L'affaire Woerth et la tentation de discréditer Internet et Mediapart
Guillaume Champeau -
publié le Mardi 06 Juillet 2010 à 20h17 -
posté dans Société 2.0
![]() Un média sur Internet ne peut pas avoir des informations sérieuses. C'est par ce raccourci hasardeux que le gouvernement, appuyé par TF1, entend discréditer les attaques dont fait l'objet le ministre du travail Eric Woerth.
Dans le cas de l'affaire Bettencourt, le ministre du travail Eric Woerth avait commencé dès le 27 juin sur RTL et LCI à tenter de détourner l'attention vers Internet, en répondant aux questions de Jean-Michel Aphatie dans le Grand-Jury. Il avait dénoncé "les journaux en manque de vente" en visant le JDD qui avait évoqué l'affaire des lingots volés de Robert Peugeot, puis dénoncé "les tribunaux qui se créent sur Internet" à son encontre. Le lendemain, lors des premières questions au gouvernement sur ce qui allait devenir "l'affaire Woerth", il persévérait. "Comment pouvez-vous prendre sans aucune distance des informations relayées par un site Internet dans un but commercial, et peut-être même politique ?", avait ainsi demandé le trésorier de l'UMP aux députés de l'opposition. En utilisant le terme "relayées" plutôt que "révélées" ou même "proférées", le ministre déniait déjà au site Mediapart la possibilité d'être un média comme les autres, et le mêlait à un simple bloubiboulga d'échos diffus sur Internet. Aujourd'hui, le mot d'ordre est repris. La tactique a été relayée dans l'hémicycle par l'actuel ministre du budget François Baroin, qui lorsqu'il était député avait défendu avec vigueur l'absence du juge dans le filtrage du net prévu par la loi Loppsi. M. Baroin a ainsi tenté d'assimiler les révélations issues de Mediapart, qu'il ne nomme pas, aux courants d'extrême droite. "Est-ce que vous vous rendez compte que vous êtes en train de tracer le sillon des extrêmes et de l'extrême droite ? (...) Comment vous pouvez jeter l'anathème sur les uns et sur les autres, sans preuve, en additionnant des tweets, les blogs, des gens qui règlent des comptes, des opposants politiques qui ne partagent même pas vos valeurs... Comment vous pouvez continuer sur ce chemin-là ?", a demandé le ministre pour défendre son collège Eric Woerth. Incidemment, le même dénigrement de Mediapart a été insufflé sur TF1 par Jean-Pierre Pernaut dans son journal de 13H, comme le relève Arrêt Sur Images :
De quoi remettre à l'ordre du jour l'idée de Renaud Donnedieu de Vabres, qui voulait labelliser les sites Internet de presse parce qu'il "'n'y aura pas d'informations de qualité sur l'Internet sans de vrais signatures, de vrais acteurs dont c'est le métier" ? Sans doute non, car avec sa rédaction de journalistes professionnels dirigée par Edwy Plenel, Mediapart serait sans aucun doute labellisé, ce qui ne ferait que renforcer sa crédibilité alors que tous cherchent à le dénigrer... à lire aussi
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Commentaires à propos de «L'affaire Woerth et la tentation de discréditer Internet et Mediapart»
Interview de la comptable dans le monde;
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Elle raconte ensuite comment se préparaient ces rencontres : "M. Bettencourt me disait:" j'ai besoin de telle somme", généralement 50 à 100 000 euros. Après avoir retiré cette somme à la banque, lorsque celle-ci n'était pas disponible dans ma caisse, je la remettais à M. Bettencourt après avoir fait des liasses de 10 000 euros (…) M. Bettencourt me disait qu'il avait besoin de cette somme le jour même, en fonction de ses invitations ou de ses rendez-vous. Je constatais que l'enveloppe que je lui avais remise était vide après ces rendez-vous, car en me demandant de nouveau de l'argent, j'avais accès à sa serviette posée dans son bureau. Dans cette serviette il y avait l'enveloppe dont M. Bettencourt me demandait de vérifier le contenu. Soit cette enveloppe était vide, et M. Bettencourt me demandait de l'argent, soit il restait de l'argent, et il disait que ça suffisait ou me demandait de compléter". Mme Thibout n'a assisté à aucune remise d'enveloppes à des hommes politiques. Elle déclare cependant : "M. et Mme Bettencourt étaient des personnes généreuses, et il y a eu beaucoup de personnes politiques qui ont reçu de l'argent". Elle ajoute : "Je ne veux pas faire de délation (…) pour ce qui est de M. Woerth, si il n'y avait pas eu les histoires de carnets, je n'en aurais jamais parlé à personne…" Ces fameux carnets, où la comptable couchait les sommes décaissées. Elle confirme en tous points l'épisode qu'elle avait déjà relaté tant aux enquêteurs qu'à Mediapart. "M. de Maistre m'avait demandé avant les élections présidentielles de 2007 d'aller lui chercher 150 000 euros à la banque (…). Je lui ai demandé pourquoi une telle somme, il m'a répondu qu'il devait organiser un dîner avec M. Woerth pour la lui remettre. Il voulait que cela se passe par l'intermédiaire de Mme Bettencourt (…) Je lui ai dit que ce n'était pas possible surtout pour l'usage qu'il voulait en faire. Il s'est énervé". Claire Thibout aurait alors dénoncé ces agissements auprès d'Eva A., chargée de clientèle à la BNP, qui aurait ensuite expliqué à M. de Maistre que tout cela ne pouvait se faire sans attirer l'attention de Tracfin, l'organisme anti-blanchiment de Bercy. Finalement, Claire Thibout ne disposera que de 50 000 euros. "J'ai mis dans une enveloppe la somme de 50 000 euros pour Mme Bettencourt. Il [M. de Maistre] m'a dit qu'il se débrouillerait du reste. Un peu plus tard, il a fait un commentaire, du style " des fois ça sert d'avoir des comptes en Suisse ". C'était lui qui gérait les comptes de Mme Bettencourt à l'étranger…". Elle le dit encore : "J'ai été là au moment où j'ai remis à Mme Bettencourt une enveloppe qu'elle a remise à Patrice de Maistre". Tant M. de Maistre que M. Woerth ont catégoriquement nié. La date avancée par Mme Thibout dans Mediapart, à savoir le 26 mars 2007, n'est semble-t-il pas la bonne. Elle indique n'avoir jamais dit à Mediapart "oui c'est le 26 mars", et ne peut être plus précise que dans ses premières déclarations aux policiers. Cette scène se serait donc déroulée en mars-avril 2007. Les agendas de M. de Maistre, fournis à la police, ne portent aucune trace d'un dîner avec M. Woerth, à cette époque. "Je sais que ce dîner a eu lieu, croit savoir la comptable, car M. de Maistre me l'a dit..." Claire Thibout devait être confrontée à M. de Maistre, jeudi 8 juillet. Des conseillers BNP, comme on en fait plus, au service du client pour les aider à limiter les risques d'être découvert pour des opération de blanchiment d'argent. La Balle de Bettencourt
Il y a des gourous que tu payes pour qu’ils t’apprennent à ne pas te mettre le doigt dans l’½il. Il y a des gourous que tu payes pour qu’ils t’apprennent à te mettre le doigt dans l’½il. Il y a des gourous que tu payes pour que tu apprennes à leur obéir au doigt et à l’½il. La fille Bettencourt soupçonne sa mère d’en avoir plusieurs qui ont l’½il pour faire faire à son doigt des milliards de merveilles. Et Dieu soupçonne la fille d’être intéressée par les biens… et non par le Bien de sa toute vieille. Si ce qu’il dit dans la Bible est vrai, la fille se retrouvera bientôt parmi les débiles mentaux à confondre un doigt avec un ½il. Désolée, mais le nombre de gens qui nous veulent du bien, A moi, ça me donne soif… soif de méchanceté ! http://www.tueursnet...e%20Bettencourt
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Maintenant une question : comment se fait-il que la comptable ait changé d'avis ?
Car tout de même les entretiens avec cette comptable (cf Médiapart) ont été fait devant témoins ... Par ailleurs elle n'est pas revenue sur tout ce qu'elle avait dit (je dis avait et pas aurait pour équilibrer par rapport à ceux qui s'informent via le Figaro;))
Au passage : peut-être qu'elle a choisi Médiapart parce que justement c'est un média indépendant ...