Ce week-end se tient à Bruxelles la première réunion des Partis pirates du monde entier. L'objectif de ce rendez-vous est l'officialisation du Parti Pirate International comme confédération, afin de mieux coordonner et mutualiser les moyens des différentes forces politiques.

Les choses progressent du côté du Parti pirate, ou plutôt des Partis pirates. En effet, depuis hier se tient à Bruxelles la première réunion internationale des différents mouvements politiques associés au Parti Pirate International (PPI), une organisation regroupant les différentes forces politiques partageant la même idéologie. Jusqu’à demain, pas moins de 70 représentants provenant de 22 pays vont se rencontrer pour officialiser la naissance d’une véritable confédération en élisant son premier conseil d’administration.

« Lors de cette conférence, les Partis pirates pourront renforcer les liens existants et créer une organisation destinée à coordonner les efforts de tous les Partis pirates du monde » a expliqué Christian Engström, l’un des deux membres du Parti pirate suédois qui a obtenu un siège lors des élections européennes de 2009. « La coopération internationale est une nécessité pour pouvoir répandre les idées des Pirates. Des exemples comme l’Anti-Counterfeiting Trade Agreement (ACTA) ou INDECT montrent qu’elle est essentielle dans la lutte pour une réforme du droit d’auteur, contre la surveillance et pour le programme politique des Pirates en général » a-t-il souligné.

Du côté de la délégation française, on ne cache pas son enthousiasme. « La constitution de notre confédération ce weekend marque officiellement la naissance du premier parti réellement international » a lancé Florian Lauté, président du Parti pirate français. « Internet est une porte ouverte sur le monde, sur les autres. Nous collaborons déjà tous de manière informelle mais c’est insuffisant. Avec plus de quarante partis dans le monde, il est plus que temps que formations, coordination, et collaboration, bref des échanges de tous ordres soient formalisés entre tous les Partis Pirates » a abondé Denis Germain, l’un des délégués français envoyés à Bruxelles.

Il faut dire que les récents succès de certains Partis pirates locaux (comme en Suède, où le Piratpartiet a réussi le tour de force d’envoyer deux membres au Parlement européen ou bien le Parti pirate allemand qui a désormais un député au parlement allemand) ont donné des ailes aux sympathisants du mouvement pirate. « Tous les jours des Partis pirates se créent dans de nouveaux pays » a expliqué Perline, une autre déléguée française. Sans doute pense-t-elle aux groupes Facebook favorables à la naissance d’un Parti pirate en Bosnie, en Colombie ou encore au Venezuela.

« L’éruption du volcan Eyjafjöll en a d’ailleurs empêché certains d’être physiquement présents. Mais des vidéoconférences feront à mauvaise fortune bon coeur pour réussir cette rencontre. Notre lutte commune pour la défense des droits et libertés individuelles est indéfectible et se traduira par la création du PPI ce week-end » a-t-elle conclu.

Cette réunion internationale des mouvements pirates arrive à point nommé. En effet, les négociateurs de l’ACTA devraient dévoiler la semaine prochaine l’état des travaux autour du mystérieux accord international sur la contrefaçon. A priori, il s’agira d’un texte consolidé présentant dans les grandes lignes l’aspect final d’un éventuel traité. Une bonne occasion pour le Parti Pirate International de répondre à une menace mondiale en fédérant les forces de tous les Partis pirates.

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