L'auteur d'un site de liens P2P relaxé : il fallait prouver le piratage
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 24 Février 2010 à 19h07 -
posté dans Peer-to-Peer
![]() Parce qu'il n'a pas été prouvé que des téléchargements illégaux ont bien eu lieu grâce à lui, l'auteur d'un site de liens P2P a été relaxé le mois dernier par le tribunal de grande instance d'Evry. Les ayants droit devront muscler leurs dossiers avant d'attaquer des sites pirates. Mettre en ligne des liens eDonkey ou BitTorrent permettant de télécharger des fichiers contrefaits n'est pas une activité illégale en soi. C'est en tout cas l'avis du tribunal de grande instance d'Evry, qui dans un jugement du 19 janvier 2010 que nous nous sommes procurés relaxe le créateur d'un site de liens P2P. Etudiant en informatique au moment des faits, le prévenu avait créé en février 2006 le site See-link.net, qui proposait des liens permettant de télécharger différents types de fichiers sur les réseaux P2P. Dans leur mission de veille, les gendarmes spécialisés de Rosny sous Bois ont découvert l'existence du site et recensé des liens vers 2765 films, 308 séries TV, et 694 jeux. Le jeune homme a avoué avoir gagné près de 1000 euros en bannières publicitaires, grâce à environ 2000 visiteurs par jour au moment de la fermeture du site, en décembre 2006. Alerté, le ministère public a décidé de poursuivre l'auteur du site en contrefaçon. La Sacem, le SELL, la Fédération Nationale des Distributeurs de Films, la SCPP, et plusieurs studios de cinéma (20th Century Fox, Columbia, Disney, Paramount, Warner et Universal) s'étaient portées parties civiles. Mais le juge d'Evry n'a pas suivi leurs prétentions, et débouté l'ensemble des plaignants. "Le dossier de la procédure ne comporte pas la preuve d'un seul téléchargement illégal", constate le tribunal. Impossible de démontrer une éventuelle complicité de contrefaçon s'il n'y a pas eu de contrefaçon, donc de téléchargement illégal. Pour le tribunal, le simple fait de publier des liens permettant de télécharger des fichiers contrefaits n'est pas suffisant pour condamner l'auteur du site. Lors du procès, les plaignants avaient exposé qu'en raison du nombre de visites, des téléchargements avaient dû avoir lieu. Mais "admettre que les délits de contrefaçons ont été constitués sur le fondement d'une approche statistique non vérifiable constituerait tant une violation (...) de la convention européenne des droits de l'homme, qu'une violation de l'article préliminaire du code de procédure pénale". "Ce raisonnement aboutirait à nier la présomption d'innocence et le droit à un procès équitable en présumant la culpabilité sans preuve objective et en empêchant le prévenu de connaître précisément les faits qui lui sont reprochés", tacle le tribunal. Le parquet et toutes les parties civiles ont décidé d'interjeter appel de la décision, à l'exception du SELL qui représente les éditeurs de jeux vidéo. à lire aussi
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Commentaires à propos de «L'auteur d'un site de liens P2P relaxé : il fallait prouver le piratage»
tomy13, le 26/02/2010 - 17:32
Croux, le 26/02/2010 - 15:45
J'imagine alors que tu considères aussi comme illégal le fait d'utiliser le service d'enregistrement de la freebox, puisque cette freebox n'est pas la propriété de l'abonné et qu'en procédant donc à un enregistrement il demande à Free de faire la copie pour lui... J'imagine que tu considères comme illégal le fait qu'un société fasse des photocopies des documents originaux que tu lui transmet sans qu'ils soient accompagnés d'un droit de copie. Une entreprise est une personne morale qui, sauf erreur de ma part, peut réaliser légalement des copies privées. Le résultat de l’exception a la copie privée, une copie, peut être étendu a la famille et aux amis, ce n’est pas vraiment le cas de d’une personne morale d’avoir ce cercle de proches. Si on élargie le problème, on peut par contre considérer que l'activité d'un moteur de recherche comme Yahoo, Google, Bing, ... est à la limite de la légalité, non par parce que le moteur de recherche copie les contenus des pages qu'il indexe mais parce qu'il publie de courts extraits de celles-ci dans ses résultats de recherche. L’exception de copie pour les personnes morales existe mais dans un cadre très précis.
Le cadre cité (qui date de 2005, la loi a encore évolué depuis) concerne la mise à disposition du public, en l'occurrence les personnes handicapées.L'autre exception concerne les personnes handicapées. Celles-ci peuvent bénéficier de la consultation d'une oeuvre sur un support spécial, selon la déficience dont elles sont atteintes : livres audio pour les malvoyants, transcriptions en braille, etc. Seules des personnes morales comme des associations, des bibliothèques, peuvent mettre en oeuvre ce type de reproduction, et à des fins non commerciales.
L'employé ou le mandataire doit être vu pareillement comme étant un moyen de réaliser la copie. hé bé j’espère que tu n’emploies pas du personnel, mais des robots ! Il y a toujours un responsable chez une personne morale et les employés agissent en son nom. D’ailleurs dans le cas d’un pv automatique style radar si l’employé n’est pas dénoncé l’entreprise paye l’amende, mais pas de points du permis de retirés. Pour ce qui est des caches des moteurs de recherche, je crois que c’est a l’auteur de se prémunir de cela s’il ne souhaite pas voir son ½uvre en cache car c’est inhérent au fait d’être sur le net. Un peu comme si un auteur de chansons mettait ses cd au bord de la route sans surveillance. tomy13, le 26/02/2010 - 20:45 Pour ce qui est des caches des moteurs de recherche, je crois que c’est a l’auteur de se prémunir de cela s’il ne souhaite pas voir son uvre en cache car c’est inhérent au fait d’être sur le net. Un peu comme si un auteur de chansons mettait ses cd au bord de la route sans surveillance.Tout auteur d'une oeuvre de l'esprit doit voir ses droits respectés, que ses oeuvres soient ou non disponibles sur le web. Les sociétés qui indexent le web doivent donc tout naturellement veiller à respecter les droits des ces auteurs. A commencer par ne pas diffuser des reproductions de leurs oeuvres sans en avoir reçu l'autorisation. Je sais qu'il est possible de bloquer les robots qui parcourent ainsi la toile (justement en utilisant un fichier standardisé : robots.txt), cependant la contrainte du droit de reproduction ne s'exerce pas du côté de l'auteur mais du côté de celui qui copie, d'après la loi. Par défaut tout oeuvre est protégée, c'est à l'auteur de décider s'il veut ou non céder ses droits, en l'absence de réponse son oeuvre reste protégée. Quant à l'exemple de celui qui met des CD sur le bord de la route, ceux qui prennent les CD n'ont pas de facto le droit de diffuser des copies de ces CD (au delà de ce qu'autorise la loi : copie privée, ...). Croux, le 27/02/2010 - 00:30
La loi n'a pas à être interprétée différemment pour les nouveaux usages des technologies de l'information, mais c'est à ces nouveaux usages d'être conformes à la loi. Sinon on légitime toutes les contrefaçons qui deviennent technologiquement possibles : scanner les livres à la façon Google, reproduire numériquement les billets de banque, ... Je vois différemment de toi, le fait que le numérique doit s’adapter, mais a contrario la loi devrait évoluer, nous voyons les limites des lois qui n’ont pas été écrites avec les possibilités du numérique et qui sont inapplicables ou très difficilement applicables. Le législateur de par son ignorance ne sait pas transformer ces lois afin que le numérique puisse fonctionner sans heurt et sans tentative de cadenasser tout. Sans légitimer tout, il y a possibilité de faire en sorte que chacun y trouve son compte car la finalité est là, le fric. Effectivement ce qui ne va pas est l’absence de protection par défaut de la part de l’auteur qui entraine une situation à risque. L’auteur devait, comme le bon père de famille au niveau des assurances, se comporter de façon a éviter le risque. La facilité et l’indolence des auteurs entrainent un risque d’une répression très dispendieuse pour la communauté C'est trop bon ça.. au moins il y a une vrais justice..
voila une bonne jurice prudence en perspective Croux, le 27/02/2010 - 00:30 La loi n'a pas à être interprétée différemment pour les nouveaux usages des technologies de l'information, mais c'est à ces nouveaux usages d'être conformes à la loi. Sinon on légitime toutes les contrefaçons qui deviennent technologiquement possibles : scanner les livres à la façon Google, reproduire numériquement les billets de banque, ...Il est amusant de constater à ce sujet que les lois les plus adaptées au numérique sont les plus anciennes.
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J'imagine alors que tu considères aussi comme illégal le fait d'utiliser le service d'enregistrement de la freebox, puisque cette freebox n'est pas la propriété de l'abonné et qu'en procédant donc à un enregistrement il demande à Free de faire la copie pour lui...
J'imagine que tu considères comme illégal le fait qu'un société fasse des photocopies des documents originaux que tu lui transmet sans qu'ils soient accompagnés d'un droit de copie.
Une entreprise est une personne morale qui, sauf erreur de ma part, peut réaliser légalement des copies privées.
Le résultat de l’exception a la copie privée, une copie, peut être étendu a la famille et aux amis, ce n’est pas vraiment le cas de d’une personne morale d’avoir ce cercle de proches.
L’exception de copie pour les personnes morales existe mais dans un cadre très précis.