Hadopi : la CNIL autorise la collecte des adresses IP (MAJ)

Guillaume Champeau - publié le Vendredi 11 Juin 2010 à 11h20 - posté dans Société 2.0

Il ne manquera plus alors que la publication des derniers décrets d'application avant l'envoi des premiers mails d'avertissement. La CNIL aurait accepté de valider sans réserve la collecte d'adresses IP par les ayants droit, qui enverront leurs relevés à l'Hadopi pour sanctionner les abonnés fautifs de négligence caractérisée dans la sécurisation de leur accès à Internet.

Mise à jour : l'information a été officiellement confirmée par la SCPP, qui parle de premières collectes d'adresses IP "dans les prochaines semaines"

La décision a été prise hier, lors d'une séance plénière de la CNIL où planait l'ombre du soupçon. Elle n'a pas encore été communiquée publiquement, la Commission se donnant pour principe de prévenir d'abord les parties intéressées du résultat de ses délibérations. Mais selon PC Inpact, qui a contacté la Société Civile des Producteurs Phonographiques (SCPP), la CNIL aurait validé "sans réserve" les quatre dossiers d'autorisation de collecte d'adresses IP sur les réseaux P2P.

Quatre organisations d'ayants droit avaient déposé fin avril leurs dossiers de demande d'autorisation de collecte d'adresses IP, indispensable à la mise en oeuvre de la riposte graduée par l'Hadopi. Il s'agit de demandes complémentaires aux autorisations déjà délivrées par la CNIL en 2007 et 2008 :

SACEM : Délibération n°2007-348 du 22 novembre 2007 autorisant la mise en oeuvre par la Société des Auteurs Compositeurs et Editeurs de Musique (SACEM) d'un traitement de données à caractère personnel ayant pour finalité la recherche et la constatation des délits de contrefaçon commis via les réseaux d'échanges de fichiers dénommés " peer to peer " (autorisation n°1091623).

ALPA :
Délibération n°2007-298 du 11 octobre 2007 autorisant la mise en oeuvre par l'Association de Lutte contre la Piraterie Audiovisuelle d'un traitement automatisé de données à caractère personnel ayant pour finalité la réalisation de statistiques concernant la circulation des oeuvres audiovisuelles sur les réseaux d'échanges de fichiers dits de " pair à pair ". (demande d'autorisation 1108491)

SCPP :
Délibération n°2007-334 du 8 novembre 2007 autorisant la mise en oeuvre par la Société Civile des Producteurs Phonographiques d'un traitement de données à caractère personnel ayant pour finalité la recherche et la constatation des délits de contrefaçon commis via les réseaux d'échanges de fichiers dénommés " peer to peer ". (autorisation n°1090042)

SPPF : Délibération n°2008-006 du 10 janvier 2008 autorisant la mise en oeuvre par la Société Civile des Producteurs de Phonogrammes en France (SPPF) d'un traitement de données à caractère personnel ayant pour finalité la recherche et la constatation des délits de contrefaçon commis via les réseaux d'échanges de fichiers dénommés " peer to peer " (autorisation n°1106668)

Il était difficile politiquement d'imaginer un refus par la CNIL, qui aurait bloqué une procédure préparée depuis plus de deux ans par le gouvernement et les industries culturelles, avec une pression très forte de la part des intéressés.

Cependant, il sera intéressant de lire les motifs (s'ils sont publiés) de la décision de la CNIL. Comme nous l'expliquions en détails à propos de la collecte massive d'adresses IP par l'INRIA, pour autoriser la collecte des adresses IP la CNIL doit vérifier la "proportionnalité" de la collecte par rapport à l'objectif poursuivi.

Or dans son avis sur loi Hadopi, la CNIL avait considéré ne "pas être en mesure de s'assurer de la proportionnalité d'un tel dispositif dans la mesure où il laissera aux seuls SPRD (sociétés de gestion collective, ndlr) et organismes de défense professionnelle le choix de la politique répressive à appliquer sur la base d'un fondement juridique dont les contours sont mal définis". La Commission reprochait au gouvernement le fait que les ayants droit, avec un même listing d'adresses IP, puissent choisir soit de saisir l'Hadopi pour l'envoi d'un avertissement par mail ou l'éventuelle suspension de l'accès à Internet, soit de saisir la justice pénale pour une sanction allant jusqu'à trois ans d'emprisonnement.

S'il est vérifié que la CNIL a validé sans réserve les quatre dossiers, c'est qu'elle a finalement trouvé les moyens de de "s'assurer de la proportionnalité" du dispositif...

Publié par Guillaume Champeau, le 11 Juin 2010 à 11h20
 
 
40
Commentaires à propos de «Hadopi : la CNIL autorise la collecte des adresses IP (MAJ)»
 

1
2
Maintenant, on attend de savoir qui seront les agents assermentés ?
Vive le téléchagrement direct.
La CNIL mérite sa très bonne place aux BigBrothers Awards.
tropsaoulé, le 11/06/2010 - 11:51
Il méritait bien son Big Brother Award Alex Türk :)
Sinon, comme prévu, il leur reste le décret de sécurisation à livrer -bon courage ^^-, autant dire que la loi est toujours aussi inutile :D

Vivement qu'on voit les premiers emails partir, ça devrait nous faire marrer pour le reste de l'été, en attendant les premiers procès avec coupure d'accès de Madame Michu :D

Pour ceux qui flippent, n'oubliez pas qu'il y a des VPN entre autres, et pour ceux qui voudraient soutenir la lutte -des classes- pour le partage de la culture en toute discrétion n'oubliez pas qu'il y a ipredator créé par les fondateurs de piratebay.

Albanouille va enfin pouvoir toucher son chèque ! Bravo à elle pour avoir autant trahi les idées d'André Malraux !

Ah scheisse!! Grilled....
Je me suis barré de chez Orange il y a 2 semaines. Ouf...
Bon ben Stealthnet sera mon nouvel ami et adieu Hadopi :D
Mais si les ventes ne décollent toujours pas... Qu'est ce qu'ils vont dire? Oups on s'est trompé? Il faut "nationaliser" internet? Allez fout faire **** sales pirates terroristes?
Promis si je reçois un mail je vous préviens dans la demi heure!!! :D
Hadopi ne changera rien

Ceux qui ont de l'argent et qui aiment la musique continueront à en acheter

Ceux qui aiment la musique et qui n'ont pas d'argent, ils n'achèterons pas plus, au pire ils téléchargeront moins

Ceux qui n'aiment pas la musique et qu'ils aient de l'argent ou pas , n'achèteront pas plus.

Ceux qui aiment vaguement la musique, au pire ils téléchargeront moins et demanderont à ceux qui achètent de leur prêter le CD pour le ripper.

Donc, il ne faut vraiment pas que le majors pensent que HADOPI va faire monter leurs ventes (ils sortiront des chiffres truqués pour faire croire, mais nous ne sommes plus naïfs)
je le répète au moins une fois par jour, qu'attendre de ces gens là, qu'ils soient du gouvernement, de l'assemblée, de la CNIL et j'en passe... Ils sont à mettre dans le même sac, leurs gesticulations ne sont que mises en scène et poudre aux yeux pour faire croire aux moutons qu'ils vivent en démocratie.
Dire qu'il suffirait d'informer les gens qu'il existe de la musique libre gratuite et légale sur internet. De les inviter à partager plutôt que pirater, pour éviter de jeter l'argent public aux lobbys.

Un dossier complet sur toutes les solutions possibles et imaginables pour trouver de la musique gratuitement.
http://hors.norme.bl...ue-sur-internet
Et donc où est passée l'insinuation sur le monnayage de l'autorisation de la CNIL contre sa dotation budgétaire ?
La CNIL ne sert définitivement plus à rien. Sarkozy à raison. Qu'il supprime la CNIL une bonne fois pour toute. Après tout la CNIL est payé avec NOS impôt est la CNIL nous vend comme une vulgaire marchandise. Je me souviendrait de sa. Bon remarque la CNIL à donné des autorisation de collecte d'IP pour le "Peer To Peer". Mais bon entre le streaming, les VPN etc... ils ont plusieur gare de retard lol.

Mais sur le principe que la CNIL nous vendent de cette manière alors qu'ils était censé protégé le peuple, c'est insupportable.
Je pense qu'aujourd'hui les ayants droits, les pseudos artistes et les multinationales de l'"intertaiment" on bien mouillé leurs froc et qu'ils vont tous sabrer le champagne avec un pantalon bien collant pour célébrer cette décision.
En page d'acceuil de leur site:

L'informatique doit respecter l'identité humaine, les droits de l'homme, la vie privée et les libertés.

Ca fait rêver non? J'ai plus qu'un gros doute sur leur légitimité et surtout leur utilité! C'est pas grave sont payés avec nos impôts!!!!!!!!!!
Visitez le site c'est désopilant de connerie/foutaise et de mépris pour les libertés des citoyens.

A leur question sur le site: "Qui sommes-nous ?",

je répondrais: personne, sauf une pompe à fric de plus pour faire du vent.

Ils ne servent à rien et se foutent pas mal et sont loin de respecter la citation de la page d'accueil de leur site.

Du vent et encore du vent, voila ce qu'ils sont. Ils devraient se reconvertir dans l'éolien, ils auraient de l'avenir.
Pas si vite!

il manque quelques bout donc la définition de "la négligence caractérisée" le décret n'a pas encore été publié et le conseil d'état n'a rien dit sur ce point.
Perso j'aimerais bien qu'on arête de dire"industrie culturelle" Je préfère "industrie du divertissement" ou "industrie de l'abrutissement de la populace" D'ailleurs," ministre de l'abrutissement de la populace " c'est bien aussi !
herbeapipe, le 11/06/2010 - 13:54
La CNIL mérite sa très bonne place aux BigBrothers Awards.

+100
zabre, le 11/06/2010 - 17:05
Et donc où est passée l'insinuation sur le monnayage de l'autorisation de la CNIL contre sa dotation budgétaire ?


Si ça se trouve, on en voit précisément le résultat: L'autorisation de flicage des IP contre une réduction de la dotation de 10% au lieu de 30....
la CNIL tient à un bon Budget et une bonne assise salariale :) impartialité est leur maitre mot ;)

1
2
Télécharger
Red Ocean
 
Gimp Portable
Photo numérique - Version portable de Gimp
 
MSConfig Cleanup
Gestionnaires des tâches - Se débarasser des programmes lancés au démarrage de Windows
 
SC Audio Extractor
Capture et enregistrement - Extraire le son d'une vidéo
 
ESET NOD32 Antivirus
Antivirus - Un antivirus très performant
 
Juin 2010
 
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
31 1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
Matoumba
EntrepreNantes
Numerama est un site du réseau PressTIC