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L'Hadopi lance une consultation sur les moyens de sécurisation

Guillaume Champeau - publié le Mardi 27 Juillet 2010 à 00h10 - posté dans Société 2.0

Alors que le décret sur la procédure d'avertissement et de transmission des dossiers au juge doit être publié dans les prochaines heures ou les prochains jours, l'Hadopi lance une consultation sur les moyens de sécurisation que devront installer les abonnés. Pour la Haute Autorité, il s'agit d'un "service" rendu aux internautes, qui doit "protéger les utilisateurs". Mais les premiers mails partiront sans attendre la labellisation de ces moyens.

La Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) a annoncé lundi soir le lancement de la consultation publique imposée par la loi, relative aux spécifications fonctionnelles auxquelles devront se conformer les moyens de sécurisation qu'elle aura la charge de labelliser. Cette labellisation est sans enjeu pour l'envoi des premiers mails d'avertissement, puisque l'Hadopi a décidé par une interprétation biaisée de la loi de ne pas attendre l'attribution des labels pour faire peur au plus vite aux abonnés pris dans les mailles du filet. Elle leur dira qu'il est obligatoire de mettre en oeuvre un moyen de sécurisation pour éviter de passer devant le juge, mais sans leur dire lesquels.

Contrairement aux pratiques habituelles, la consultation n'est pas publiée sur un site Internet. Le document d'étape préparé par le professeur Riguidel, qui nous avait confié toute la difficulté de la tâche, n'est fourni qu'aux professionnels qui le demandent par e-mail, à l'adresse consultation-sfh@hadopi.net.

Ainsi, les "concepteurs de moyens de sécurisation, personnes dont l'activité est d'offrir un service de communication au public en ligne, sociétés de gestion et de répartition des droits et organismes de défense professionnelle régulièrement constitués" qui demandent le document pourront renvoyer leurs contributions jusqu'au vendredi 10 septembre (nous devrions logiquement l'obtenir rapidement, puisque nous sommes dans la catégorie des professionnels concernés).

"Au terme de cette consultation les objectifs des spécifications fonctionnelles des moyens de sécurisation seront connus", prévient la Haute Autorité, dont le secrétaire général Eric Walter avait jugé "hypocrite" le débat sur ces logiciels. Il ne s'agira pas de savoir dès septembre quelles sont les caractéristiques techniques que devront revêtir les moyens de sécurisation, mais simplement de déterminer à quels objectifs ils devront s'attaquer, pour en déduire les spécifications fonctionnelles attendues. "En attendant cette phase, l'Hadopi accompagnera les internautes dans un souci de pédagogie et d'explication", tient à rassurer la Haute Autorité.

Elle promet des "campagnes de sensibilisation (qui) s'adresseront à tous les publics en expliquant de manière très didactique les modalités de mise en oeuvre, d'utilisation et de mise à jour d'un moyen de sécurisation", sans attendre la labellisation. En effet, celle-ci si elle intervient un jour ne sera qu'un "service d'accompagnement pour l'internaute", un simple "critère d'appréciation positive pour l'Hadopi". C'est-à-dire que l'installation d'un moyen labellisé sera vu d'un bon oeil par l'Hadopi. Mais elle ne sera ni une assurance tous-risques, ni une obligation légale.

Rappelons que le principal décret de la loi Hadopi définit l'infraction de négligence caractérisée comme le fait de "ne pas avoir mis en place un moyen de sécurisation", ou d'avoir "manqué de diligence dans la mise en oeuvre de ce moyen". Mais il ne fait pas de lien explicite avec les moyens de sécurisation labellisés par l'Hadopi, selon la procédure prévue par l'article L135-26 du code de propriété intellectuelle et qui devra être précisée par décret.

Dans de nouveaux éléments de langage, l'Hadopi estime désormais que le logiciel labellisé "protège le patrimoine numérique de l'abonné", c'est-à-dire qu'il doit d'une pierre deux coups empêcher le piratage des oeuvres et empêcher l'accès aux documents confidentiels du foyer. C'est le même raisonnement que le filtrage des sites Internet censé protéger les internautes contre eux-mêmes. "Comme un logiciel de contrôle parental permet aux parents de protéger leur enfant, le moyen de sécurisation permet au titulaire de l'abonnement de protéger les utilisateurs", estime ainsi la Haute Autorité.

En principe, l'envoi des premiers e-mails devrait intervenir en septembre, si la question de la prise en charge des coûts d'identification des abonnés est réglée d'ici là.


Quels moyens de sécurisation ?

L'Hadopi qui ne donne aucun indice sur les premières conclusions de Michel Riguidel indique simplement que les moyens de sécurisation "se répartissent en deux familles" :

  • les liaisons sécurisées entre les différents appareils (boitier ADSL, modems, routeurs et terminaux). Ces liaisons sécurisées nécessitent un mot de passe (clé WEP ou clé WPA)
  • les logiciels de protection des ordinateurs : contrôle parental, anti-virus, antispam ou pare-feu.

Publié par Guillaume Champeau, le 27 Juillet 2010 à 00h10
 
 
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Commentaires à propos de «L'Hadopi lance une consultation sur les moyens de sécurisation»
 

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Si seulement ils pouvaient nous rendre le "service" de lâcher les baskets à Internet...

Je vois d'ici les "con-sultants" qui seront pris au sérieux. En gros, seulement ceux qui diront qu'il faut faire ceci ou cela, donc les boîtes qui vendent de la sécurité-poudre-aux-yeux. Quant aux vrais experts, ceux qui diront "vous ne pouvez pas faire ça", ils seront ignorés comme des merdes.

On reconnaît bien là toute la logique Hadopi.
En gros on met en place un label qui ne sert à rien. Juste à faire payer des logiciel supplémentaire à des internaute qui croiront être protégé par ces logiciel labellisés.

Hadopi, ou comment mettre en place une gigantesque pompe à fric ...
Je propose de déconnecter la France d'internet cela ira plus vite. ;)
Putain mes impôts! Mon pognon qui part en fumé pour ça?
Le mec de Telecom Paris(tech... ) ne leur à pas dit qu'il n'y avait pas de moyen de sécurisation?
Il est dangereux ce mec mais pas con( faut quand même être un tête pour être prof dans cette école... ). àa fait un moment qu'il a du les prévenir...
En gros on est tous coupable, mais si on achète leurs goodies ils sont contents, mais on est quant-même coupable, même si on a rien fait.

Et la marmotte...

:france:

ColdFire
Je le remet ici.

Le droit d'auteur c'est une invention issue de 1789 et de la "libre pensée" issue de la Renaissance, donc de l'opinion, et il y a autant d'opinions que d'habitants sur cette planète. Alors comment peut-on faire du mercantilisme avec de l'invisible issue du mental de l'ego, des idées qui appartiennent à tous ? Dieu est-il à vendre ?
Tous le système de "gagner sa vie" avec ses idées ou son tour de main est revoir de A à Z puisque non intégré à la vie humaine... tout court. C'est du même tabac que les loisirs, les musées, la culture, tous des échappatoires de l'esclavage du travail pour "gagner sa croute", donc de la viande pour les banquiers et en ce qui concerne le bruit et l'image qui bouge de l'industrie de l'entertainment, vaste entreprise de lavage de cervelle.
Vieux monde est le copyright et pire est celui des brevets.
Comment peut-on vendre un art, c'est contradictoire !?
Le berger qui souffle dans son roseau taillé en gardant ses bêtes va-t-il demander des droits de quelque chose ?
J'oubliais de préciser:

Message envoyé de la connexion de Mon Voisin.

Désolé je suis étudiant en stage je ne peux pas m'engager sur 2 ans pour avoir une connexion correcte. Ceci dit je ne télécharge pas illégalement de sa connexion...
Donc toutes les box soit disant en WPA2 ou même WEP seront sécurisées ??? Personne ne sera attaquable alors !

D'autant qu'une ENORME faille vient d'être découverte sur le WPA2 nommée Hole196...

S'il suffit de pirater une box sous WPA ou WEP pour DL, ma foi, pas de soucis...
Pourtant, lors du débat les ministres dont Mitterand nous avaient dit que tout était quasiment prêt.On nous aurait menti?
Au passage, je reviens de passer quelques jours dans la plus connue des chaines hoteliére espagnoles; celle des paradores. Presque partout j'ai eu accès au wifi avec des connexions non sécurisées. C'est un plus de grande qualité. Après une étape de 500 kms, tu ouvre ton ordi et tu te connectes sans problème. Je vois la tête des touristes étrangers par exemple arrivant dans les grands hôtels de France et à qui on va donner un mot de passe pour pouvoir se connecter dans leur chambre et surtout remplir un formulaire en 4 exemplaires sur papier carbone reconnaissant tous les risques d'un éventuel téléchargement. On n'arrête pas le progrès dans notre pays mais on fait tout pour qu'il prenne du retard.Allez encore un petit effort et on pourra fermer les salles de Congrès et les manifestations internationales par manque de participants.
c'est pas le genre de truc qu'ils auraient du commencer par faire AVANT de ne serait ce que rediger la loi (ou meme la voter en passant en force) ? c'est pas comme si ca avait un gros rapport avec la dite loi qui instaure un delit de negligence caracterisée de la securisation de l'aces

c'est sur que ca a rien à voir hein, la serucisation de la ligne, avec un delit qui te sanctionne de pas le faire

desole faut que j'aille rire (jaune) en coulisse
Heureusement que tout çà n'empêche pas de télécharger.
J'ai pas encore lu, mais rien que cette phrase me fait halluciner...

Pour la Haute Autorité, il s'agit d'un "service" rendu aux internautes

Sont trop sympa, fallait pas.
anguille, le 26/07/2010 - 23:23
Comment peut-on vendre un art, c'est contradictoire !?
Le berger qui souffle dans son roseau taillé en gardant ses bêtes va-t-il demander des droits de quelque chose ?
Non, par contre il faudra qu'il fasse gaffe : des fois qu'un inspecteur de la SACEM passe dans les parages, ou encore que son téléphone portable soit sur écoute par HADOPi (l'espionnage via téléphone mobile, même coupé - NDLR).
Pour la Haute Autorité, il s'agit d'un "service" rendu aux internautes, qui doit "protéger les utilisateurs"
Pour les citoyens, il s'agit d'un "service" rendu aux employés de la HADOPI, qui doit "protéger leurs privilèges" : leur remplir indûment les poches en touchant des salaires élevés pendant plusieurs années, pour faire un travail de shadock (inutile par définition).
Je parie que les "consultants" seront de bons amis de ceux qui trempent dans cette affaire.

A quant le procès pour ce gigantesque foutage de gueule ?
Je connais une autre famille de moyen : physique.
Comme le ciseau pour coupé le fil...
C'est pas un peu illogique?
- on veut defeinir un moyen de securisation
- on ne peut parler que si on concoit des moyens de securisation.

Ce n'est pas un peu "pas defini" pour l'instant?
anguille, le 26/07/2010 - 23:23
Comment peut-on vendre un art, c'est contradictoire !?
Mouais....

Lis le livre de Naomi Klein "No Logo". Le schisme théorique entre art pur et mercantilisme que tu mets en avant n'a jamais vraiment existé. La culture a toujours été au court du temps un jouet pour les riches et les puissants, qui ont souvent subventionné les plus grands artistes ce qui n'a pas empêché de donner des choses formidables par ailleurs. Si il fallait vivre dans une misere sans nom pour pouvoir produire de l'art sublime sans en vivre, il n'y aurait pas grand chose...

C'est un peu énervant ces visions ultra cartésiennes (these antithese), binaires et manicheennes entre art et commerce des qu'il y a un debat sur l'art, la musique...
Naomi Klein "No Logo",chapitre 2

"La perte d'innocence de notre culture est avant tout une fiction romantique. Même s'il y a toujours eu des artistes pour lutter férocement afin de protéger l'intégrité de leur travail, ni les arts, ni les sports ni les médias n'ont jamais joui, même théoriquementn de la souveraineté qu'imagine McAllister*. Les produits culturels sont depuis toujours les jouets préférés des puissants : riches hommes d'état tel Caius Cilnius Maecenas, qui accorda a Horace une propriété pour y écrire, en 33 av. JC ; ou Francois Ier et la famille Médicis dont l'amour des arts soutint le statut des peintres, de la Renaissance au XVIe siecle. Avec des degrés d'ingérence variables, notre culture a été édifiée sur des compromis entre l'idée du bien public et les ambitions personnelles, politiques et financières des riches et des puissants."

Alors bon, les argumentstype "art vs commerce, c'est bien pour les dissertes de terminale du bac, mais pas dans la vie relle quoi.

*Ce McAllister disait "Chaque fois que le commercials'immisce dans le culturel, l'intégrité de la sphère publique est affaiblie par cet empiètement de la promotion commerciale".

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