapport au réel, mais le mp3 est à se taper la tête sur les murs Je suppose que les gens qui savent apprécier le ciné doivent avoir la même réaction pour les formats actuels pour les films.

C'est de la culture "de masse" : il suffit que ça divertisse, on s'en fiche si le son n'est pas génial, si l'image est moyenne, si c'est de l'à peu près. Okay, les gens sont contents, mais ce n'est pas rendre hommage à un artiste que faire une telle purée avec son oeuvre.
MALAGA tes trop fort... Si tu a l argent pour acheter des dvd, moi pas... Le P2P c'est du partage, c'est basé sur ce principe... Plutot que de chercher une alternative "juste" pour l'artiste et les clients,
style license globale ou autre, les autoritées font passer les internautes pour des pirates... On voit bien leur intention uniquement mércantile... Et puis les artistes ne touchent qu une petite partie des revenus engendrés par leurs oeuvres...
tes à coté de tes pompes gars....
moudatski, le 02/09/2010 - 02:57
Chais pas, je n'ai pas la télé, ni les sous pour les plateformes légales.
Donc tu parles sans savoir en somme.
moudatski, le 02/09/2010 - 02:57
Donc je compare juste les vrais DVD (médiathèques) à l'offre "illégale".
Propos complètement ineptes à plusieurs égards. Tu as commencé par dire que le numérique était pourri, faisant l'amalgame numérique=pas légal. Tu viens ensuite dire que pas légal=pourri. Que de raccourcis qui révèlent ta méconnaissance du sujet.

Des contenus proposés illégalement peuvent s'avérer de bien meilleure qualité qu'à la médiathèque du coin. Propose-t-elle des blu-ray cette médiathèque ?

Des contenus proposés légalement peuvent être de bien moindre qualité que ceux trouvés illégalement. Itunes et consort propose du son nom compressé qualité CD ?

Des contenus numériques peuvent être de bien meilleures qualités que leur équivalent "analogique". Le numérique est-il à bannir ?

Formulé autrement, ce n'est pas parce que c'est sur les réseaux torrent ou en stream que la qualité n'est pas au rendez-vous. Ce n'est pas parce qu'un contenu est légal que la qualité est au rendez-vous. Ce n'est pas parce qu'un contenu est dématérialisé que la qualité n'est pas au rendez-vous.

La réalité, c'est que l'industrie de la musique et du film a complètement loupé le virage d'Internet, après nous avoir entubé pendant des années avec des films, dvd et cd hors de prix. Et aujourd'hui, l'offre de cette même industrie subit une concurrence féroce : parce que pléthorique, disponible rapidement, sans DRM à la noix, etc.

moudatski, le 02/09/2010 - 02:57
En fait, je trouve qu'il y a pas mal de beaux discours, genre "on partage, tout ça, l'ère du numérique c'est génial", et finalement, dans la pratique, ce partage culturel, c'est un peu de la culture "en conserve", il y a une grosse perte de qualité.
Tel que c'est mis en place par l'industrie oui. Et c'est se moquer du monde. Mais ca n'est pas propre au numérique ou à Internet.

moudatski, le 02/09/2010 - 02:57
Je suis surtout sensible à la qualité du son, le CD est déjà nul par rapport au réel,
Genre...
moudatski, le 02/09/2010 - 02:57
mais le mp3 est à se taper la tête sur les murs
Sauf que justement, tu trouves de manière illégale du flac, de l'aac et consorts de bien meilleure qualité que sur les plateformes légales.
moudatski, le 02/09/2010 - 02:57
Je suppose que les gens qui savent apprécier le ciné doivent avoir la même réaction pour les formats actuels pour les films.
Oui, les DVD mpeg 2 vendus dans le commerce sont de moins bonne qualité que les BD rip.

moudatski, le 02/09/2010 - 02:57
C'est de la culture "de masse" : il suffit que ça divertisse, on s'en fiche si le son n'est pas génial, si l'image est moyenne, si c'est de l'à peu près. Okay, les gens sont contents, mais ce n'est pas rendre hommage à un artiste que faire une telle purée avec son oeuvre.
Rien à voir avec le numérique ni avec Internet.

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