Le Sénat adopte une impossible "taxe Google" en commission, pour faire débat
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 10 Février 2010 à 15h21 -
posté dans Société 2.0
![]() Le Sénat a adopté en commission des Finances un amendement instaurant la "taxe Google" préconisée par le rapport Zelnik. Mais les sénateurs ont déjà prévu de la retirer dans le débat en séance plénière.
Inspiré des préconisations du rapport Zelnik sur le développement de l'offre légale en ligne, l'amendement prévoit de taxer les revenus publicitaires de tout éditeur de site Internet qui a des bureaux dans l'Union Européenne, et qui fournit un service en France. Par un système de pallier, elle ne devrait viser cependant que les plus grandes entreprises : Google, AOL, Yahoo, Microsoft... L'idée est grotesque dans sa philosophie, puisqu'elle ne s'attaque pas à la source du problème, mais à ses conséquences. Il s'agit ni plus ni moins que de taxer les entreprises américaines parce que les entreprises européennes, et a fortiori françaises, n'ont pas les moyens de se développer avec la même puissance que leurs rivales d'Outre-Atlantique. Plutôt que de taxer les entreprises extra-communautaires, il faudrait plutôt se demander comment aider les petites entreprises que furent Google, Microsoft, AOL ou Yahoo à devenir les géants européens de demain. L'idée est fiscalement inefficace, puisqu'il sera impossible pour Bercy d'aller prélever des recettes dans les pays de l'Union qui bénéficient de régimes fisaux plus favorables. En particulier l'Irlande, où est implanté Google. Il sera aussi très difficile d'aller demander aux entreprises de déclarer la part de leurs revenus qui proviennent de publicités, et plus encore celle relative au seul trafic venant de France. Ce qui amène au troisième point, sur la compatibilité douteuse d'une telle réforme avec le droit européen. La France ne peut pas imposer sur l'ensemble de ses revenus publicitaires un éditeur basé en Irlande au prétexte qu'il fournit un service accessible en France. Il faudrait distinguer la part de revenus dû à l'activité française, ce qui en pratique est impossible, ou très difficile. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Le Sénat adopte une impossible "taxe Google" en commission, pour faire débat»
Je propose un remède à tout cela : TAXER la connerie des politiques.Punaise, la France deviendrait d'un seul coup et avant la fin du mois le premier exporteur du monde toutes marchandises confondues !db
J'avais toujours vu le sénat comme un rempart contre certaines conneries, à cause de ce qu'il s'est passé avec le CPE, mais on dirait qu'ils craignent bien souvent. Certains sont assez classes quand même
Les entreprises françaises sont-elles d'accord pour ouvrir leurs comptes à qui veut les regarder et payer des taxes à qui le demande?
"...seules quatre entreprises du CAC 40 ont payé un impôt sur les sociétés qui corresponde au taux officiel en France.Il est impossible de savoir dans quelle mesure telle ou telle entreprise utilise tel ou tel paradis fiscal pour échapper à l'impôt dû sur tel ou tel territoire. Il n'existe pas en effet pour l'instant d'obligation pour elles de déclarer dans leurs comptes annuels les montants de chiffres d'affaires réalisés et d'impôts payés dans chacun des pays où elles opèrent." ref : Contreinfo. Ben non, It. Quand ma boîte achète des pubs sur google adwords, elle n'a aucune TVA à saisir : l'Etat l'a vraiment dans le cul.
Les échanges entre les sociétés se font toujours hors TVA : la TVA, c'est une taxe que les boîtes gèrent dans leurs échanges pour le compte de l'Etat, mais qu'elles ne payent pas (ou du moins elles le payent d'un côté et elles se le font rembourser de l'autre).
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Merci la concurrence déloyale vis à vis des entreprises installées en France, et chapeau le bon plan, de se faire des thunes avec les français sans verser des ressources fiscales à l'état de tes pigeons - non, clients, pardon.