Le Parti Pirate français propose une Déclaration des Droits de l'Internaute

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 31 Mars 2010 à 13h33 - posté dans Société 2.0

Ca n'est pas une initiative isolée. Même Hervé Morin, le ministre de la défense et président du Nouveau Centre, a proposé il y a plusieurs mois son propre texte. En fouillant dans les archives, nous avons aussi retrouvé une "Déclaration Universelle des Droits de l'Internaute" que nous avions nous-même publiée en 2002, qui déclarait déjà dans son article 9 que "nul ne peut être arbitrairement privé de son accès à Internet". Devant la multiplication du nombre des atteintes aux droits des utilisateurs d'Internet, ou des menaces qui pèsent sur eux, les tentatives de rédaction d'un texte fédérateur rassemblant l'ensemble de ces droits se font de plus en plus pressantes.

Il était logique que le Parti Pirate s'en empare, et propose aux internautes de participer à la rédaction d'un texte commun "Pour une Déclaration des Droits des Internautes". "L'objectif est de proposer un texte à la fois réaliste et tourné vers l'avenir. Nous voulons que l'Internet de l'avenir soit le vecteur ultime de communication. Pour cela, nous avons besoin de toutes les bonnes volontés pour construire pas à pas l'ouverture vers un monde de progrès", indique le Parti Pirate français.

Proposé sous licence Creative Commons by-nc-nd 2.0, le projet de Déclaration, non définitif mais déjà très bien avancé, est le suivant :

Déclaration des Droits de l'Internaute

Depuis l'avènement de l'informatique, une communauté numérique internationale a vu le jour.
Toute la technologie et la diversité culturelle sur lesquelles s'appuient Internet doivent s'accompagner du respect de droits inaliénables.
Conscients de nos devoirs et de l'importance de la défense sur Internet de nos droits et libertés que traités, conventions et déclarations consacrent déjà, et pour nous prémunir de toutes atteintes à ceux-ci, à l'aube de cette ère de paix et de révolution numérique, nous, Internautes, déclarons ici :


Article 0 : L'accès à Internet est un droit inaliénable.
Article 0.1 : Chaque individu est libre d'accéder ou non à Internet et de choisir les moyens d'accès qui lui conviennent.
Article 0.2 : Les Internautes sont égaux en droits et en devoirs.

Article 1 : Internet est un réseau ouvert, neutre et décentralisé.
Article 1.1 : Les données y transitent de manière égale et indifférenciée, aucune information n'a priorité sur une autre.
Article 1.2 : Seul le pouvoir judiciaire peut autoriser la surveillance, l'interception ou l'interdiction d'un flux ou d'une donnée.

Article 2 : Nul ne peut être arbitrairement privé de l'accès à Internet.
Article 2.1 : Le droit à la communication est un droit inaliénable au titre de la liberté d'expression et du droit à l'information, qui garantissent le droit de partager le savoir, les idées et la culture.
Article 2.2 : Tout individu dispose d'une protection égale de ses droits sur Internet afin que la liberté de consultation et de diffusion de contenus des uns ne porte atteinte à l'intégrité physique ou morale des autres.

Article 3 :
Internet est un espace universel ouvert à tous, et nulle entité ne peut se l'approprier dans sa globalité.
Article 3.1 : Le déploiement de ses infrastructures doit favoriser la communication et l'échange pour tous.
Article 3.2 : Nulle entité, privée ou publique, ne peut s'approprier arbitrairement les données ou les contenus qui y transitent pour servir ses intérêts.

Article 4 : Chaque individu a droit au respect de sa vie privée.
Article 4.1 : Toutes les communications électroniques et leur contenu, à l'exception des publications, font partie intégrante de la sphère privée. Nulle autorité, qu'elle soit privée ou publique, ne peut surveiller ces communications privées, en dehors du pouvoir judiciaire.
Article 4.2 : Les données de connexion à Internet et les enregistrements d'activité ne peuvent être conservées de manière systématique. Les organismes privés ou publics dont l'activité nécessite la rétention de certaines données doivent en avertir leurs clients et leurs usagers.
Seul le pouvoir judiciaire peut, dans le cadre d'une enquête, en exiger la rétention.
(en suspens) 4.3 : Dans le cas où une entité privée ou publique rattachée à Internet n'est pas le propriétaire légal ou le créateur des informations qu'elle stocke, elle doit obtenir le consentement de ses usagers avant toute utilisation de leurs données.

Article 5 : Chaque individu a droit à l'anonymat.
Article 5.1 : L'utilisation de pseudonymes et d'identités virtuelles non croisées avec l'identité réelle est reconnu comme un moyen de protection de la liberté d'expression et, donc, comme droit à l'Internaute.

Article 6 : Nul ne peut imposer l'usage ni la possession d'une technologie numérique particulière, tant pour le matériel que pour les logiciels.
Article 6.1 : L'utilisation des méthodes de chiffrement est libre au titre de la protection de la vie privée.
Article 6.2 : Chacun est libre de choisir le degré d'ouverture de sa connexion et d'adapter à ce choix une sécurisation qui lui semble la plus appropriée sans aucune forme de restriction.
Article 6.3 : Chaque Internaute a droit à l'information sur les bonnes pratiques inhérentes à l'utilisation d'Internet, tant pour ses interactions avec les autres utilisateurs que pour sa sécurité et celle de ses informations personnelles.

Article 7 : Internet est un bien commun.
Article 7.1 : L'évolution technologique, les ressources et les bienfaits éducatifs et culturels qu'Internet engendre doivent profiter à tous.
Article 7.2 : Le système éducatif doit disposer d'outils informatiques et pédagogiques, sans prédominance d'une technologie sur une autre, pour consulter, partager et enrichir les connaissances diffusées sur Internet.

(Article en suspens)
Article 8 : La garantie des droits de l'internaute est assurée par l'autorité publique.
Article 8.1 : Cette autorité publique est indépendante de tout intérêt particulier et statue dans
l'intérêt de tous.
Article 8.2 : Toute personne morale ou physique peut saisir l'autorité publique s'il estime que ses droits ont été bafoués.

Publié par Guillaume Champeau, le 31 Mars 2010 à 13h33
 
 
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Commentaires à propos de «Le Parti Pirate français propose une Déclaration des Droits de l'Internaute»
 

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Excellente initiative de la part du Parti Pirate.
Maintenant y'a plus qu'à participer.
c'est bien de proposer, mais si on ne se présente pas aux élections...
Euh... Définition de Internaute ? Concept matériel ou logique ? Personne morale ou Physique ?
Je propose de mettre aussi quelque part :
Article X : Les Droits de l'Homme et du Citoyen d'une part, et les Droits de l'Internaute d'autre part, se respectent et se protègent mutuellement.
Article X.1 : nul droit de l'Homme et du Citoyen ne pourra être violé en vertu de droit de l'Internaute
Article X.2 : en réciproque à l'article X.1, nul droit de l'Internaute ne pourra être violé en vertu de droit de l'Homme et du Citoyen.
juicelink, le 31/03/2010 - 13:46
c'est bien de proposer, mais si on ne se présente pas aux élections...

Tu as raison. Continuons avec des Partis, qui se présentent aux élections, mais qui boucles le web... C'est vrai ne participons pas et laissons le web entre les mains de l'UMP...
Tu as raison. Continuons avec des Partis, qui se présentent aux élections, mais qui boucles le web... C'est vrai ne participons pas et laissons le web entre les mains de l'UMP...

Non, il faut faire les deux, ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit.

Simplement que proposer un texte quand on n'est pas élu, c'est voué à aller directement à la poubelle.
Pas forcément... Regardes la quadrature du net, ils ne visent pas d'élections mais sont écouté.
Alors pourquoi pas le Parti Pirate ?
Bon début ^^

Mais malheureusement, on sait dans quelle pièce notre gouvernement l'utilisera.
Je trouve que le nom de "Déclaration des Droits de l'Internaute" n'est pas très approprié. Ce serait un peu comme vouloir rédiger une "Déclaration des droits des utilisateurs de fourchettes".

Les Internautes ne sont rien d'autres que des utilisateurs d'Internet, qui n'est lui-même rien d'autre qu'un outil au service d'êtres humains, qui ont en tant que tel des droits fondamentaux qui sont déjà écrits dans la Déclaration Universelle des droits de l'Homme.

Le fait que ces droits s'exercent grâce à ou au travers d'Internet ne les modifie en rien, et c'est là qu'est la plus grosse erreur de ceux qui veulent brider Internet.

Je pense que ce nom enverrait justement le mauvais signal à ceux que nous combattons, qui penseraient alors qu'ils ont raison de vouloir un régime de droits spécifique à Internet, alors qu'il n'y a qu'à adapter l'application des droits déjà existants au contexte d'Internet.

Je propose le titre suivant: "Transposition des Droits de l'Homme au contexte de l'Internet".
Bon, c'est pas terrible, et c'est moins fédérateur qu'une "Déclaration des Droits de l'Internaute", mais je pense qu'il vaut mieux ne pas rentrer dans le jeu de ceux qui considèrent que sur Internet, les droits ne sont pas les mêmes que dans "le monde réel".
"Article 1.2 : Seul le pouvoir judiciaire peut autoriser la surveillance, l'interception ou l'interdiction d'un flux ou d'une donnée.".
Pour moi, il faudrait préciser la formulation. Le pouvoir judiciaire doit pouvoir interdire la présence de tel ou tel contenu sur le net... mais par souci de respect de la neutralité du réseau, le filtrage "imposé" (au niveau du tuyau ou de la terminaison du réseau) ne doit pas pouvoir etre imposé (même par l'autorité judiciaire, qui ne doit pouvoir cibler que les éditeurs/auteurs et dans une nettement moindre mesure les hébergeurs.)
Bref, l'autorité judiciaire doit pouvoir lutter contre la "présence" sur le réseau de contenus illégaux, mais à partir du moment où un contenu est présent, sa diffusion ne doit pouvoir etre restreinte.

Par contre, sur la priorisation, je renverrai à une news précédente sur l'ARCEP. il ne faut peut etre pas totalement fermer la porte à certaines priorisation (autoriser le principe de priorisation d'un flux temps réel sur un flux moins critique)
Quoi qu'on puisse en dire, la récupération politique c'est jamais bon.
Silky, le 31/03/2010 - 14:14
Je trouve que le nom de "Déclaration des Droits de l'Internaute" n'est pas très approprié. Ce serait un peu comme vouloir rédiger une "Déclaration des droits des utilisateurs de fourchettes".

Les Internautes ne sont rien d'autres que des utilisateurs d'Internet, qui n'est lui-même rien d'autre qu'un outil au service d'êtres humains, qui ont en tant que tel des droits fondamentaux qui sont déjà écrits dans la Déclaration Universelle des droits de l'Homme.

Le fait que ces droits s'exercent grâce à ou au travers d'Internet ne les modifie en rien, et c'est là qu'est la plus grosse erreur de ceux qui veulent brider Internet.

Le problème enfaite c'est qu'internet est un espace international ( a forte tendance américaine ). L'ordinateur est une révolution bien plus importante que l'écriture et l'imprimerie en matière de stoctkage de données. C'est même plus que ça c'est un outil universel. Tout chose est peut être défini par des données. Sachant que l'écriture et l'imprimerie ont donner naissance au droit à la religion, à l'état de droit, à la médecine, aux sciences, a l'éducation,...

Dans un monde idéal il faudrait donc un nouveau droit une sorte d'instance international compétente dans toutes affaires concernant internant mise à part la justice/police élu par les citoyens/acteurs du net. On y arrivera un jour ou l'autre avec la multiplication des applications pratiques qui pose des questions de droits. Faudra surement beaucoup debattre / négocier / voter au départ mais ça pourrait régler pas mal de questions mine de rien.

Par exemple les séries pourraient être vendues légalement ou sur les sites genre Hulu dès leurs sorties ( ce qui forcera peut être les chaines française à produire des séries intéressantes ).
Ont pourraient fixer les prix des DVD par exemples en VOD pour 4 € par visionnage pendant 1 mois environ, puis téléchargeable à 7/8 €.

La musique ça pourraient par exemple forcer les majors à mettre l'intégral de leur catalogue a disposition contre un abonnement qui comprend streaming a la deezer / crédit reportable de chansons sans DRM par mois.

Ect... Parce que là ça tout le monde empiète sur les droits des autres, quelques gouvernements sur leurs citoyens ( Chine, Iran, France, bientôt Angleterre, ect... ) et des citoyens sur les "ayant-droits" ( qui l'on chercher quand même ). Sans parler des arnaqueurs, ect...
Voici une version considérablement modifiée, au moins dans la forme sinon dans l'esprit, de la DDI à partir du moment où on m'a demandé de la traduire pour l'international (donc en version finale du PP-FR).

Sait-on jamais, si ça intéresse quelqu'un: une version moins casse-gueule et plus globale.

Déclaration des statuts numériques


Préambule

Avec l'avènement de l'informatique, une communauté numérique internationale nait peu à peu : Internet. La technologie et la diversité culturelle, qui en sont les bases, doivent être accompagnées du respect des droits inaliénables de ses membres. À l'aube de cette mondialisation numérique, conscients de nos devoirs et de leurs multiples violations, nous, Internautes, déclarons par la présente :


Titre 1 : de l'Internaute

Sous-titre 1 : vie publique

Article 1 : l'accès à Internet et la communication en son sein sont des droits.
Article 2 : les Internautes sont égaux en droits et en devoirs.
Article 3 : chaque Internaute a le droit de se connecter à Internet sans dommages pour lui et pour les autres Internautes.
Article 4 : chaque individu est libre de choisir sa façon d'accéder à Internet.
Article 5 : chaque Internaute est libre d'utiliser sa connexion comme lui seul l'entend.

Sous-titre 2 : vie privée

Article 6 : chaque Internaute a droit au respect de sa vie privée.
Article 7 : excepté les publications explicitement volontaires, toute donnée est privée.
Article 8 : chaque Internaute à droit à l'anonymat.
Article 9 : l'utilisation de pseudonymes, d'identités virtuelles différentes de l'identité réelle, ainsi que le chiffrement correspondent au droit à l'anonymat.
Article 10 : aucune donnée de connexion à Internet ne peut être conservée systématiquement.
Article 11: toute conservation exceptionnelle d'une donnée de connexion à Internet doit être au préalable autorisée par l'Internaute.


Titre 2 : de l'Internet

Sous-titre 1 : liberté

Article 12 : seul le pouvoir judiciaire peut autoriser la surveillance, l'interception ou l'interdiction d'une donnée.
Article 13 : chaque Internaute a le droit de saisir le pouvoir judiciaire en cas de violation de ses droits.

Sous titre 2 : neutralité

Article 14 : Internet est un réseau autonome et décentralisé.
Article 15 : nul ne peut en posséder plus qu'une part minoritaire.
Article 16 : toutes les données doivent être traitées également.

Sous-titre 3 : partage

Article 17 : le déploiement des infrastructures doit favoriser la communication et le partage au profit du plus grand nombre d'Internautes.
Article 18 : les pouvoirs publics ne peuvent promouvoir une technologie propriétaire.
Article 19 : le système éducatif étatique doit proposer des outils pédagogiques connectés à Internet.
Intéressant.

Faudrait que nous achevions la lecture (laborieuse) du Traité ACTA (enfin, de la version qui a fuité) avant d'améliorer, éventuellement, cette Déclaration.
pourrais aussi rajouté dans leur bonne idée quelque articles pour les cas a la sony qui réduit les fonctions d'une console comme ça sans raison
juicelink, le 31/03/2010 - 13:56
Tu as raison. Continuons avec des Partis, qui se présentent aux élections, mais qui boucles le web... C'est vrai ne participons pas et laissons le web entre les mains de l'UMP...

Non, il faut faire les deux, ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit.

Simplement que proposer un texte quand on n'est pas élu, c'est voué à aller directement à la poubelle.
Oui donc toi, c'est vite vu, tu as choisi de ne rien proposer quoi.
On ne se fait pas élire sur du vent, de belles paroles ou des actions médiatiques. On se fait élire sur des valeurs, des idées, un programme.

La rédaction de textes fondateurs est donc cruciale à quiconque ambitionne de participer à la vie politique de façon plus constructive qu'un UMPS, NPA ou FN qui ne proposent rien d'autres que des mesures d'affichage sans s'inscrire dans un contexte plus global.
àa sent quand même vachement le déjà-vu. La plupart des droits énoncés ici sont déjà présents dans la constitution/la loi/la structure du Réseau, non ?
Bon, après ça veut pas dire qu'ils sont respectés...
C'est des conneries tout ça.
Existe-t-il un droit des conducteurs de voiture ?
Un droit pour les piétons
Un droit pour les pécheurs
Un droit pour les chasseurs
Un droit pour les photographes
Un droit pour les cavaliers
Etc...
Non, il existe pour tous les droits de l'homme ou du citoyen.
Par contre tous ont des devoirs, des codes à respecter, des taxes ou permis à valider et a payer.
C'est idem pour l'internaute qui n'est pas un homme a part dans la vie.
Le texte des droits de l'homme est amplement suffisant.
Par contre la neutralité sans conditions du réseau devrait faire l'objet d'une loi, de même que l'accès à internet pour tous sans discrimination. Et pour faire appliquer ces lois pas besoin d'une énième autorité, les juges sont la pour ça.
N'oubliez pas le droit de NE PAS ETRE un internaute. Internet ne doit pas être une obligation et une containte. La vie doit pouvoir exister sans et dans tous les domaines. Par ailleurs une liberé sur Internet n'EST PAS équivalente à une liberté dans la vie réelle, mais juste une partie.

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