Depuis des décennies, l’industrie pornographique a toujours été en pointe dans l’utilisation des nouvelles technologies. C’est elle qui a le premier compris l’intérêt des cassettes VHS, c’est elle qui s’est mise la première au minitel, puis sur Internet, qui a proposé des services de vidéo à la demande (VOD) et c’est même elle qui a été le premier producteur de films HD DVD. C’est aussi celle qui a expérimenté depuis longtemps les films en 3D stéréoscopique, et encore elle qui a su le mieux exploiter le P2P a son bénéfice en inondant les réseaux de fichiers sous DRM qui ne dévoilaient leur contenu qu’après paiement. Ce sens de l’innovation permanente est ce qui fait le charme de l’industrie du charme.

Mais elle aussi panique devant des chiffres de vente en débandade, qui l’ont convaincu l’an dernier de demander un plan de sauvetage aux Etats-Unis. On l’a déjà vu par le passé s’organiser pour lutter contre le P2P, ou contre les sites de pornographie amateur comme PornoTube, YouPorn ou Yuvutu, où sont également hébergés des extraits de leurs films.

Ce mois-ci, c’est une vidéo de propagande des plus tristounettes qu’a diffusé l’industrie pornographique, avec certaines de ses stars et réalisateurs les plus célèbres. Le message est simple et écrit en toutes lettres sur YouTube : « Téléchargements illégaux = vol« .

Mais comment l’industrie pornographique d’habitude si imaginative peut-elle avoir une communication aussi banalement pitoyable ? Ca n’est pas en tournant des vidéos sur un ton aussi grave, sur fond gris et éclairage tamisé façon témoignage d’ancien prisonnier qu’elle va convaincre ses clients d’acheter des contenus. Au contraire, elle montre un visage des stars du porno que les amateurs de porno n’ont certainement pas envie de voir.

En cela, l’industrie du X fait la même erreur que l’industrie du disque. La vidéo nous rappelle en effet furieusement une campagne d’affichages qu’avait organisé le SNEP en 2005, digne de celles pour les chiens abandonnés de la SPA. « Téléchargez-moi légalement« , disaient les affiches qui présentaient Renaud, Corneille, Calogero, Eddy Mitchell, Zazie et d’autres avec de véritables têtes d’enterrement. Pour le résultat que l’on sait.

Au moins l’industrie porno aurait pu reprendre le délicat doigté du SNEP, ça aurait été plus à propos.

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