Embryonnaire en 2007, avec à peine 150 000 lecteurs pour e-books vendus, le marché du livre électronique a connu une forte progression ces derniers mois, notamment grâce à l’impulsion d’Apple et d’Amazon. Les deux entreprises américaines ont commercialisé deux appareils, l’iPad et le Kindle respectivement, qui rencontrent un certain succès.

Mais le décollage de ce marché pourrait venir des utilisateurs eux-mêmes. Au Japon, les clients numérisent eux-mêmes leurs propres ouvrages, pour ensuite les copier sur leur dispositif. Selon le Mainichi Daily News, la numérisation à des fins personnelles d’ouvrages achetés légalement est autorisée au Japon.

D’après une étude menée par Macromill Inc, près de 20 % des utilisateurs d’iPad au Japon ont déjà numérisé au moins un ouvrage. Et 30 % des sondés qui n’ont pas encore franchi le cap songent à le faire prochainement. Cette nouvelle pratique aurait certainement un impact très positif sur les ventes de lecteurs de livres électroniques.

Nombreux sont ceux qui aimeraient en effet pouvoir emmener toute leur bibliothèque en vacances ou lors d’un déplacement quelconque. Le seul inconvénient réside dans les scanners. S’ils sont trop anciens, le processus de la numérisation page par page risque d’être rapidement fastidieux. Les modèles récents, plus chers, peuvent en revanche numériser les deux côtés d’une même page.

Cependant, cette pratique en plein essor soulève de nouvelles inquiétudes chez les ayants droit nippons. « Nous avons reçu de nombreuses requêtes des auteurs eux-mêmes, ce qui était inattendu. […] Juridiquement, nous naviguons dans une zone grise et nous voulons faire preuve de prudence » a expliqué Susumu Nishimagi, le patron d’une entreprise locale de numérisation.

Pour Yashio Uemara, directeur du Tokyo Denki University Press, le succès de la numérisation des ouvrages possédés est le signe que les éditeurs n’ont pas su répondre aux attentes des consommateurs. « Aujourd’hui est une période de transition vers de nouvelles formes de médias. Les éditeurs eux-mêmes devraient vendre des versions numérisées avec les livres imprimés, comme un package » a-t-il jugé.

En France, le Code de la propriété intellectuelle autorise la numérisation de n’importe quel ouvrage au titre du droit à la copie privée. C’est l’article L122-5 : « L’auteur ne peut interdire (…) Les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective« .

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