Jean-Luc Godard : "le droit d'auteur, à fusiller tout de suite"

Julien L. - publié le Mercredi 23 Juin 2010 à 15h37 - posté dans Société 2.0

À l'occasion d'un trop rare passage à la télévision, Jean-Luc Godard a été amené à s'exprimer sur la question des droits d'auteur. L'occasion pour le trublion du cinéma français de dire tout le mal qu'il pense de la situation actuelle et de fustiger le principe du droit d'auteur. L'auteur n'a que des devoirs, affirme-t-il.

Jean-Luc Godard et le droit d'auteur, c'est une longue histoire. Pourfendeur de la propriété intellectuelle, il n'a jamais été un grand partisan d'une quelconque restriction de l'accès à la culture. Dernièrement, l'entretien que le réalisateur a accordé aux Inrocks, en mai dernier, lui a donné une tribune inespérée pour fustiger la loi Hadopi.

On se souvient des propos particulièrement incisifs tenus contre les droits d'auteur tels qu'ils sont appliqués aujourd'hui : "le droit d'auteur, vraiment c'est pas possible. Un auteur n'a aucun droit. Je n'ai aucun droit. Je n'ai que des devoirs" avait-il lancé. "Je suis contre Hadopi bien sûr. Il n'y a pas de propriété intellectuelle". Un discours d'une grande modernité pour un réalisateur que ses contempteurs qualifient de vieillot.

D'aucuns auraient pu imaginer qu'en tenant de tels propos, jamais plus Godard n'approcherait un plateau de télévision. Trop dangereux d'inviter un tel énergumène. Que nenni. À l'occasion de la dernière d'Histoire de Cinéma, une émission qui ne sera pas reconduite à la rentrée, Daphné Roulier a choisi d'inviter le trublion du cinéma français.

Revenant sur la fin de l'émission, Frédéric Bonnaud, chroniqueur TV pour Europe 1 explique : "Et puis il y a eu un très très grand moment dans cette émission, c'est quand elle le branche, comme on dit, sur la question de droit d'auteur, vous savez Hadopi, tout ça, le piratage".

"Jean-Luc Godard, pour le monde entier, c'est vraiment la figure de l'auteur de films, mais alors vraiment avec un A majuscule. La réponse est absolument géniale : Godard sur le droit d'auteur !"

Bien lui en a pris, puisque Jean-Luc Godard a pu poursuivre sa diatribe contre le droit d'auteur. Interrogé par l'animatrice sur ce thème, le réalisateur a déclaré : "pour moi, il n'y a pas de droit, il n'y a que des devoirs". Et de faire un parallèle inattendu avec la mendicité.

"Ca m'énerve de voir les mendiants, j'aime bien leur donner par complexe de culpabilité, mais quans ils mettent "j'ai le droit de manger", j'essaie de leur dire "vous devriez mettre j'ai le devoir de manger. Aidez-moi à accomplir mon devoir, et non pas j'ai le droit de manger".

"Dès qu'on nait, on a le devoir de manger, le devoir d'aimer, le devoir de ceci et de cela. Surtout pas droit. Alors le droit d'auteur, à fusiller tout de suite". Difficile d'être plus explicite. Et Frédéric Bonnaud de conclure "les gens qui naturellement ont conçu la loi Hadopi apprécieront". Nous n'en doutons pas.

Publié par Julien L., le 23 Juin 2010 à 15h37
 
 
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Commentaires à propos de «Jean-Luc Godard : "le droit d'auteur, à fusiller tout de suite"»
 

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jbsorba, le 23/06/2010 - 15:48
note pour l'auteur, sans les balises HTML le texte n'en sera que plus lisible ou mon navigateur a merdé.

Même problème chez moi avec Firefox après les mises à jour cet après-midi, et je n'ai plus la possibilité d'insérer un lien ou un émoticône. La barre d'outils à l'air d'être morte. Par contre avec Internet Explorer, pas de problème. Image IPB
je serai tenté de dire que si un mec arrive à faire exactement la même table que toi et la vendre 2x moins cher, c'est que tu arnaques tes clients :)
marpal, le 23/06/2010 - 19:00
zabre, le 23/06/2010 - 17:37

Les métiers artistiques sont différents : le type va bosser pendant 6 mois, 1 an ou 5 ans en studio (ou dans son atelier) à peaufiner son oeuvre, la rendre la meilleure possible. Comment tu veux valoriser ça ?


C'est pour cette raison qu'il existe le statut d'intermittent du spectacle.
(...)


zabre, le 23/06/2010 - 19:13

Mais non : c'est un pis-à-lait. Heureusement que ce statut existe (en France) pour les aider à joindre les deux bouts.
Mais tu ne peux pas te satisfaire d'une solution basée sur l'indemnisation de chômeurs pour combattre le droit à un artiste de vivre de son travail, même si les rythmes de ce travail ne rentre pas dans les cadres des 35 heures par semaine.



Si, si, c'est fait pour ça à la base. Rémunérer une activité utile "de 6 mois, 1 an ou 5 ans" non immédiatement monétisable sur un marché.

Améliorable, je te crois volontiers, bien sûr il ne s'agitait pas de faire fortune avec ce genre d'indemnités mais je pense que beaucoup seraient heureux de pouvoir vivre juste dignement de leur activité non monétisable pour le moment sur un marché...

J'aime bien généraliser car que ce soit l'artiste qui peaufine son album, le contributeur à openstreetmap ou le gars qui participe au recensement de la population de batraciens Française durant ses weekends, tous ces gens sont utiles et au moins une de leur activité "ne rentre pas dans les cadres des 35 heures par semaine"...
le gars qui participe au recensement de la population de batraciens Française durant ses weekends
S'il fait ça le week-end, c'est qu'il a une autre activité pendant la semaine.
Ne confonds pas bénévolat, hobby et travail.

Et non je ne crois pas que les indemnités chomage des intermittents du spectacle soient une solution (même si je ne conteste pas leur intérêt). C'est quand même plus valorisant pour qui que ce soit de vivre du fruit de son travail que d'indemnités.
La liberté du spectateur n'existe pas comme la liberté de regarder une fleur...

Ce Godard est soit génial, soit il avait préparé ses fiches !

Ce pourrait être une des phrases pour faire comprendre la différence entre la gratuité et liberté d'utiliser notre patrimoine... (GNU pourrait en prendre de la graine !)

@ Olm-N : Tes interventions méritent d'être lues, dommage que le niveau s'abaisse à troller entre zabre, pilier de comptoir qui entre deux phrases de critiques presque constructives descend au niveau du yaka/fokon, et Goldoark, qui ne voit qu'une verrue à enlever sur un corps putréfié avec un discours d'anti-peine de mort sauf dans le cas...

Le droit d'auteur se justifie à partir du moment ou la propriété intellectuelle est une industrie !

Après si personne n'a d'imagination pour voir quelqu'un vivre en dehors d'une industrie il faut pas s'étonner qu'on protège le droit d'auteur comme le reste des droits fondamentaux...

Typiquement dans le cas ou le statut de la création serait réservé à un travail de type universitaire, sans faire intervenir le profit, la concurrence ne se jouerait que sur la manufacture des biens et des services à partir des recherches disponibles, et ça aurait le mérite de pousser le niveau vers le haut plutôt que le protectionnisme maladif de toutes les strates de la création grâce aux conforts de la propriétés intellectuelle !

@ Zabre : Croire que remercier un créateur avec du pognon c'est lui rendre service, c'est de l'hypocrisie pure et dure. Tu ne peux pas bouger tes fesses pour montrer toute l'estime que tu porte au créateur ? Tu ne peux pas bouger tes fesses pour essayer de l'aider dans son "devoir" ou "droit" de création ? Lui apporter ton ressenti, tes impressions ? Tout ce que tu peux faire c'est un chèque ?
Croire que remercier un créateur avec du pognon c'est lui rendre service, c'est de l'hypocrisie pure et dure. Tu ne peux pas bouger tes fesses pour montrer toute l'estime que tu porte au créateur ? Tu ne peux pas bouger tes fesses pour essayer de l'aider dans son "devoir" ou "droit" de création ? Lui apporter ton ressenti, tes impressions ? Tout ce que tu peux faire c'est un chèque ?

Au moins, moi je fais un chèque. Tu penses que les mecs qui piratent, c'est-à-dire qui prennent sans payer vont faire part de leur ressenti ? Et tu viens me parler d'hypocrisie ?
Maintenant, j'aimerais savoir ce qui te permet de dire que je ne me bouge pas les fesses. J'aimerais que tu viennes m'expliquer si ce n'est pas expliquer mon ressenti que d'aller à un vernissage d'un artiste peintre local, de discuter avec lui, puis de discuter pendant leur pause-clope avec les deux nanas d'un groupe local qui faisaient l'animation musicale. Et de donner l'adresse à ces filles d'un type (toujours un local) qui fait des textes assez superbes pour qu'ils se mettent en contact.
Tu ne sais rien de moi, donc évite d'essayer de déduire ce que je fais ou pas. Merci.

Typiquement dans le cas ou le statut de la création serait réservé à un travail de type universitaire, sans faire intervenir le profit, la concurrence ne se jouerait que sur la manufacture des biens et des services à partir des recherches disponibles, et ça aurait le mérite de pousser le niveau vers le haut plutôt que le protectionnisme maladif de toutes les strates de la création grâce aux conforts de la propriétés intellectuelle !
Et ça, ce n'est pas du yaka-fokon ?
Ta solution : créer un statut d'artiste d'Etat. Recrutés sur concours bien évidemment.
On a bien vu dans l'URSS que le statut d'artiste d'Etat a tiré la création vers le haut (ouarf !)
il est gay le gros là ? y a pas moyen d'avoir l'émission direct sans avoir a se taper ses remarques subjectives ?

Et il est con l'hétéro qui sait pas trouver tout seul une émission quand on a l'animateur, le nom et le numéro de série...


Ne réduisons pas le travail artistiques à une banale usine de production : c'est un métier à part, ils ne vendent pas des objets manufacturés, ils vendent du rêve, du plaisir. Tout comme j'accepte de payer (parfois cher) quand je vais dans un très bon restaurant : ce que je paye, ce ne sont pas uniquement les ingrédients, ce ne sont pas uniquement les salaires, c'est également le plaisir que j'ai pris.

certes ils nous apportent du plaisir, mais ce n'est pas un métier "à part"
tous les métiers sont "à part", bien spécifiques. du grand chef cuisinier à l'éboueur.

tu parles de diners dans de bons restaurants : est ce que les chefs cuisiniers ont des droits d'auteurs sur des nouvelles recettes qu'ils composent ?
leurs recettes sont pourtant comme des partitions de musique, et pourtant ils n'ont pas de royalties dès qu'on utilise leur recette et ils ne s'en offusquent pas!!
certes, on peut dire que chacun fait ensuite sa recette à sa sauce quand on rajoute un ingrédient.
mais va dire ça à un artiste qui reprend un couplet ou ne serait ce que trois notes d'un autre compositeur : il doit aligner rubis sur ongle

certes ce sont de belles choses qu'ils nous apportent, mais il faut arreter de glorifier tout cela, et ne pas oublier que ce sont les majors qui menent ce combat, non pas les artistes, qui pour beaucoup d'entre eux s'en foutent.
ils veulent juste avoir une rétribution décente quand ils sortent une oeuvre, et non pas être exploités comme des esclaves à être payés 50 centimes le disque
zabre, le 24/06/2010 - 09:55
Au moins, moi je fais un chèque. Tu penses que les mecs qui piratent, c'est-à-dire qui prennent sans payer vont faire part de leur ressenti ? Et tu viens me parler d'hypocrisie ?

Ouais bravo ! J'applaudis des deux mains, toi tu as du pognon, donc tu sais comment apprécier une oeuvre, les salauds de pauvres ne savent que voler, et si c'est gratuit c'est que ça n'a aucune valeur...

On est bien loin du vrai débat !

zabre, le 24/06/2010 - 09:55
Maintenant, j'aimerais savoir ce qui te permet de dire que je ne me bouge pas les fesses.

C'est toi même qui l'as dis :

zabre, le 23/06/2010 - 17:37
Personnellement, moi, en tant que "consommateur" de musique ou de film, je trouve absolument évident de remercier les chanteurs ou les cinéastes qui m'ont apporté quelques instants de plaisir. Comme je n'ai pas l'occasion de les rencontrer, comme je n'ai pas l'occasion de leur envoyer un cadeau, l'unique moyen qui reste à ma disposition, c'est de les payer.

Après les vernissages et autres c'est bien joli, mais tu te contredis, je pourrais te dire que je vais chercher des artistes qui me plaisent sur MySpace et que je leur offre un espace d'hébergement sur mes infrastructures serveur par pure philanthropie (en plus de mes compétences de maintenance), mais ça pourrait une histoire tout aussi bien brodée que la tienne !

C'est du niveau j'ai un ami arabe donc je suis pas raciste...

zabre, le 24/06/2010 - 09:55
Typiquement dans le cas ou le statut de la création serait réservé à un travail de type universitaire, sans faire intervenir le profit, la concurrence ne se jouerait que sur la manufacture des biens et des services à partir des recherches disponibles, et ça aurait le mérite de pousser le niveau vers le haut plutôt que le protectionnisme maladif de toutes les strates de la création grâce aux conforts de la propriétés intellectuelle !
Et ça, ce n'est pas du yaka-fokon ?
Ta solution : créer un statut d'artiste d'Etat. Recrutés sur concours bien évidemment.
On a bien vu dans l'URSS que le statut d'artiste d'Etat a tiré la création vers le haut (ouarf !)


Super l'ouverture d'esprit, donc quand j'étais étudiant et que je réalisais des projets, pondais des thèses et autres réalisations, je n'était qu'un exécutant de l'état comme à l'époque de la Russie Communiste, ça laisse vachement de place au débat de ressortir ce genre de clichés moisis !

Je n'ai pas formulé une solution, j'ai formulé une hypothèse, un cas de figure différent de la vision que l'on a aujourd'hui de la propriété intellectuelle, je ne dis pas que c'est ce qu'il faut faire, mais au moins ça permet un peu d'arrêter le parallèle vivre == pognon == posséder == droits d'auteur...
orangefan, le 23/06/2010 - 19:09
grmbl, le 23/06/2010 - 15:49
il est gay le gros là ? y a pas moyen d'avoir l'émission direct sans avoir a se taper ses remarques subjectives ?
Goldoark, le 23/06/2010 - 16:02
x²pressions, le 23/06/2010 - 15:52
ou est ton problème avec les gays ? explicite
C'est sans doute le même qu'avec les balises : ils s'affichent alors qu'ils devraient pas...

Je pense que tu devrais eviter de t'afficher, tu craches sur les corrompus, tu craches sur les gays, tu balances des jugements de valeur foireux :
"Mais le droit d'auteur tel qu'il est devenu, c'est le mal.
Pouvoir s'en servir pour censurer, c'est le mal.
Pouvoir s'en servir pour être rémunéré grassement pour l'?uvre d'un parent décédé, c'est le mal.
Pouvoir s'en servir pour spolier l'argent des artistes, c'est le mal."

Je pense que tu es triste au fond de toi :-)
Tout le monde est un peu triste au fond de lui-même, ça ne mange pas te pain ce que tu dis là.

Sinon si je crache sur tout le monde c'est parce qu'il y a des raisons de cracher. J'utilise ce forum un peu comme un défouloir.

Mais il y a aussi des choses sur lesquelles je positive. C'est rare parce que Numerama a une petite tendance polémique mais ça arrive ^^
zabre, le 23/06/2010 - 16:39
Et puis cette réflexion méprisante contre les mendiants. Ah bon, manger à sa faim n'est pas un droit ? C'est juste un devoir ? Bravo le sous-entendu selon lesquels les mendiants seraient tous des feignants.

Article 25 de la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948
Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.

Je dois manger pour survivre. Dès lors, manger est un devoir pour assurer ma survie. C'est aussi simple que ça. Après la société a aussi des devoirs envers les mendiants. Enfin non, des droits, notamment celui de leur donner ou pas à manger.

PS: et puis, les mendiants, ils y ont droit à cette nourriture, seulement ils l'ont pas... Mais ils y ont droit :-/
zabre, le 24/06/2010 - 00:25
(...)C'est quand même plus valorisant pour qui que ce soit de vivre du fruit de son travail que d'indemnités.

Les éboueurs, les hommes politiques, les enseignants chercheurs pour ne citer qu'eux, seront ravis de l'apprendre...
zabre, le 23/06/2010 - 19:13
(...)
Mais non : c'est un pis-à-lait. Heureusement que ce statut existe (en France) pour les aider à joindre les deux bouts.Mais tu ne peux pas te satisfaire d'une solution basée sur l'indemnisation de chômeurs pour combattre le droit à un artiste de vivre de son travail, même si les rythmes de ce travail ne rentre pas dans les cadres des 35 heures par semaine.

De toute façon, le système actuel est dors et déjà basé sur le chômage. Quand on te dit "sois flexible, plus tu serra flexible mieux ce serra" on te dit en creux "plus tu passera par la case chômage mieux ce serra" (ça permet de culpabiliser tout le monde car le chômage est dévalorisé et accessoirement ça permet de tirer les salaires vers le bas) . Dont acte, le MEDEF l'a voulu, le MEDEF l'a eu. Donc valorisons le chômage, et fabriquons une société vraiment flexible capable d'évoluer dans l'harmonie. Et si certains doivent renoncer à leurs villas/piscines au soleil, qu'il en soit ainsi.
De toute façon, on a pas le choix, il faut que tout le monde se remette en question pour ne pas léguer à nos enfants un monde dans un état pire que l'état dans lequel on nous l'a légué. (c'est mal barré, j'avoue)

Edit: pis-à-lait/pis-aller je suppose.

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