L'HADOPI passera en force pour envoyer ses premiers mails (MAJ)
Guillaume Champeau -
publié le Mardi 04 Mai 2010 à 08h50 -
posté dans Société 2.0
![]() Selon nos informations, l'Hadopi pourrait s'engouffrer dans une toute petite faille de la loi pour envoyer ses premiers e-mails d'avertissement sans préciser aux abonnés comment respecter l'obligation qui leur incombe de sécuriser leur accès à Internet. Mise à jour : L'Hadopi a confirmé lundi soir lors d'une conférence de presse que l'envoi des premiers mails se fera sans attendre la publication des fonctionnalités pertinentes que devront revêtir les moyens de sécurisation. Michel Riguidel, enseignant-chercheur à Telecom Paris Tech, doit rendre en septembre un rapport sur les fonctionnalités souhaitées, mais l'envoi des premiers mails pourraient bien se faire fin juin. Par ailleurs, l'Hadopi a laissé entendre que l'installation d'un moyen de sécurisation pourrait ne pas être suffisante à prouver sa bonne foi en cas d'infraction répétée, et qu'elle demandera aux internautes suspectés d'apporter des éléments complémentaires. Ce qui pose une question : quid, une fois encore, de la présomption d'innocence ? Le décret en Conseil d'état sur la définition de la sanction de négligence caractérisée pourrait par ailleurs être publiée d'ici deux mois, selon les voeux pieux de l'Hadopi. Article du 19 avril 2010 - Il y a quelques semaines, nous expliquions pourquoi les premiers mails d'avertissement aux abonnés à Internet dont l'accès est utilisé pour pirater ne pourraient pas partir au mois de juin, comme dit le souhaiter le gouvernement. C'est toujours vrai, mais la raison essentielle que nous évoquions ne devrait pas être le principal frein. Confrontée à l'impossible, la Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (HADOPI) devrait tenter le passage en force. Accrochez-vous, tout est dans la nuance. En effet, nous disions dans notre précédent article que pour envoyer ses e-mails, l'Hadopi devrait nécessairement attendre la publication du décret sur la procédure de labellisation des moyens de sécurisation des accès à Internet. Puis attendre que de premiers logiciels soient effectivement labellisés, ce qui prendra au minimum plusieurs semaines après la publication du décret. Pour affirmer cela, nous nous basions sur l'article L331-25 du code de la propriété intellectuelle qui dispose que l'avertissement envoyé par mail devra enjoindre l'abonné de "respecter son obligation (de sécurisation)", et nécessairement l'informer sur "l'existence de moyens de sécurisation permettant de prévenir les manquements à l'obligation (de sécurisation)". Puis l'article L331-26 du même code dit que l'Hadopi "après consultation des concepteurs de moyens de sécurisation destinés à prévenir l'utilisation illicite de l'accès à un service de communication au public en ligne (...) rend publiques les spécifications fonctionnelles pertinentes que ces moyens" de sécuriation "doivent présenter". Il dit aussi que l'Hadopi labellisera "les moyens de sécurisation" en prenant en compte "leur conformité aux spécifications visées" et "leur efficacité". Etant donc sous-entendu, ce qui est évident, qu'un moyen de sécurisation n'est pas réputé efficace contre le piratage avant d'avoir été testé et approuvé par les services de l'Hadopi. Cependant, il n'existe pas de lien parfaitement explicite et irréfutable dans la loi entre l'obligation d'informer l'abonné qui reçoit l'avertissement de l'existence "de moyens de sécurisation", prévue à l'article L331-25, et la publication des "spécifications fonctionnelles pertinentes" que "des / les" moyens "doivent présenter", prévue par l'article L331-26. En écrivant "ces moyens" ou "les moyens" plutôt que "les moyens visés à l'article L331-25", le législateur a laissé une minuscule brèche que l'Hadopi pourrait exploiter, avec une mauvaise foi confondante. Or selon nos informations, c'est exactement ce qu'elle compte faire. De source très proche de l'HADOPI, nous avons en effet appris que les premiers e-mails pourraient partir en informant simplement l'abonné que des moyens de sécurisation existent, sans lui dire ni lesquels ni comment les installer. Mais en lui précisant tout de même qu'une liste de moyens de sécurisation labellisés sera publiée un jour, plus tard, dans une autre vie. La belle affaire. Devant l'impossibilité de labelliser des moyens de sécurisation bien incapables de montrer "leur efficacité" contre le piratage, l'Hadopi devrait donc se contenter d'avertir l'abonné sans l'instruire sur les moyens mis à sa disposition pour obéir à la loi. Une situation inique, qui rend toute condamnation par les tribunaux improbable. Sur ce point, l'Hadopi elle-même ne croit pas que des dossiers d'abonnés avertis pourront un jour aller jusque dans les mains d'un juge. Par crainte qu'une relaxe pour manque de preuves ou par absence de moyens de respecter la loi ne soit prononcée et fasse s'écrouler tout l'édifice de la riposte graduée. Mais aussi par simple calcul statistique. Selon nos sources, seules 10 à 15 % des adresses IP relevées feront l'objet d'avertissements. Comme nous l'avions révélé l'an dernier, seul un échantillon des adresses sera conservé, par des méthodes algorithmiques confidentielles qui prendront notamment en compte les risques de récidives, ou l'origine géographique de l'IP prélevée. Or le nombre des adresses prélevées étant déjà limité, les chances de tomber de manière répétée dans les mêmes filets, puis d'être chaque fois pris dans l'échantillon retenu jusqu'à la saisine d'un juge sont sinon nulles, au moins très faibles. à lire aussi
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Commentaires à propos de «L'HADOPI passera en force pour envoyer ses premiers mails (MAJ)»
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Killua
le 19/04/2010 à 12:21
"Lol", y'a que ça a dire quand on est dépité.
N'existe-il pas un genre de "respect de l'esprit de la loi" pour éviter justement ce phénomène de sodomie de drosophile ?
Je suis tout de même consterné...
Pour ceux qui connaissent les administrations, HADOPI serait donc la première administration qui entreprend des démarches alors qu'elle sait qu'elle ne peut pas gagner en justice. D'autre part et de ce fait, l'avertissement ressemble à des menaces sans preuve ni solution, et donc à un harcèlement sans qu'aucune culpabilité ne puisse être reconnue. La situation est de plus en plus ubuesque, il ne restera donc plus que le législateur qui puisse la solutionner ou la non-application par HADOPI de la seule tâche qui lui a été confiée, mais de cela je n'y crois guère vu qu'ils perdraient leurs boulots et donc leurs revenus. @Oazar : Oui, jurisprudence ou conseil d'état, mais si l'on suit l'article ça n'y passera pas. Kad, le 19/04/2010 - 12:12 les premiers e-mails pourraient partir en informant simplement l'abonné que des moyens de sécurisation existent, sans lui dire ni lesquels ni comment les installer No soucy, suffira de répliquer que leur relevé est faussé, puisque que des moyens de sécurisation, tels qu'indiqués dans leur missive, ont pourtant bien installés. Sans leur dire lesquels ni comment ils ont été installés Et de rigoler, de toute façon. vous avez l'air d'avoir tous des excellentes notions de droit, ya un journaleux qui vous raconte des trucs et vous y croyez tous... prenez un peu de recul et voyez que l'hadopi ils sont sans doute des meilleurs juriste que vous ! c'est pareil avec la liste des oeuvres recherché par l'hadopi publié sur peerates, c'est que du bidon j'imagine pas un seul instant que cette liste sera reconstituable !
à ce rythme là j ai l impression que le bouricot va à nouveau etre utilisé , dans l idée que ca sois repéré (p2p) ou pas , de toute facons c est pas bien grave on recois un spam et c est tout , hein c est un peu ce que je retiens
qaruk.zurack, le 19/04/2010 - 13:03 Kad, le 19/04/2010 - 12:12 les premiers e-mails pourraient partir en informant simplement l'abonné que des moyens de sécurisation existent, sans lui dire ni lesquels ni comment les installer No soucy, suffira de répliquer que leur relevé est faussé, puisque que des moyens de sécurisation, tels qu'indiqués dans leur missive, ont pourtant bien installés. Sans leur dire lesquels ni comment ils ont été installés Et de rigoler, de toute façon. s et pour la vanne de qaruk zurack: Rrrrroooooh Bonjour,
Si la HADOPI s'engouffre réellement dans cette faille, cela sera une véritable aubaine pour nous. Envoyer, en somme, des emails pour informer l'abonné qu'il a été détecté à télécharger X ou Y à telle ou telle date sans devoir préciser comment se conformer à la loi, c'est avec un plaisir non dissimulé que nous nous attellerons à la tâche. Nous espérons de passionnés débats dans les familles pour savoir qui a téléchargé "Interracial.Fuck.Sluts.2009.XXX.DVDRiP.XviD-WDE.avi" Le but n'est pas tant de faire peur et noyer le poisson qu'ouvrir le débat sur les méthodes de la "lutte contre le piratage" de façon radicale. Hadopiquement vôtre @fcna2005: pas faux. Je n'y connais rien en droit, pour ma part, juste assez pour savoir que c'est affaire de spécialistes et que je me garderai bien de brandir un argument juridique.
En même temps, leurs bons juristes ne les a pas empêchés de se faire censurer par le CS. Et si leurs juristes sont d'aussi bonne qualité/d'aussi bonne foi que leurs experts informatiques... Hadobi, le 19/04/2010 - 13:13
Nous espérons de passionnés débats dans les familles pour savoir qui a téléchargé "Interracial.Fuck.Sluts.2009.XXX.DVDRiP.XviD-WDE.avi" Le but n'est pas tant de faire peur et noyer le poisson qu'ouvrir Il n'est pas prévus d'indiquer le nom des fichiers "contrefaits". C'est censé éviter ce genre de problème mais surtout limiter les contestations possibles. Hadobi, le 19/04/2010 - 13:13 savoir qui a téléchargé "Interracial.Fuck.Sluts.2009.XXX.DVDRiP.XviD-WDE.avi" euh... que... Une IP récidiviste?
De toute façon, c'est bien connu, comme dirait un certain Eric Z. "la majorité des IP récidivistes sont des 255.192.168.1 et des 255.168.192.2"... Malheureusement, je ne peux pas donner raison à fcna2005. Après tout, Kad a une maîtrise de droit.
La loi se doit d'être avec une exactitude irréprochable dans ce qu'elle implique dès son adoption. Car autrement, tout un chacun pourrait la violer impunément, ou tout agent des forces de l'ordre pourrait la détourner à son avantage (ou celui d'un tiers) jusqu'à ce qu'un juge applique le sparadrap. La Hadopi a une armée de juristes avec elle, mais les citoyens lambda (premiers visés par cette loi), eux, ils n'y connaissent rien (bien bien nombreux sont ceux qui n'iront pas demander conseil à un avocat). Pourquoi donc le législateur n'aurait t-il pas eu des intentions malhonnêtes en faisant adopter les lois Hadopi 1 et 2 au parlement ? hiaku, le 19/04/2010 - 13:30
Une IP récidiviste? De toute façon, c'est bien connu, comme dirait un certain Eric Z. "la majorité des IP récidivistes sont des 255.192.168.1 et des 255.168.192.2"... Il est déjà prévus de trouver de dangereux récidivistes à cette adresse. Ecrit par DarKCallistO le 19/04/2010 à 10:31:53 #41 haut Connecté INpactien avatar Inscrit le 11 décembre 07 lilorox a écrit : De toute façon, on saura vite quelles sont les plages d'adresses IP de ces fameuses entreprises non ? C'est déjà le cas. Toutes les IP dans la tranche 193.107.240.0/22 serait suspectes, selon lui. En regardant ce qu'elles demandent, il a pu en déduire la liste des oeuvres surveillées. Pour info,les ip situé entre 193.107.240.0 a 193.107.243.255 appartiennent a une entreprise de pêche a la ligne.
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