Hadopi : Il faut arrêter de construire la ruineuse ligne Maginot !
Guillaume Champeau -
publié le Vendredi 02 Juillet 2010 à 12h01 -
posté dans Société 2.0
![]() Incroyablement coûteuses, juridiquement très fragiles, la riposte graduée et l'Hadopi n'auront sans doute aucun effet sur le piratage. Elles vont en revanche contribuer à creuser plus encore le déficit public, et les ressources des ayants droit. Il est encore temps de mettre fin à cette ligne Maginot qui sera rapidement contournée par les internautes.
Jeudi, nous rapportions que le syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL) avait chiffré à 420.000 euros par an le coût de la collecte des adresses IP sur les réseaux P2P. Pour ce prix, le syndicat du jeu vidéo peut s'offrir la collecte de 25.000 adresses IP par jour, ce qui est beaucoup, mais pour seulement 100 titres à surveiller. Sans doute suffisant pour l'industrie du jeu vidéo, où les productions à télécharger sont peu nombreuses, mais très insuffisant pour l'industrie de la musique où le nombre de fichiers MP3 à "protéger" est gargantuesque. "Pour l'industrie du disque, ça ne sont pas 100 titres qui seront surveillés.... mais 10.000 titres. Et 50.000 adresses IP collectées par jour sont annoncées. On imagine la note beaucoup plus salée encore", écrivions-nous hier. Confirmation ce matin, par Le Nouvel Observateur. Le magazine a interrogé Marc Guez, le directeur général de la Société Civile des Producteurs Phonographiques (SCPP), qui concède que "cela nous coûte beaucoup plus cher" que le SELL. "Plusieurs millions d'euros", avoue-t-il. Marc Guez confirme ce que nous disions des coûts faramineux engendrés par l'obligation faite à la société TMG de télécharger des bouts de fichiers pour s'assurer de ne pas collecter des adresses IP innocentes. "Nous avons adopté des contraintes techniques lourdes destinées à éviter tout risque d'erreur sur les adresses collectées et pour avoir une couverture géographique nationale", indique-t-il pour justifier des coûts de collecte qui sont néanmoins "plus bas par rapport aux coûts des systèmes comparables dans les autres pays européens". Aux millions d'euros de collecte des adresses IP, il faut en plus ajouter le coût de fonctionnement de la Hadopi estimé cette année à plus de 10 millions d'euros, et le coût d'identification des abonnés suspectés. Or actuellement, comme nous l'a confirmé la Fédération Française des Télécoms, la question des "compensations financières et leurs modalités" doit toujours être discutée avec le gouvernement. La loi actuelle impose un dédommagement de 8,5 euros par adresse IP à identifier, soit 425.000 euros par jour rien que pour l'identification des 50.000 adresses IP promises par l'industrie musicale, et les discussions ne semblent pas avancer d'un iota depuis plus de deux ans. Ce sont là des fortunes englouties dans la construction d'une ligne Maginot numérique. Pour préparer la guerre, l'Etat avait investi selon des historiens environ 2,5 milliards d'euros dans sa construction, ce qui n'a pas empêché la France de perdre la guerre en voyant cette ligne détournée par les Allemands (c'est peut-être pour ça que les pirates avaient été comparés à des nazis par Maxime Le Forestier...). Or si l'Hadopi est "techniquement prête" à envoyer ses mails, les internautes sont eux aussi aussi "techniquement prêts" à les éviter en passant par des méthodes de téléchargement à l'abri des chasseurs de pirates. Tout ça pour quoi ? Pour un mécanisme de riposte graduée qui violera la présomption d'innocence puisque ça sera à l'abonné d'apporter la preuve qu'il a sécurisé son accès à Internet, et qui sanctionnera l'internaute qui n'a pas sécurisé efficacement son accès à Internet, sans lui dire comment le protéger. Mais qui, pour éviter ces accrocs, évitera soigneusement d'aller au delà du simple avertissement par mail, puisque celui-ci n'ouvre droit à aucun recours en annulation devant une juridiction (quoique sur ce point, notre petit doigt nous dit que certains attendent de pieds fermes les premiers avertissements, et notre petit doigt est très bien renseigné). Enfin du point de vue purement budgétaire, en temps de rigueur, quel sera le rapport coût/bénéfice de la riposte graduée pour l'Etat ? Sans même parler du coût de l'identification des adresses IP, si l'Etat dépense 10,5 millions d'euros cette année pour le budget de l'Hadopi, il faudra un retour sur investissement d'au moins autant en recettes fiscales pour ne pas creuser le déficit public. Lorsqu'il est vendu 0,99 euros, un MP3 rapporte 16 centimes de TVA à l'Etat. Pour compenser les 10,5 millions d'euros de budget de l'Hadopi, il faudra vendre plus de 65 millions de fichiers musicaux cette année, en plus de ceux qui auraient de toute façon été achetés sans l'Hadopi. Si l'on ajoute les 25 millions d'euros par an que l'Etat entend dépenser dans la Carte Musique Jeune, c'est 222 millions de fichiers MP3 supplémentaires qu'il faut vendre. Et si l'on ajoute le coût des compensations financières à accorder aux FAI, le calcul devient surréaliste. Il n'est pas trop tard pour faire marche arrière. Mais plus le gouvernement et les ayants droit s'entêteront, plus il deviendra difficile de se désavouer et de déconstruire un monstre administratif dont on ne saura plus quoi faire. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Hadopi : Il faut arrêter de construire la ruineuse ligne Maginot !»
La copie privée a t'elle interdit en même temps la vente de musique. Non, on a vus la vente de cassette vierge, il y a eut des cassettes enregistrée moins nombreuse et d'autres support de musique pour ceux qui voulaient une meilleur qualité.
Le problème aujourd'hui est que les artistes et les maisons de disque ne voient pas la vente de musique comme une vente d'un produit de qualité (c'est un produit dont on demande aux acheteurs légaux de remettre la mains à la caisse tous les deux ans; itunes et le retrait des DRM), et dont les présidents des major acceptent régulièrement de dire que l'offre pirate est meilleur que l'offre légale (qualité des morceau, ergonomie d'utilisation des œuvres et des plateformes). Comme la copie privée en son temps, la licence légale n'a pas pour but de remplacer totalement la vente de musique. Encore pour cela il faudrait que les artistes et les major se sortent les doigts du cul et proposent une offre légale de qualité (Lorsque l'on achète un disque physique, on a un support qui garantis la possession de cet objet pour aujourd'hui plus de 20 ans, et qui permet sa revente pendant cette durée). Lorsque l'on parle numérique, le gros problème est la conservation des données sur des larges, durée qui va nécessiter des copies multiples (disque dur, CD, support externes soumis à copie privée) ou à re télécharger régulièrement certaines œuvres pour adapter les standards à l'évolution des matériels de lectures sur 20 ans. Si plutôt que de chercher à enculer leurs acheteurs tous les deux ans en leur revendant toujours les mêmes morceaux, les vendeurs de musiques faisaient comme les SSII qui font du logiciel libre du support dans le temps en garantissent à l'acheteur que si il achète sont morceau, il en garantissent le support et les mise à jour gratuite de format ou pendant 25 ans. Que si ils souhaite s'en défaire, il peut en occasion revendre la durée de support restante à un tiers au lieu qu'elle aille dans la corbeille de son ordinateur. On reviendrait au temps anciens où face à la cassette audio, l'industrie cherchait à proposer un meilleur produit et non à vendre seulement des cassettes audio. Au lieu de cela, cette industrie et les auteurs croient qu'ils peuvent vendre un produit de moins bonne qualité et au lieu d'améliorer leur produit se rêvent en rentier imbécile sur des siècles et des siècles. On a déjà vécus cela il y a 30 ans, si les ayant droits vendaient un produits de qualité, la licence légale serait comme la copie privée en son temps, un marcher accessoire de la musique. Et il est quand même fou qu'une industrie ne se pense pas comme étant capable d'avoir une offre au niveau de la qualité de l'offre pirate. Ils se sont auto-générés des emplois super bien payés pour ne rien faire, faut pas croire qu'ils vont revenir en arrière...Ils vont juste continuer à ne rien faire en faisant croire aux médias que leur action est super efficace...
zabre, le 05/07/2010 - 00:26
Des volontaires pris au hasard écoutent ton oeuvre (imaginons une radio "découverte" à la deezer par exemple) et disent ensuite si oui ou non c'est un oeuvre que l'on peut considérer comme telle. A partir de ce moment, tu deviens inscrit en tant qu'artiste.
Super. Tu sais que ça existe déjà au Japon : faire des sondages pour produire de la musique conforme au goût de ce qu'attend le public. Bref, le pire des systèmes : le pauvre type qui a 5 ans d'avance sur les goûts du public passera à la trappe. Le public ne doit pas dire s'il AIME la musique proposée en tant qu'oeuvre. Il doit dire s'il s'agit bien d'une oeuvre ! Par exemple, moi, je ne supporte pas -M-. Mais si on me demande si un de ses morceaux est une oeuvre musicale, je vais dire bien évidemment ! Le but est seulement d'empêcher un idiot de brailler dans le micro de sa webcam et de déposer ça comme oeuvre afin de récupérer des sous du système. Pas d'empêcher des artistes, même avant-gardistes, de proposer au public leurs oeuvres. zabre, le 05/07/2010 - 00:26
Toute une usine à gaz pour ça ? Et financée comment ? Tout ça pour dire "ce mois-ci, j'ai écouté Charlélie Couture et je veux le payer". Tu sais qu'il y a des moyens plus simples ? Je te donne un indice : cela s'appelle un magasin. Usine à gaz, je t'ai déjà prouvé que non, en te sortant même la définition d'une "usine à gaz" (au sens figuré). Financée comment ? Eh bien il s'agit d'une cotisation que font les internaute chaque mois... tu n'as vraiment rien suivi depuis le départ si je comprends bien ? Enfin, je t'ai déjà dit que le magasin me permet de payer un album sur lequel je rémunère le magasin et la maison de disque. En aucun cas je n'ai la moindre garantie que l'artiste touchera quoi que ce soit, et je t'en ai même donné un exemple : "30 seconds to mars". Que puis-je faire de plus à part t'inviter à relire ce que j'ai déjà écrit ? zabre, le 05/07/2010 - 00:26
Et les téléchargements d'artistes français par des internautes étrangers ? En quoi, actuellement, les systèmes français prennent-ils en compte l'activité culturelle des étrangers ? Donc pourquoi un nouveau système devrait-il le prendre en compte ? J'en viens à me dire que tu es un sous-fifre de Pascal Nègre qui n'a pour seul objectif que de nous faire perdre du temps. Une telle quantité de mauvaise foi n'est possible que dans deux situations : la panique (aux innocents les mains pleines) et / ou la profonde incompréhension. Comme il me semble avoir été pas mal clair et que tes questions tournent à l'impertinence en revenant inchangées même lorsqu'une réponse a déjà été apportée, j'en tire la conclusion que tu ne me respecte pas. Soit parce que tu ne lis pas mes réponses, soit parce que tu les ignores volontairement. Dans ces conditions, je ne peux plus débattre avec toi - et, au passage, je te méprise très vulgairement, quoi que j'ai décidé de ne pas m'étendre sur ce dernier point. Hadopi donne AVANT TOUT du boulot TRES BIEN REMUNERE (on entend parler de 185 000 euros max par an [le chiffre qui est occulté dans le courrier reçu par l'internaute ayant questionné la CADAV]) à Franck Riester !
db bourgpat, le 05/07/2010 - 09:43 Si plutôt que de chercher à enculer leurs acheteurs tous les deux ans en leur revendant toujours les mêmes morceaux, les vendeurs de musiques faisaient comme les SSII qui font du logiciel libre du support dans le temps en garantissent à l'acheteur que si il achète sont morceau, il en garantissent le support et les mise à jour gratuite de format ou pendant 25 ans.Croux, le 05/07/2010 - 17:05
bourgpat, le 05/07/2010 - 09:43 Si plutôt que de chercher à enculer leurs acheteurs tous les deux ans en leur revendant toujours les mêmes morceaux, les vendeurs de musiques faisaient comme les SSII qui font du logiciel libre du support dans le temps en garantissent à l'acheteur que si il achète sont morceau, il en garantissent le support et les mise à jour gratuite de format ou pendant 25 ans.C'est ce que je dis, les SSII vendent un support comme les disque était jusqu'à maintenant le support de la musique. Après la question se pose au niveau de la conservation sur le long terme aujourd'hui de la musique où l'achat et le transfert entre différents disques dur, support mémoriels à un cout tant au niveau matériel qu'au niveau de la copie privée. De même dans le cadre d'une licence légale le fait de re télécharger un morceau pour le mettre à jour pendant 20 ans, aurait aussi un cout. Après si le cout de support proposé par les vendeurs de musique est compétitif par rapport à ces couts de stockage et téléchargement sur le long terme, alors un marcher existe pour les ayant droits. Si ils cherchent à vendre des cassettes enregistrées pour concurrencer des cassettes vierges, on a déjà vus le résultat il y a 20 ans. Il faut arrêter de faire croire, que la conservation de la musique en numérique pour les 20 prochaines années ne va pas avoir un cout qui est trop important par rapport à la qualité des morceaux vendus aujourd'hui. PS, Aujourd'hui si tu achète un morceau, tu sera incité à le conserver et il te coutera de l'argent ou de l'espace de stockage dans l'éventualité qu'il t'intéresse dans 20 ans. Le fait de passer d'une économie du morceau (équivalente à l'économie de la cassette enregistrée) à une économie du support permet de gérer la revente en occasion du support additionnel. Tu retrouve une économie avec un gain en espace disque que tu peux libérer et en argent avec un marcher de l'occasion là où il n'existait que de la perte dans l'économie du morceau (perte d'espace disque pour conserver cette information, où corbeille finalement avec effacement complet du morceau). zabre, le 04/07/2010 - 13:56
quand tu me cites, déjà apprend à le faire plus clairement, mais aussi évite de déformer mes propos zabre, merci
Quand tu écris, apprends à le faire plus clairement. J'ai cité un paragraphe entier. Et désolé, mais tu parles de "les artistes", pas de "quelques artistes" ou de "quelques têtes d'affiches". Tu es dans la généralité. Il n'y a aucune déformation de tes propos. si, tu es clairement dans la déformation, tu lis comme ça t'arranges mais mon texte est clair, je te le recolle en dessous. cherche à qui le "ils" se rapporte, si tu abandonnes la mauvaise foi qui te caractérise, tu trouveras très vite. à moins qu'évidemment ça ne t'amuses de te faire passer pour le dernier des imbéciles, c'est peut-être ça ton truc finalement. est-ce l'image que tu cherches à donner ici ? 4zerty, le 02/07/2010 - 19:27
[...] les artistes, du moins les têtes d'affiches, sont atteints du syndrome de stockolm et remuent la queue devant leurs producteurs pendant qu'ils se font taxer les 3/4 de ce qu'ils rapportent avec leurs disques/films (si c'est pas les 9/10). ils se sont juste fait avoir, sont-ils trop fiers pour le reconnaitre ou simplement trop cons ? ils ont signé des contrats de merde et bien qu'ils les dénoncent et les fassent réviser ! tant qu'ils ne feront pas ça et continueront à cracher sur leur publique comme ils le font depuis pas mal d'années maintenant, il est absolument hors de question que je verse le moindre centime pour eux. d'autant plus que la licence globale iraient en partie à leurs producteurs (je vous laisse imaginer leur part). [...]
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Bref, le pire des systèmes : le pauvre type qui a 5 ans d'avance sur les goûts du public passera à la trappe.
Tout ça pour dire "ce mois-ci, j'ai écouté Charlélie Couture et je veux le payer". Tu sais qu'il y a des moyens plus simples ?
Je te donne un indice : cela s'appelle un magasin.
Là, ce dont tu parles, c'est de payer nominativement quelqu'un à partir d'une taxe.
En plus, la redevance TV avait un sens quand il n'y avait QUE des chaînes publiques. Alors que là, il y a des dizaines de mode d'acquisition de la musique.
Est-ce que tu prévois une licence globale également pour la littérature, pour le cinéma, pour les jeux vidéos, ... Bref sur toutes les formes d'activités culturelles ou de divertissements dématérialisées ?