Un même statut juridique pour les données locales et distantes ?
Julien L. -
publié le Mardi 30 Mars 2010 à 19h47 -
posté dans Société 2.0
![]() Une coalition composée de grands noms des TIC et du web a appelé le Congrès américain à procéder à une révision d'un loi sur .es normes d'accès des autorités aux communications électroniques et aux données associées. Vieille de 24 ans, elle n'est plus du tout adaptée à l'ère d'Internet et face aux nouveaux usages des internautes.
Cependant, si une certaine constance peut être heureusement observée dans la vie de de tous les jours, qu'en est-il de la sphère numérique ? Nos données personnelles profitent-elles de la même protection selon qu'elles se trouvent hébergées localement sur son propre ordinateur, ou hébergées à distance sur le serveur d'un site tiers comme un réseau social ? Si cela n'était pas encore problématique il y a dix ou quinze ans, la situation devient assez embêtante au regard de certaines évolutions : entre l'explosion des sites communautaires, le grand succès de l'Internet mobile et la montée en puissance de l'informatique dans les nuages (en bref, c'est un concept qui vise entre autres à porter les applications et les données dans "les nuages", c'est-à-dire sur des serveurs connectés et dispatchés aux quatre coins du monde, plutôt que de les conserver localement sur un ordinateur), le déséquilibre de la législation entre les données locales et les données distantes devient criante. Surtout lorsque ce sont les mêmes et qu'elles sont liées à l'identité et la vie privée d'un internaute. De ce constat, une coalition est née pour demander une réforme législative sur la confidentialité des données en ligne. Parmi les participants, nous retrouvons quelques géants du web et des opérateurs télécoms (Google, AOL, AT&T), des sociétés spécialisées dans les TIC (Microsoft, Intel), mais également des organisations non-gouvernementales comme l'ACLU (Union américaine pour les libertés civiles), l'EFF (Electronic Frontier Foundation) ainsi que des professeurs de droit issus de prestigieuses universités américaines, comme Berkeley. Selon eux, la précédente législation dans ce domaine, l'Electronic Communications Privacy Act (ECPA), ne répond plus aux attentes d'aujourd'hui. Adoptée en 1986, elle précise les normes d'accès des autorités aux communications électroniques et aux données associées, afin d'offrir une protection vis-à-vis des renseignements personnels majeurs. Or, comme l'explique la coalition Digital Due Process, "la technologie a progressé de façon spectaculaire depuis 1986 et la loi ECPA a été dépassée. Le statut n'a pas subi une révision importante depuis sa promulgation, il y a des années avant l'arrivée d'Internet". Le Congrès américain sera-t-il sensible aux arguments avancés par la coalition ? C'est à souhaiter, car aussi étonnant que cela puisse paraitre, les internautes disposent d'un droit à la vie privée bien meilleur lorsqu'ils stockent leurs données localement. Un comble pour un internaute ! Toutefois, soulignons que les nouvelles dispositions concernent avant tout les autorités et la capacité de ces dernières d'accéder aux données stockées par les différentes sociétés des TIC. Cela imposerait aux autorités de demander un mandat avant de pouvoir accéder à des communications privées par exemple. Ou pour géolocaliser un individu grâce à un appareil mobile. Or aujourd'hui, la coalition explique que ce n'est malheureusement pas toujours le cas. La réforme ne vise donc - pour l'heure - en aucune façon le secteur privé. Cela ne concerne pas Facebook, qui a pourtant défrayé la chronique à plusieurs reprises en matière de confidentitialité et deive privée. Dernier cas en date, le réseau social a commis une petite "bévue" avec la sélection par défaut de l'opt-out. Un oubli fâcheux, alors que la France - et plus largement l'Union européenne - exige le principe de l'opt-in (l'internaute doit cocher la case pour marquer son consentement). Si la CNIL s'est montrée très ferme sur le sujet, Facebook a tendance à louvoyer dans ce domaine. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Un même statut juridique pour les données locales et distantes ?»
Ces grands groupes ont tout intérêt à ce que la loi garantissent la vie privé des données distante. Le risque légal de divulgation est actuellement un des arguments contre le cloud computing que ces sociétés veulent promouvoir. C'est donc un petit pas en avant.
C'est peut être aussi une question financière. Peut-être que cela permet à ces sociétés d'obtenir plus facilement une compensation ou un remboursement des frais occasionnés par la recherche et la transmission aux autorités de ces données personnelles.
Pour une société plus la loi est simple, plus le business modèle est simple et donc plus elles vont faire des économies.
Il ne faut pas rêver, les sociétés dans cette liste se moquent probablement grandement de promouvoir la vie privée. Par contre ils ont du se rendre compte qu'au niveau comptable ils gagneraient beaucoup plus à long terme (image, économie d'avocat, etc) a changer la loi qu'à la laisser en l'état. Je parie qu'un seul d'entre eux a fait le calcul et qu'il a rameuté les autres pour avoir le poids nécessaire de pousser cette réforme. |
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Par contre j'ai du mal à piger pourquoi Google et Microsoft serait pour la protection de la vie privée alors qu'ils s'évertuent à la violer pour gagner du fric depuis tant d'années...