La guerre n’est pas une simple partie de jeu vidéo. Tel pourrait être, en substance, le message qu’a adressé Philip Alston à la CIA. Selon le rapporteur spécial des Nations-Unies pour les exécutions extra-judiciaires, la multiplication des assassinats de terroristes présumés par des drones de combat en Afghanistan, en Irak ou au Pakistan laisse à penser que se développe chez les forces américaines une « mentalité PlayStation« .

À ses yeux, l’emploi de drones de combat comme le Predator ou le Reaper ne devrait survenir que dans de très rares cas, lorsque l’armée américaine ne peut capturer ou neutraliser un élément ennemi, toujours avec le souci de respecter au maximum les lois de la guerre. Hélas, dans les faits il n’est pas rare de voir lesdites lois être reléguées au second plan au profit de l’efficacité militaire et tactique.

« Comme les opérateurs sont basés à des milliers de kilomètres du champ de bataille, et qu’ils participent uniquement à travers des écrans d’ordinateur et des systèmes audio, il y a un risque de voir se développer une mentalité PlayStation pour tuer« , avec le risque de voir les opérateurs être progressivement déshumanisés et se mettre à faire exploser les plus gros scores de frag en pensant être sur la console de Sony.

Et de conclure que « les agences de renseignement, qui sont par définition déterminées à rester inexplicables, sauf à leurs bailleurs de fonds propres, n’ont pas leur place dans la gestion de programmes destinés à tuer des gens dans d’autres pays« . Malheureusement, le rapporteur spécial des Nations-Unies est bien conscient que dans les faits, il n’y a absolument aucun moyen de savoir si les assassinats perpétrés par la CIA sont d’une façon ou d’une autre licites.

Loisirs, surveillance… quelles sont les différentes utilisations des drones  ?

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