Universal Music ne peut pas empêcher un bébé de danser sur YouTube
Guillaume Champeau -
publié le Mardi 02 Mars 2010 à 10h57 -
posté dans Société 2.0
![]() La justice américaine a donné tort à Universal Music, qui avait exigé le retrait d'une vidéo où l'on voyait un bébé danser dans une cuisine en entendant une chanson dont les droits sont détenus par la maison de disques. On se demande avant toute chose quelle mouche a piqué Universal lorsque la maison de disques avait exigé le retrait de la vidéo, puis de surcroît lorsqu'elle s'est obstinée devant les tribunaux à plaider sa cause. En 2007, la première maison de disques au monde avait demandé à YouTube de retirer une vidéo publiée par une maman, qui filmait son bambin en train de danser dans une cuisine sur un fond musical relativement inaudible. Mais parce que la chanson qui passait à ce moment-là à la radio (Let's Go Crazy de Prince) appartenait à Universal, le label a décidé qu'il s'agissait de piratage et qu'il fallait la censurer. Loin de se laisser faire, Stephanie Lenz avait décidé avec l'aide de l'Electronic Frontier Foundation (EFF) de poursuivre en justice Universal Music Group, qu'elle accuse d'avoir abusé de ses droits d'auteur pour faire retirer la vidéo au mépris de la liberté d'expression. Elle s'appuie sur la loi américaine sur le droit d'auteur, qui accorde un droit au "fair use", c'est-à-dire à l'utilisation libre des oeuvres lorsqu'il s'agit d'un usage accessoire qui ne cause pas de préjudice excessif aux ayants droits. Comme à l'été 2008 lorsqu'un juge a repoussé la demande de rejet de la procédure présentée par Universal, un tribunal a donné raison (.pdf) la semaine dernière à Stéphanie Lenz en rejetant tous les arguments présentés par la maison de disques. En particulier, le juge n'a pas admis l'idée présentée par Universal selon laquelle il serait déraisonnable d'exiger de la maison de disques qu'elle vérifie systématiquement avant toute demande de retrait d'une vidéo que l'utilisation d'une oeuvre n'est pas couverte par le fair use. C'est sur le papier un coup de poignard pour Universal, puisque le label utilise les outils mis à sa disposition par YouTube pour détecter automatiquement les vidéos qui utilisent ses chansons, et exiger leur retrait dans la foulée. Avec ce jugement, les maisons de disques devront cesser d'agir comme des machines, et porter enfin un regard humain sur les vidéos pour vérifier s'il relève vraiment de leur intérêt commercial d'interdire la diffusion d'une vidéo amateur au seul motif qu'une chanson en fond sonore est protégée par le droit d'auteur. Le juge n'a pas admis non plus que le fair use puisse ne pas s'appliquer pas aux vidéos diffusées sur YouTube, parce qu'elles auraient dépassé le cadre du cercle privé. Cependant en pratique, les conséquences du jugement seront probablement très minces. Universal Music ne devrait être condamné qu'à rembourser les frais de justice de la plaignante. Pour obtenir des dommages et intérêts, il faudrait démonter qu'Universal Music a agi de mauvaise foi en voulant défendre ses droits d'auteur, ce qui sera très compliqué. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Universal Music ne peut pas empêcher un bébé de danser sur YouTube»
"...l'idée présentée par Universal selon laquelle il serait déraisonnable d'exiger de la maison de disques qu'elle vérifie systématiquement avant toute demande de retrait d'une vidéo que l'utilisation d'une oeuvre n'est pas couverte par le fair use..." Et pourtant, c'est ce qui est demandé à TPB par exemple.
Le copyright a touché le fond avec cette histoire. Mais il y a truc que je me demande c'est comment Universal a trouvé cette video parmi des millions d'autres ? parce que bien sûr aucun tag relatif à Prince n'avait été inscrit.
Ca veut donc dire qu'ils payent des gens qui passent leur journées à verifier le contenu des videos uploadées sur Youtube. Ils sont vraiment pathétiques. Mais c'est vrai quoi avec même pas 30 secondes de chanson avec un son à faire palir les studios d'enregistrement pourquoi s'embeter à acheter le CD de Prince, quelle préjudice , je n'ose même pas imaginer le nombre de CD non vendus à cause de cette video Kad, le 02/03/2010 - 10:57 En particulier, le juge n'a pas admis l'idée présentée par Universal selon laquelle il serait déraisonnable d'exiger de la maison de disques qu'elle vérifie systématiquement avant toute demande de retrait d'une vidéo que l'utilisation d'une oeuvre n'est pas couverte par le fair use. Qu'ils aillent au diable, honte à cette boîte pour se croire tout permis ! Djaron, le 02/03/2010 - 11:11 " il faudrait démonter qu'Universal Music a agi de mauvaise foi en voulant défendre ses droits d'auteur, ce qui sera très compliqué." compliqué devant un vrai tribunal, mais relativement aisé aux yeux de l'opinion publique tant l'affaire est grotesque Severe, le 02/03/2010 - 15:41 "...l'idée présentée par Universal selon laquelle il serait déraisonnable d'exiger de la maison de disques qu'elle vérifie systématiquement avant toute demande de retrait d'une vidéo que l'utilisation d'une oeuvre n'est pas couverte par le fair use..." Et pourtant, c'est ce qui est demandé à TPB par exemple.Et je suis sur que cette vidéo a ou aurait eut l'effet d'une espèce de publicité gratuite pour leur musique.
Ca leur a couté combien ce procès, et surtout combien pour la perte d'image ?.. perte d'image qu'il y a que ce procès eu été gagné ou perdu d'ailleurs : Dans les deux cas la boite est perdante. Il faudrait responsabiliser ceux qui font ca, et celui qui a décidé de ce procès - aussi haut placé soit il - devrait avoir des comptes à rendre à la boite et aux actionnaires Il y aurait alors surement moins d'imbéciles pour faire n'importe quoi.
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